Il dit avoir senti le vent tourner. Dès le mois de juillet, David Assens a quitté son appartement de Beyrouth pour Tripoli, 2e ville du Liban à 80 kilomètres plus au nord. Alors que les combats font rage depuis des semaines au Sud-Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, sa décision n'est qu'une question de sécurité personnelle car la guerre n'a finalement, pour l'instant, que peu d'impact sur ses affaires.
Dans sa dernière publication il y a quelques jours, la BERD, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, constatait en effet un effondrement de l'économie du Liban. Après une contraction de 0,2 % en 2023, le PIB du pays devrait encore reculer d'1% cette année alors qu'avant le déclenchement de la guerre avec Israël, les économistes tablaient au contraire sur une légère croissance.
« Ça ne va malheureusement pas s'arranger,constate, résigné, David Assens.Ceux qui peuvent sauver le Liban ne sont même pas encore entrés à la fac. Ils ont 17 ou 18 ans aujourd'hui. Ce sont ceux qui n'ont pas été traumatisés par la guerre civile. Les véritables banques du Liban, ce sont ses universités, car ce sont les jeunes qui pourront changer le destin du pays. »