« L’industrie est victime d’un manque de vision à long terme »
Gaëlle Cloarec
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Il est des fils rouges dans une vie auxquels on s'attache totalement. Pour Fanny Letier, c'est l'industrie, ce secteur mal aimé dont elle se dit « passionnée ». Ses origines n'y sont sans doute pas pour rien, elle l'énarque venue du Nord, de cet arrière-bassin dunkerquois façonné par les hauts fourneaux, à une époque où ceux-ci faisaient vivre tout un territoire. « Lorsque je suis née, l'industrie (manufacturière, NDLR) représentait 25% du PIB, aujourd'hui c'est à peine 10% ! Cela dit forcément quelque chose, surtout quand on met en parallèle l'accroissement de la fracture sociale, relève la cofondatrice du fonds Geneo Capital Entrepreneur. On n'est pas tous des cols blancs. Il y a aussi les cols bleus ! »
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Réindustrialiser, tel est le mantra de Fanny Letier. Ce sujet a jalonné son parcours dans la sphère publique, du ministère des Finances, volet direction du Trésor, à la direction du Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI) lors de la crise de 2008. Directrice adjointe du cabinet d'Arnaud Montebourg, époque Redressement productif, Fanny Letier a également participé à la création de Bpifrance, du Pacte de compétitivité et de croissance aux côtés de Louis Gallois, du lancement de la French Fab et des différents accélérateurs qui visent à accompagner les PME vers l'ETI, ces entreprises de taille intermédiaire qui manquent cruellement au paysage économique français alors que, pour beaucoup d'observateurs, elles en composent son avenir. En 2020, elles étaient 5.400 dont 1.700 industrielles, représentant 30% du chiffre d'affaires de l'ensemble des entreprises françaises, contre 8.000 en Italie et 12.500 en Allemagne.
Gaëlle Cloarec