« Marseille-Fos a un avenir industriel aussi important que le Havre »

Laurence Bottero
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En moins de deux ans, Marseille-Fos et plus largement la zone industrialo-portuaire est devenue le dernier endroit où implanter un projet d'industrie décarbonée. Initié par Carbon et son projet de gigafactory solaire, poursuivi par la volonté de H2V de fournir de l'hydrogène vert alors que GravitHy dessine un avenir durable à la sidérurgie, ce virage redéfinit totalement cette partie du territoire français, longtemps montré du doigt pour son industrie polluante, ses cheminées et ses rejets.
Ce tournant, on le doit à la stratégie très volontariste du Grand Port Maritime, qui bien avant que l'on évoque l'industrie décarbonée et la nécessité de réindustrialiser, a fait le pari de constituer une réserve foncière, aujourd'hui véritable trésor de guerre et levier d'attractivité. Car si les collectivités ont pesé de tout leur poids dans la balance pour décider Carbon à opter pour le Sud, sans foncier disponible, rien n'aurait été possible.
Ce virage significatif, le préfet Christophe Mirmand y a contribué. Représentant de l'Etat pour les Bouches-du-Rhône et la Région Provence Alpes Côte d'Azur, il salue la capacité à ce qui était l'activité historique à s'être mis dans un mouvement de consolidation et à préparer l'avenir.
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Un pivot - terme cher aux start-up - qui se retrouve lorsque l'on dresse le bilan de la réindustrialisation, avec 11 ouvertures d'usines dans le Sud en 2022 sur les 176 ouvertures comptabilisées dans l'Hexagone, puis 15 ouvertures supplémentaires en 2023 versus 201 ouvertures en France. « Cette dynamique devrait se retrouver en 2024 », assure Christophe Mirmand. Une dynamique qui se retrouve également dans le nombre d'emplois créés, 6.400 à l'échelle hexagonale contre 600 en Provence Alpes Côte d'Azur, qui, si les principaux projets d'industrie décarbonée voient le jour, promettent 10.000 nouveaux emplois. Et un investissement global de 15 milliards d'euros. Soit une vraie bouffée d'oxygène pour consolider le tissu existant et l'écosystème - sous-traitants, TPE - qui constitue un grand tout.
Laurence Bottero