A Marseille-Fos, cette grève qui déséquilibre les flux mondiaux

Laurence Bottero
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La grève des dockers impacte l'ensemble de la chaîne logisitique, bien au-delà de Marseille-Fos.
Marseille-Fos

Laurence Bottero
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La grève des dockers impacte l'ensemble de la chaîne logisitique, bien au-delà de Marseille-Fos.
Marseille-Fos
Cela fait bien longtemps que le mot grève n'avait pas été associé avec le port de Marseille-Fos. Si pour l'heure, l'ampleur reste limitée, il n'empêche que la montée de la colère des dockers inquiète le monde du transport et de la logistique. Le point d'achoppement : la réforme des retraites, qui depuis près de deux ans ne satisfait pas les dockers, mécontents du report de l'âge légal de départ de deux ans.
D'abord intermittentes, les périodes de débrayage s'intensifient, avec des séquences d'arrêt de 4 heures par jour, de 11h à 15h, pendant lesquelles il est impossible « de faire entrer ou sortir des conteneurs », explique Delphine Chouin, présidente du Syndicat des transitaires Méditerranée Rhône Alpes (STMRA) pointant tout le désordre que cela entraîne dans l'organisation de la chaîne logistique. « Nous avons besoin de travailler tout le temps, or ces grèves créent une rupture dans la chaîne ».
Preuve de cette intensification, si en 2023, les arrêts ont été de 600 heures, soit 24 jours ouvrés, ils ont atteint 26 jours ouvrés en 2024. Et depuis le début de l'année en cours, le total devrait atteindre les 300 heures en mars, soit 12,5 jours ouvrés.
Avec des conséquences qui ne sont pas neutres pour l'économie du territoire. L'incapacité à traiter les conteneurs amène certains bateaux à décharger dans d'autres port de Méditerranée ou européens, tels Barcelone ou Gênes, obligeant à aller chercher la marchandise sur son lieu de débarquement ou à affréter un bateau nourricier. Avec les surcoûts que cela comprend.
« Cette situation de blocage pousse certains clients à modifier le port de destination finale », confirme Delphine Chouin, avec la crainte, à plus longue échéance, de provoquer un désintérêt pour Marseille-Fos autant de la part des armateurs que de la part de potentiels investisseurs.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Laurence Bottero