Marseille-Fos, l’atout stratégique du corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe
Laurence Bottero
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Si on connaît quelques éléments du programme commun à Emmanuel Macron et Narendra Modi ce mercredi dans le Sud, tout juste sait-on que, sur le volet économique, l'essentiel du déplacement se fera du côté d'Iter à Cadarache, l'Inde étant l'un des pays porteurs du projet aux côtés de l'Europe, du Japon, des États-Unis ou de la Chine. Pourtant, ce sont bien les annonces concernant le corridor Inde-Moyen-Orient-Europe qui cristallisent l'attention.
Un corridor né en marge du G20 en 2023 à New Dehli, long de 4 800 kilomètres et constitué à la fois de liaisons maritimes, par câbles et par chemin de fer. L'objectif : être une alternative, pour ne pas dire concurrencer l'initiative chinoise de la Nouvelle Route de la Soie.
Pour ce faire, l'idée est de relayer le port de Marseille-Fos à ceux de Mumbai et Mundra en Inde. Marseille-Fos qui constitue ainsi à la fois la porte d'entrée et de sortie d'Imec.
Le GPMM est donc un élément stratégique du corridor. Pas toujours regardé aussi finement qu'il le mérite, le Grand port déploie plusieurs atouts. Ceux naturels, liés à sa position géostratégique : en Méditerranée, non loin de l'Espagne et de l'Afrique, offrant une ouverture sur le monde. C'est aussi ce qui en a fait le nœud de passage obligé des câbles sous-marins que ceux-ci concernent l'Afrique, le Moyen-Orient ou l'Asie. L'atterrissement du SEA-ME-WE-6 porté par Orange et reliant la France à Singapour en avril dernier a permis à Marseille, qui accueille désormais 15 câbles, d'intégrer le TOP5 mondial des hubs numériques mondiaux.
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Et puis Marseille-Fos a des avantages qu'il a su travailler. Notamment son réseau de pipelines, très bien connecté à son hinterland ce qui constitue aujourd'hui un élément majeur pour les acteurs qui regardent une expansion à l'international. C'est aussi à cette infrastructure que va se connecter BarMar-H2MEd, cet autre corridor reliant Barcelone à Marseille et qui concerne le transport d'hydrogène vert. Or le transport d'hydrogène vert est l'un des enjeux d'Imec. On n'oublie pas davantage les projets d'acier décarboné notamment que prévoit notamment GravitHy et qui a des ambitions d'exportation.
Laurence Bottero