« Ayez confiance en l’Europe », exhorte Mario Draghi

Laurence Bottero
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Depuis la remise de son rapport à Ursula von der Leyen il y a six mois, l'ancien président de la Banque centrale européenne a retrouvé le surnom qu'il lui avait alors été donné après la crise de 2009 : Super Mario. De fait, c'est un peu l'habit de super-héros qu'a revêtu, à nouveau ce mardi, Mario Draghi. Sur la scène du Palais des festivals de Cannes, invité à ouvrir le Mipim, ce marché mondial de l'immobilier et de la ville, un secteur toujours fragile dès que l'économie vacille, il a posément repositionné les enjeux.
De fait, Mario Draghi a été franc. Deviner comment vont évoluer les relations entre l'Europe et les États-Unis est « impossible » d'autant qu'il ne possède pas « de boule de cristal ». Mais que l'on soit sûr, dit-il aussi, « Trump fait toujours ce qu'il dit ».
De dire aussi que la paix en Ukraine doit être stable et juste. « Indépendance, droits de l'Homme, liberté, démocratie... d'une certaine façon, ce qu'il se passe en Ukraine », concerne aussi l'Europe.
Sur le volet économique et de l'attractivité, l'ancien président du Conseil des ministres italien insiste à nouveau sur la nécessaire décarbonation qui peut très bien s'effectuer en activant des leviers qui ne grèvent pas la compétitivité. Aucune raison d'opposer les deux, mais pour cela l'Europe doit savoir simplifier. En ce sens, les récentes décisions de la part de la Commission européenne d'alléger les exigences de la CSRD sont « une bonne décision », affirme Mario Draghi... qui l'avait lui-même conseillé dans son rapport.
La compétitivité donc, ne doit pas davantage être une incantation mais relever d'une vraie stratégie. « Il n'est pas possible que l'Europe soit compétitive si son énergie coûte deux, trois ou six fois plus qu'aux États-Unis ou en Chine. Les leviers (pour réussir la compétitivité) doivent être alignés avec les objectifs ».
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Super Mario de plaider donc pour une Europe qui simplifie, ose le changement... et qui soit capable de faire de MAGA, « Make America Great Again » un levier pour son propre MEGA, « Make Europe Great Again ».
Laurence Bottero