EnR : en retard, le Sud coincé entre acceptabilité et dynamique industrielle
Gaëlle Cloarec avec Maëva Gardet-Pizzo
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Le syndicat des énergies renouvelables (SER) ne cache plus ses inquiétudes. Ni son impatience. En cause, le flou qui accompagne la publication de la troisième Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 3) qui fixe les objectifs de développement des différentes filières de production énergétique pour la période 2025-2035. « Ce document aurait dû nous parvenir en 2023. Finalement, il devrait être publié au mieux à la fin de cet été », regrette Jules Nyssen, président de l'organisation professionnelle regroupant plus de 500 industriels du renouvelable. Lesquels « sont plongés dans une profonde incertitude, et ce dans un contexte anxiogène et hystérisé pour des raisons politiciennes qui nous fait craindre une réduction des objectifs de déploiement des énergies renouvelables. » Un blocage qui se décline logiquement, dans un pays aussi centralisé que la France, en régions. Elles aussi attendent une stratégie nationale claire pour « relancer la machine » aujourd'hui grippée.
Dans le Sud, le besoin de lignes directrices est peut-être plus prégnant qu'ailleurs. Avec seulement 8,5% de la consommation électrique couverte par l'éolien et le solaire, la région la plus ensoleillée de France accuse un retard certain en matière d'énergies renouvelables malgré un potentiel indéniable. « Sur le solaire photovoltaïque, la capacité installée est de 2,5 GWh en 2024, c'est moins qu'en Nouvelle Aquitaine ou qu'en Occitanie. Concernant l'éolien terrestre, le niveau est ridiculement faible, avec 97 MWh. A titre de comparaison, des régions comme les Hauts-de-France sont à près de 7 GWh. » Quant à l'éolien off-shore, la dynamique s'enclenche tout juste avec 25 premiers MWh installés en 2024.
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Pourtant, la volonté politique est là. Tant à l'échelon régional avec « Une COP d'avance », le plan climat de la Région Sud, « qui vise à multiplier par 5 d'ici à 2030 l'actuelle production d'énergie renouvelable locale, et plus particulièrement le photovoltaïque à travers l'idée, notamment, d'alimenter 100% des EPCI ». Tant à l'échelon plus local, puisque 40% des communes de la région ont délibéré sur l'identification de zones d'accélération des énergies renouvelables (ZAER), quand la moyenne nationale plafonne à 30%.
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