A l'ombre de l'or, le platine et le palladium en pleine ascension sur les marchés
Raphaël Melka

Palladium et platine, deux métaux qui voient leur prix s’envoler (photo d’illustration).
Reuters
Raphaël Melka

Palladium et platine, deux métaux qui voient leur prix s’envoler (photo d’illustration).
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Deux métaux de la famille des platinoïdes, le palladium et le platine connaissent en ce moment de fortes hausses sur les marchés financiers. Dans le même temps, l'engouement des consommateurs pour les voitures électriques semble marquer le pas, d'après une étude du cabinet Deloitte publiée mercredi.
Le lien ? La principale utilisation du platine mais surtout du palladium réside dans la fabrication des pots catalytiques, qui servent à filtrer les gaz d'échappement des voitures à propulsion thermique et hybride. Benjamin Louvet, directeur de la gestion des matières premières chez Ofi Invest AM explique ainsi que « le palladium a été délaissé depuis un bon bout de temps avec l'essor de la voiture électrique » : il n'entre pas dans ses matériaux de fabrication.
Mais l'Europe temporise l'imposition de nouvelles exigences environnementales aux constructeurs européens. Le 8 mai, les députés européens ont adopté un mécanisme qui évite aux constructeurs automobiles de subir des pénalités en cas de retard sur les objectifs climatiques initialement programmées pour le 31 décembre. « Le marché du thermique et de l'hybride va reculer moins vite que prévu, c'est un facteur de support du prix du palladium. »
Les besoins de palladium ne diminuent pas et les stocks s'épuisent : après une augmentation de son prix de 13 % en un mois, il coûte désormais 1 066 dollars l'once. Benjamin Louvet n'attribue pas cette baisse des stocks aux tensions avec la Russie (la production de palladium russe n'est pas soumise aux sanctions), mais plutôt à des « manques d'investissements en Afrique du Sud ».
L'Afrique du Sud a perdu 20 % de sa production en quatre ans, de 4,7 millions d'onces en 2021 contre 3,9 millions maintenant. « Avant, on avait des stocks qui permettaient de compenser les besoins, mais là d'un seul coup, les stocks se raréfient », s'inquiète-t-il.
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La nation arc-en-ciel produit aussi du platine. Ce métal de la même famille que le palladium a vu son prix augmenter de 37 % depuis le début de l'année, pour s'établir à 1 270 dollars l'once. Il sert aussi à la production des pots catalytiques. L'effet du ralentissement du passage aux véhicules tout-électrique dans son prix se fait donc aussi sentir, de la même manière que pour le palladium.
Mais le platine est aussi un métal précieux, tout comme l'or. Les deux métaux ont des « prix historiquement corrélés », rappelle Benjamin Louvet. La hausse inédite du prix de l'once d'or (+27 %, à 3 380 dollars l'once) depuis le début de l'année tire le platine vers le haut, mais ce dernier reste bien moins cher : il est considéré comme un « autre choix » face à l'or, selon Ole Hansen, responsable de la stratégie matières premières chez Saxo Bank. « Ce qu'on voit maintenant, ce sont de spéculateurs qui reviennent au platine après une période où ils n'étaient pas vraiment intéressés. »
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Le platine serait-il également un investissement spéculatif, au prix toujours haussier ? Dans une note publiée la semaine dernière, les analystes de Goldman Sachs estiment que « les prix du platine devraient retomber dans la fourchette observée depuis la dernière décennie », soit environ 800 à 1 000 dollars l'once.
Raphaël Melka