Si depuis plus de 40 ans, les villes et métropoles avaient tendance à multiplier les points lumineux, une approche plus sobre et plus respectueuse de la biodiversité se développe. Retour d’expérience avec des experts et collectivités de l’Hérault, qui s'étaient réunis en juin dernier chez Technilum, entreprise biterroise spécialisée dans l’éclairage urbain.« Éclairer où il faut, quand il fait et comme il faut. »Ce leitmotiv clair était mis en avant par Xavier Wojtaszak, chargé de mission Territoires durable auprès de l'Ademe Occitanie, lors du colloque Rencontres actives pour des villes durables et désirables. Cet événement était organisé par l'entreprise Technilum, spécialiste du mobilier urbain d'éclairage, installé au Domaine de Lézigno près de Béziers (Hérault).
Lors des échanges, les participants ont discuté des nouveaux enjeux d'éclairage pour une ville durable. Car depuis plusieurs décennies, les collectivités ont multiplié les points lumineux. Or aujourd'hui, cette pratique est largement remise en question, alors que l'on a identifié les problèmes liés à la pollution lumineuse ou à l'impact des lumières artificielles sur la biodiversité. A ces enjeux s'ajoute celui de la crise énergétique et du changement climatique qui imposent des économies d'énergie.
«Et ilfaut aussi désormais considérer le contexte géopolitique, les prix de l'énergie et les difficultés d'approvisionnement en matières premières »,précise Agnès Jullian, CEO de Technilum.
Des données nouvelles qui « complexifient » les projets, mais donnent aussi des arguments à des entreprises comme Technilum, qui fabrique tous ses mâts lumineux dans ses ateliers de Lézigno, avec 75% d'aluminium recyclé. Les solutions sont ensuite proposées aux collectivités, qui cherchent désormais à réviser leur politique d'éclairage en fonction de ces critère environnement, sociaux et économiques.
Un équilibre entre usage et nuisance
« Pour réussir une approche plus sobre ou plus intelligente, il faut initier en amont une réflexion sur les besoins réels des usagers et penser aux évolutions sociétales, notamment pour les insectes de la biodiversité que l'on sait désormais très perturbés par les éclairages,détaille Xavier Wojtaszak.C'est un équilibre qui peut être délicat à trouver. La technologie LED par exemple, est très peu consommatrice d'énergie, et s'impose ces dernières années dans les villes. Mais sa lumière bleue est assez proche de la lumière du jour, ce qui peut perturber les biorythmes. Plusieurs solutions s'offrent alors : l'installation de capteurs mais aussi la diminution de la puissance ou l'extinction totale du point lumineux en milieu de nuit. Tout va dépendre des usages. »
Avec une approche technologique plus intelligente, notamment grâce aux capteurs, les points lumineux peuvent aussi mesurer d'autres données comme un flux de circulation. La politique d'éclairage devient alors un élément de smart city, et un support d'informations pour les décideurs.