Comment ces entreprises françaises s'adaptent aux taxes Trump
Gaëtane Deljurie, à Lille
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(Photo d'illustration.)
Evelyn Hockstein
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Elles n'ont pas attendu la signature de l'accord pour réagir. Avant même l'officialisation de la surtaxe américaine à 15 % sur une large gamme de produits européens, les entreprises françaises étaient déjà à l'œuvre. Recalcul des marges, relocalisations stratégiques, diversification des débouchés : chaque secteur déploie sa riposte pour continuer à vendre aux États-Unis... sans y laisser sa rentabilité. Depuis les premières annonces de Donald Trump en début d'année sur les taxes, les exportateurs français redoublent d'ingéniosité pour amortir le choc.
Des entreprises de secteurs très différents - des cosmétiques aux fromages, en passant par les produits pharmaceutiques, le vin, ou encore la mécanique de précision - ont déjà reconfiguré leurs stratégies logistiques, commerciales et industrielles.
À Sancerre, le domaine Joseph Mellot reste dans l'expectative. Si l'accord commercial prévoit en principe une hausse des taxes de 15 % pour les produits européens exportés aux États-Unis, le segment des vins et spiritueux français ne sait toujours pas sur quel pied danser. Aucune confirmation de ce chiffre n'a été donnée le concernant. Une incertitude d'autant plus difficile à vivre que les États-Unis représentent à eux seuls 25 % du total des exportations de vins et alcools hexagonaux. Pour Mellot, la part est encore plus élevée : 30 % de ses ventes partent outre-Atlantique. « Face à une probable baisse de la demande américaine, nous renforçons nos autres marchés en multipliant les salons professionnels, en Norvège, au Québec, au Japon ou à Singapour », indique Catherine Corbeau-Mellot, présidente du domaine. L'entreprise accepte aussi de rogner sur ses marges pour rester compétitive.
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Les vignobles bordelais, eux, vivent cette incertitude comme un véritable cauchemar. Le marché américain représente environ 400 millions d'euros d'exportations annuelles pour la filière. Le Comité interprofessionnel du vin de Champagne met en garde contre un effet ciseau : si l'euro reste fort et les taxes élevées, jusqu'à 30 % du chiffre d'affaires pourrait être mis en danger. La réflexion s'engage aussi sur des solutions radicales : accords d'embouteillage aux États-Unis, voire assemblages ou finitions sur place pour éviter la qualification de « produit français fini » qui est justement visé par les taxes.
Gaëtane Deljurie, à Lille