Drones civils professionnels : la croissance est moins forte que prévu

Gael Cérez

Gael Cérez
Foisonnante ces dernières années, la filière du drone civil professionnel marque-t-elle le pas ? C'est la conclusion d'une étude menée par la société de conseil Alcimed pour le compte du Centre national d'études spatiales (Cnes).
Alors que l'ouverture de la réglementation avait permis de faire décoller le marché des drones civils en 2012 et de générer un marché de 30 millions d'euros pour le drone professionnel en 2014, la croissance s'est stabilisée. En 2015, le marché serait évalué selon Alcimed entre 40 et 50 millions d'euros, soit deux fois moins que les prévisions établies l'année précédente.
Ce tassement de la croissance s'expliquerait aussi par des contraintes réglementaires (limitation d'altitude et donc de surface couverte, déclaration des vols requise 24h avant l'exécution du vol, nécessité d'un télépilote qualifié pour les vols hors vue automatiques), technologiques (manque d'autonomie, manque de fiabilité et de robustesse) et structurelles (acteurs de petite taille, faible maillage d'opérateurs pour couvrir des projets d'envergure nationale).
Par ailleurs, Alcimed observe un "ralentissement des investissements et la mise en difficulté économique de certains acteurs du fait de ces limites, mais aussi d'une communication disproportionnée".
D'après Alcimed, 2 000 opérateurs de drones civils opèrent en France et cherchent à se spécialiser. Certaines applications sont déjà matures comme celles pour l'agriculture de précision, les mines et les carrières. D'autres usages à fort potentiel sont à l'étude, notamment dans les domaines de la gestion de crise et de la surveillance linéaire. Ces usages, portés par des donneurs d'ordres influents comme la SNCF, EDF, RTE ou Engie, sont encore limités cependant par certaines contraintes, réglementaires notamment. Des acteurs français, tels que Redbird, Airinov et Deltadrone ont gagné une réelle influence en se positionnant sur l'acquisition et sur le traitement de la donnée d'observation de la Terre.
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"Les constructeurs et les opérateurs tendent à intégrer le traitement de données dans leur offre et souhaitent désormais proposer des services opérationnels pour les utilisateurs finaux", confirme Marjorie Lefort.
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