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Economie - La Tribune AfriqueConjoncture - La Tribune Afrique

Tunisie : le FMI inquiété par la masse salariale publique

Photo de Amine Ater

Amine Ater

Publié le 14 février 2017 à 08:59 - Mis à jour le 14 février 2017 à 09:04

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La Tunisie devra faire face à une évolution économique incertaine conditionnée par la concrétisation de l’ambitieux programme Tunisie 2020. L’explosion de la masse salariale publique suite aux opérations d’embauches qui se sont enchaînées depuis la révolution devrait faire passer le poids de la masse salariale publique à plus de 15 milliards de dinars sur un budget de 32 milliards. Une situation qui a poussé Fitch a dégrader l’évaluation de la dette tunisienne, alors que Standard & Poor’s a cessé de...

Le FMI vient de terminer une visite de travail en Tunisie. Un déplacement qui a été l'occasion pour les experts mandatés par le Fonds monétaire international de prendre le pouls de l'économie tunisienne et de tenir une série d'entretiens de haut niveau avec le chef du gouvernement, les ministères-clés et le gouverneur de la Banque centrale tunisienne.

En attendant les projets de la vision 2020

L'institution internationale s'est montrée satisfaite des efforts accordés par Tunis en terme de régulation, notamment l'abrogation du Code de l'Investissement et la création d'une haute autorité indépendante de lutte contre la corruption. Le gouvernement tunisien compte également sur les projets présentés lors de la conférence pour l'investissement Tunisia 2020 en novembre dernier, qui pourraient représenter un réel vecteur de croissance à condition que les bailleurs fonds concrétisent leurs promesses d'investissement.

D'un autre côté, les augmentations de salaire accordées à la fonction publique par le gouvernement en 2016, représentent une source d'inquiétude pour le FMI. Touchant plus de 610.000 emplois directs, cette augmentation entrera en vigueur le 1er décembre 2017. Une mesure qui devait rentrer en application dès le début de l'année en cours, mais qui a été retardée suite à un accord entre le syndicat UGTT et le gouvernement, qui permet à ce dernier de bénéficier d'un délai de grâce comptable.

Une masse salariale galopante

La masse salariale publique représente actuellement en Tunisie près de 13 milliards de dinars, pour un budget global de 32 milliards de dinars. Une fois que l'augmentation sera rentrée en vigueur, la charge salariale devra dépasser les 15 milliards de dinars. Le FMI a, par ailleurs, signalé que la Tunisie compte une des masses salariales publiques les plus élevées au monde. En tout, les administrations et entreprises étatiques emploient quelques 800.000 salariés pour une population totale de 11 millions d'habitants.

Une situation qui pourrait impacter le rythme d'endettement de la Tunisie, qui est actuellement à 60% du PIB. Un taux qui pourrait atteindre 70% dans les 2 années à venir, alors qu'il était de 52% en 2010. Une hausse continue qui s'explique par un recours abusif des gouvernements qui se sont succédés depuis la révolution à l'embauche publique comme une soupape pour libérer la pression de la rue et amortir le chômage. S'y ajoute, une industrie touristique sonnée par les attentats du Bardo et de Sousse et qui n'a toujours pas pu se remettre sur pied, depuis 2015.

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Une conjoncture qui a poussé l'agence de notation Fitch à abaisser son évaluation de la dette souveraine tunisienne passant de BB- à B+. Une décision justifiée par le fait que Tunis sera obligée d'emprunter sur les marchés internationaux l'équivalent de 7% son PIB pour faire face aux échéances et aux besoins de fonctionnement du pays. Standard & Poor's ne note plus de son côté la Tunisie suite à la demande du gouvernement en 2013 suite à une violente dégradation de ses banques.

Amine Ater

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