Pour liquéfier son marché monétaire et ralentir l'inflation, la Banque Centrale Tunisienne (BCT) continue de relever le taux directeur jusqu'à ce qu'il atteigne, ce mardi 23 mai, sa valeur la plus élevée depuis 7 ans.
Selon le communiqué officiel du Conseil de la BCT, cette décision est justifiée par l'effort du régulateur qui a dû intervenir intensivement sur le marché monétaire en raison de la hausse des prix, l'approfondissement du déficit commercial et la hausse de la charge des dépenses publiques. En effet, si la croissance tunisienne semble redémarrer en douceur, atteignant les 2,1% durant le premier trimestre 2017, soit pas moins de 9 points de base par rapport au dernier trimestre de l'année 2016 (chiffres Institut national de la statistique), l'inflation, elle, s'avère de plus en plus insoutenable. En avril dernier, le taux d'inflation annuel s'est accéléré à 5% en avril contre 3,4% un an plus tôt.
Le Dinar, en chute libre...
Cela revient principalement à la chute libre que connait le dinar. La monnaie tunisienne a perdu 6,6% de sa valeur par rapport à l'euro, depuis que le Fonds monétaire international a déclaré le 17 avril que la Tunisie devait adopter un taux de change plus souple avant d'accepter de débloquer une deuxième tranche de prêt de 308 millions de dollars.
Cette situation est le résultat d'une réaction naturelle du marché monétaire vue la pauvreté de la demande sur le dinar. Le déficit commercial de la Tunisie se creuse chaque jour. Au premier trimestre de 2017, celui-ci s'est creusé de 3,88 milliards de dinars. A la même date, le taux de couverture des importations par les exportations a perdu 8 points par rapport à sa performance un an auparavant, pour se situer à 66 % contre 74 % en 2016. Pire encore, le tourisme, l'activité économique qui produit près de 7% du PIB du pays, tourne au ralenti en conséquence des attentats terroristes qui se succèdent sur le pays depuis 2014.
En gros, l'Etat tunisien doit trouver rapidement des moyens pour injecter des liquidités dans son économie en attendant la relance de ses principales activités économiques. Une urgence vu la bombe à retardement que représente le chômage des jeunes, estimés à 30 %, dans un pays qui vient à peine de sortir de sa phase transitionnelle depuis le soulèvement populaire de 2011.
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