La Haute-Garonne cherche à booster le tourisme dans les Pyrénées sur "quatre saisons"

Florine Galéron

Altiservice gère désormais quatre stations de ski dans les Pyrénées
Rémi Benoit

Florine Galéron

Altiservice gère désormais quatre stations de ski dans les Pyrénées
Rémi Benoit
"On a tendance à l'oublier mais la Haute-Garonne, ce n'est pas uniquement la plaine toulousaine. Nous avons aussi les Pyrénées", rappelle Didier Cujives, président de Haute-Garonne Tourisme.
Le département compte en effet quatre stations de ski : Luchon Superbagnères, Bourg d'Oueil, le Mourtis et Peyragudes (cette dernière est à cheval entre la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées).
Cela reste une goutte d'eau au regard des 50 millions de recettes et des deux millions de journées ski du mastodonte du secteur, N'Py, qui capte la moitié du marché dans les Pyrénées sur huit stations (dont le Pic du Midi et le Grand Tourmalet). La Haute-Garonne peut même se targuer d'avoir la plus petite station des Pyrénées. Dotée de seulement trois tire-fesses, Bourg d'Oueil, est gérée par une équipe de bénévoles et propose des forfaits à une dizaine d'euros la journée. Ces petites stations disposent de peu de moyens pour se faire connaître.
Pour compenser ce déficit de notoriété, un office de tourisme unique, baptisé Pyrénées 31 et regroupant Luchon, Saint-Béat et Saint-Bertrand de Comminges, a été créé en février 2017. Une suite logique après la fusion, dans le sillage de la loi Notre, des trois communautés de communes de ces cantons devenues Pyrénées Haut Garonnaises.
Sa présidente, Dominique Alègre, ajoute qu'"une personne a également été recrutée spécialement pour développer l'e-tourisme (autrement dit la promotion sur le web, ndlr)".
En parallèle depuis quelques mois, le département a créé un syndicat mixte regroupant les quatre stations de ski haut-garonnaises. Cette nouvelle structure va investir 25 millions d'euros d'ici 2021, dont 17 millions pour remplacer la télécabine de Luchon. Les remontées mécaniques du Mourtis seront également rénovées. "Ce sont des investissements énormes, on change de braquet", fait remarquer Didier Cujives.
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Cette organisation vise aussi une mutualisation des moyens entre les stations pour les activités d'entretien et de réparation. De quoi permettre aux petites stations de faire des économies. D'après un rapport de la Cour des comptes en 2015, deux-tiers des stations pyrénéennes ne dépassent pas les 5 millions d'euros de chiffre d'affaires, avec un endettement allant jusqu'à 400% du chiffre d'affaires ! Et les choses ne sont pas prêtes de s'arranger. Selon Météo France citée dans le rapport, avec une hausse de température moyenne de deux degrés dans les décennies à venir, les stations de ski pourraient perdre un mois d'enneigement.
"L'objectif est donc d'en faire des stations quatre saisons" martelait à la Tribune Georges Méric, le président du Conseil départemental lors d'une interview accordée au mois de septembre. Développer une fréquentation des Pyrénées tout au long de l'année doit permettre aux stations d'être moins dépendantes des cumuls de neige.
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Parmi les pistes de diversification figurent le thermalisme (12 000 curistes sont déjà recensés chaque année en Haute-Garonne), mais aussi des activités sportives (VTT, sports d'eaux vives) ou historiques du côté de Saint-Bertrand de Comminges. En développant le tourisme, se pose aussi la question des déplacements. "Si l'on installait des bornes de recharges électriques le long des parcours VTT, il serait possible de faire Carbonne / Saint-Bertrand de Comminges en vélo électrique", imagine Patrice Gaut. Il espère également que les collectivités pourront développer encore les offres de transport en commun vers les zones de montagne.
Florine Galéron