Aéroport de Toulouse : la mise sous séquestre des actions de Casil Europe rejetée

Florine Galéron

aeroport toulouse
Rémi Benoit

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Rémi Benoit
Il n'y aura pas de gel des actifs des actionnaires chinois dans l'aéroport de Toulouse. Le tribunal de commerce de Paris a rejeté vendredi 22 mars la demande de mise sous séquestre des 49,99% de parts de Casil Europe. Le recours avait été initié par trois syndicats toulousains (CGT31, FSU31 et Solidaires31) et défendu par l'avocat du collectif opposé à la privatisation de l'aéroport, Christophe Lèguevaques. Objectif affiché : empêcher la revente des actions chinoises tant qu'il reste des recours sur l'opération de rachat des parts de l'État en 2015.
Seulement, le président du tribunal de commerce a expliqué que seul le propriétaire des actions litigieuses, c'est à dire l'État, était en droit de demander le séquestre. "Cette vision restrictive du droit d'agir pour demander le séquestre ne nous paraît pas conforme à la jurisprudence", a réagi Christophe Lèguevaques en précisant que ses clients feraient sûrement appel de cette décision.
Pour rappel, l'actionnaire chinois Casil Europe a mandaté en janvier la banque Lazard pour revendre ses 49,99% de parts achetées 308 millions d'euros à l'État en 2015. Selon nos informations, trois candidats restent en lice : Vinci, Eiffage et le groupement Ardian/Caisse d'Épargne.
Les élus locaux craignent que lors de la cession, l'État revende ses 10,01% de parts restantes. Dans cette configuration, l'actionnaire privé deviendrait majoritaire dans le capital de l'aéroport avec 60% des parts, laissant seulement 40% des titres aux actionnaires locaux (Région, Département, Métropole de Toulouse et CCI).
Une rencontre à ce sujet était organisée jeudi 22 mars entre le ministre de l'Économie et une délégation composée de Françoise Laborde, sénatrice de la Haute-Garonne, Jean-Luc Lagleize, député de la Haute-Garonne, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse-Métropole, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie Pyrénées-Méditerranée, Georges Méric, président du Conseil départemental de la Haute-Garonne, ainsi que Philippe Robardey, président de la CCI de Toulouse.
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Pas suffisant aux yeux du collectif des opposants à la privatisation. "Quelle sera la valeur d'un tel engagement avec un successeur de l'actuel locataire de Bercy en juin prochain ou lors d'une prochaine alternance ?", s'interrogent-ils. Les opposants réclament la création d'une holding publique comprenant les parts de l'État et des actionnaires locaux qui serait majoritaire dans le capital de l'aéroport.
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