Aéroport de Toulouse : Casil Europe dénonce "une manoeuvre de déstabilisation"

Florine Galéron

mike poon
Rémi Benoit

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Rémi Benoit
La guerre est déclarée entre les actionnaires de l'aéroport de Toulouse-Blagnac. Le Chinois Casil Europe (qui détient 49,99% du capital) n'a pas du tout apprécié l'annonce faite le 20 mai par les actionnaires locaux de saisir la justice pour demander la mise sous séquestre des titres détenus par Casil Europe et la suspension de ses droits de vote à la prochaine assemblée générale.
En faisant appel à la justice, les actionnaires locaux (CCI Toulouse Haute-Garonne, Région Occitanie, Département de Haute-Garonne et Toulouse Métropole qui ont 40% du capital) disent vouloir "éviter que des décisions stratégiques soient prises alors même qu'il existe un doute sérieux sur près de la moitié des votes". Pour rappel, Casil Europe a annoncé, le 14 mai dernier, être en négociations exclusives avec Eiffage pour revendre sa participation dans l'aéroport. "Sans jamais en avoir informé les actionnaires minoritaires locaux", regrettent les collectivités.
Depuis l'arrivée de Casil Europe dans le capital de l'aéroport Toulouse-Blagnac en 2015, de nombreuses tensions ont émergé entre les actionnaires locaux et la société d'actionnaires chinois sur la question des dividendes. En décembre dernier, les actionnaires se sont mis d'accord pour donner la possibilité de verser pendant cinq ans jusqu'à l'intégralité du résultat net de l'aéroport.
En mars, une demande de mise sous séquestre déposée par trois syndicats avait déjà été rejetée au motif que seul le propriétaire des actions litigieuses, c'est-à-dire l'État, était en droit de faire cette requête.
De leur côté, les opposants à la privatisation voient d'un oeil mitigé le recours lancé par les actionnaires locaux à l'encontre de Casil Europe. L'avocat des opposants à la privatisation, Christophe Lèguevaques, se dit en tout cas "surpris" de la démarche initiée par les actionnaires locaux, d'autant que ces derniers avaient refusé de se joindre à la première demande de mise sous séquestre lancée par les syndicats. "C'est la première fois qu'ils saisissent la justice à Toulouse dans cette affaire", ajoute-t-il.
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Malgré tout, l'association compte s'inviter au tribunal aux côtés des collectivités le jour de l'audience pour prendre la parole. Par ailleurs, le collectif des opposants à la privatisation lance un recours ouvert à tous les citoyens via une plateforme en ligne pour annuler la vente.
Florine Galéron
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