L’URSCOP Occitanie organisait, le 26 juin à Montpellier, la 3e édition des "Coups de cœur de la reprise d'entreprise par les salariés". Huit entreprises régionales ont candidaté, dont une hors du champ coopératif, et quatre ont été distinguées, dans des secteurs très divers et portées par des histoires différentes. Avec un point commun toujours : un collectif engagé.«Organiser une cérémonie des"Coups de cœur de la reprise par les salariés"nous permet de démontrer que la reprise d'entreprise par des salariés est une option qui donne lieu à de beaux succès,souligne Pierre Auriau, directeur de l'Union Régionale des SCOP et SCIC (URSCOP) Occitanie Méditerranée, en introduction de la soirée des "Coups de cœur de la reprise par les salariés", le 26 juin à Montpellier.Il existe pourtant encore beaucoup d'idées reçues et de freins sur la reprise d'entreprise par les salariés, qui n'est pas encore entrée dans la culture des cédants. Ces derniers pensent en premier lieu à un repreneur externe et peuvent se montrer frileux car ils pensent que les salariés n'ont pas les moyens de de la reprise. Mais notamment avec un accompagnement, on peut trouver des financements avec des partenaires bancaires qui suivent la reprise et on arrive à boucler des plans de financements au prix du marché. Il faut bien sûr qu'il y ait un marché économique et une rentabilité de l'entreprise, et un collectif engagé... Les atouts d'une reprise par les salariés sont nombreux : ils connaissent le métier, les clients, les rouages et les projets de développement. Les gens se révèlent, avec souvent une nouvelle dynamique de l'entreprise et parfois des créations d'emplois. Et la reprise permet de sauvegarder l'emploi et le maintenir sur le territoire. Les chiffres le prouvent en terme de pérennité : à cinq ans, 86% des entreprises reprises par les salariés sont toujours en vie, voire en développement, soit 10% de plus que des reprises classiques. »
Il s'agissait de la 3e édition des "Coups de cœur" organisée par l'URSCOP Occitanie Méditerranée, avec l'ambition de mettre en lumière de belles histoires de reprise d'entreprise par leurs salariés depuis moins de cinq ans en Occitanie. Les profils des candidatures se sont avérés très divers : issues de tous les territoires de la région, elles racontaient des reprises d'entreprises ou d'association, de sociétés coopératives ou non, portées par des hommes et des femmes. Les gagnantes ont été désignées à égalité par un vote du jury en amont et un vote du public le soir de la cérémonie.
L'Auberge du Cèdre, pour le collectif
Quatre entreprises l'ont emporté, dans trois catégories et un coup de cœur du public. Dans la catégorie "Un collectif porteur", candidataient la Scop Les Ateliers de la Liberté (fabrique de biscuits et viennoiseries, à Saint-Girons dans l'Ariège), la Scic L'Auberge du Cèdre (à Lauret dans l'Hérault) et la Scop Bio'Jour (épicerie bio, à Florac-les-Trois-Rivières en Lozère). Et c'est l'Auberge du Cèdre qui l'emportait.
L'hôtel-restaurant, installé dans une ancienne maison vigneronne, a été reprise en mars 2022 par un collectif - et c'est là une originalité de cette histoire - de neuf salariés-associés, dix-huit clients, deux partenaires et trois initiateurs et cédants. En pleine saison, l'Auberge emploie 23 salariés et deux stagiaires. En 2022, elle a réalisé le plus haut chiffre d'affaires de son histoire, soit plus de 1 million d'euros. D'importants investissements ont été fait sur la partie réception.
«Les clients sociétaires, au départ, ont émis le souhait que quelqu'un de la maison reprennent car ils étaient attachés au lieu et à l'esprit du lieu, et aujourd'hui, ils ont ce regard de consommateurs qui est très important,explique Vera Naegels, cheffe de cuisine depuis dix-huit ans et aujourd'hui gérante.Depuis la reprise, les salariés sont davantage impliqués... En 2023, on va écraser notre record 2022 ! Le carnet de commandes est déjà bien rempli. »