Éoliennes en Méditerranée : les arguments entendus durant le débat public
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Le débat public organisé entre le 12 juillet et le 31 octobre 2021 interrogeait l'opportunité d'implanter deux parcs éoliens commerciaux dans le golfe du Lion (entre la frontière espagnole et Fos-sur-Mer) pour 25 à 30 ans, soit une cinquantaine d'éoliennes flottantes chacun. Le projet est porté par le ministère de la Transition écologique et Réseau de Transport d'Électricité (RTE) pour le volet raccordement.
Il a donné la parole à de nombreuses parties prenantes. En attendant le compte-rendu officiel de la commission particulière du débat public, en janvier prochain, La Tribune a interrogé ceux qui l'ont vécu de l'intérieur.
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Martine Bartolomei, membre de la commission particulière du débat public EOS - « J'ai participé au débat public portant sur le projet de création d'un nouveau parc éolien au large de la Normandie (1 GW, entre Cherbourg et Le Tréport, qui s'est terminé en novembre 2020, NDLR), qui a fait l'objet de beaucoup de débats houleux, avec notamment une levée de bouclier des pêcheurs soutenus par les élus. Ce n'est pas le cas en Méditerranée, car le sujet est neuf, on le défriche. (...) Le débat a surtout porté sur l'opportunité du projet et les questions sur la localisation sont venues en dernière instance, alors qu'en Normandie, le débat portait surtout sur la localisation. Autre différence : la technique du flottant qui permet d'être plus loin des côtes. Dans l'imaginaire collectif, les éoliennes en mer, c'est loin, on ne les verra pas. C'est surtout les questions d'impact sur la biodiversité qui posent problème : l'argument des parties prenantes, c'est qu'on ne sait rien, qu'on aurait dû attendre les études d'impacts des fermes-pilotes. La litanie de fond de ce débat, ça a été "on va jouer les apprentis-sorciers" ! Et en face, il y a l'État qui dit qu'il faut aller vite. (...) Un autre sujet qui a été débattu : le rapport public-privé. Qui enrichit-on avec ces éoliennes ? Aura-t-on une électricité moins chère ? C'est un débat public très idéologique, et pour les écolo-décroissants, le débat est une tribune. Enfin, le sujet qui monte et qui n'était pas présent lors du débat en Normandie : la sobriété énergétique, notamment chez les associations écologiques qui prônent d'abord de lutter contre le gaspillage, de réviser nos modes de vie et de consommation. En Occitanie, plus qu'en région PACA, on a vu émerger la question du tourisme, avec des élus qui craignent que les stations balnéaires pâtissent de la présence d'éoliennes en mer. Il est vrai que sur l'étang de Berre, ils ne peuvent pas avancer l'argument du paysage dénaturé... En revanche, en PACA, ce sont les craintes pour les oiseaux, par exemple en Camargue, qui ont été beaucoup exprimées. (...) Les régions Occitanie et PACA sont des territoires de grand chômage, où la dimension économique prend le pas face à une dimension écologique. Mais même si elle était dans l'esprit de tout le monde, elle a été peu évoquée car le débat a été vampirisé par la dimension écologique. »