Reuse : les eaux les moins pures sont les plus intéressantes pour irriguer les vignes
Yann Kerveno
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L'installation de Roquefort-des-Corbières (Aude) permettant de réutiliser les eaux de la station d'épuration pour irriguer les vignes a démontré que ce sont les eaux les moins pures (catégories C) qui se sont révélées les plus intéressantes pour la vigne.
Yann Kerveno
SERIE Reuse (1/3) - La cave coopérative de Leucate, dans l’Aude, expérimente depuis trois ans l’irrigation de vignes à partir des eaux d’une station d’épuration. Et ce sont les eaux les moins pures, qui sont aussi les plus répandues, qui se sont révélées les plus intéressantes pour l’irrigation… A l’heure où la ressource en eau devient un enjeu majeur préoccupant, le reuse (réutilisation des eaux usées traitées) ouvre de nouveaux horizons pour économiser l’eau potable.
Si la désalinisation d'eau de mer est déjà pratiquée, en dépit de son coût et de sa consommation d'énergie, l'utilisation des eaux de catégorie C en sortie de stations d'épuration ouvre de réelles perspectives sur le bassin méditerranéen.
En test d'abord à Gruissan (Aude) sur le domaine de l'INRAE, la technique du reuse (réutilisation des eaux usées traitées) a été développée à plus grande échelle à Roquefort-des-Corbières (Aude) où 16 hectares de vignes appartenant à dix propriétaires bénéficient depuis trois ans de cette nouvelle source d'eau.
«Dans notre contexte où l'eau devient un enjeu majeur, le recours aux eaux de stations d'épuration est un atout,explique Lilian Copovi, président de la cave de Cap Leucate. Et le premier de ces atouts, c'est que cette eau sera toujours là et disponible puisqu'elle sert d'abord aux habitants et que les populations se développent. »
Nutriments et micro-organismes
L'installation de Roquefort-des-Corbières a nécessité la création d'un bassin de rétention de 3.000 m3 de façon à obtenir le débit nécessaire à l'irrigation. Une fois traitée par la station d'épuration du village, l'eau est reprise par une pompe pour être expédiée dans le bassin avant de transiter ensuite par des filtres à sable. Enfin, elle subit un filtrage aux ultra-violets et une très légère chloration avant d'être injectée dans le réseau d'irrigation.
L'investissement total, mené avec BRL (opérateur technique et concessionnaire du réseau régional hydraulique pour la Région Occitanie), est de 480.000 euros. Les tests menés depuis, suivant quatre modalités étudiées, ont montré la pertinence de l'installation en particulier l'apport de l'irrigation pour les vignes les plus jeunes.
Paradoxalement, ce sont les eaux les moins pures - les eaux de catégories C, qui sont aussi les plus répandues - qui se sont révélées les plus intéressantes à utiliser en irrigation. La technique du goutte à goutte et l'absence de contact direct avec le raisin ont permis de lever les contraintes sanitaires à leur utilisation au lieu des eaux de catégorie B, plus rares, qui avaient la faveur des autorités.
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