Le rapport de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse examine la qualité des eaux mais aussi leur quantité. Alors que le niveau de contrôle se renforce et que la mobilisation s’organise pour améliorer ces deux points, la pression du réchauffement climatique vient compliquer les démarches. Sur le bassin Rhône-Méditerranée en Occitanie, 45% des rivières sont en bon état mais 29 % sont perturbées par des prélèvements d’eau excessifs. Décryptage.L'agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse vient de publier son rapport 2022 sur l'état des eaux. Examinant en premier lieu la qualité des eaux, il s'appuie sur 5,5 millions d'analyses de surveillance annuelle des cours d'eau, nappes et plans d'eau des bassins Rhône-Méditerranée et de Corse.
Avec le changement climatique, la préservation et la reconquête du bon état des eaux sont un enjeu majeur. L'agence de l'eau rappelle qu'en Occitanie, fin octobre, les milieux aquatiques, premières victimes de la sécheresse, étaient encore fragilisés et trois départements (Pyrénées-Orientales, Aude et Lozère) étaient concernés par une restriction des usages de l'eau.
Selon ce rapport, sur le bassin Rhône-Méditerranée en Occitanie, 45% des rivières sont en bon état écologique (soit une performance légèrement au-dessus de moyenne nationale, à 40% environ).
«1.300 paramètres sont mesurés aujourd'hui, soit 50 fois plus qu'en 1990, et 5,5 millions d'analyses annuelles sont réalisées, soit 300 fois plus qu'en 1990,souligne Laurent Roy, directeur général de l'agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse.La qualité de l'eau des rivières s'est beaucoup améliorée depuis 1990, en raison notamment de gros efforts sur l'assainissement qui a permis de réduire le niveau des micropolluants. Par exemple,les concentrations en ammonium ont été divisées par 20 en trente ans. »
L'enjeu des micropolluants
Selon l'agence de l'eau, le défi majeur à traiter reste néanmoins la question de ces micropolluants : si 92 % des nappes souterraines affichent un bon état chimique en Occitanie, la menace des pesticides continue de peser sur l'alimentation en eau potable. Le rapport de l'agence de l'eau fait ainsi état de la présence, 20 ans après leur interdiction, de traces de triazines (herbicides), mais aussi de la substance qui les a remplacées dans les traitements herbicides agricoles, le S-métolachlore, dont les produits de dégradation se retrouvent très fréquemment dans les eaux.
«On trouve également des substances d'intérêt émergent dont on ne s'occupait pas avant :des substances pharmaceutiques comme les antidiabétiques,des stéroïdes, des hormones, des stimulants, des cosmétiques, ou encore la caféine qui est heureusement peu toxique, ajoute Laurent Roy.Depuis 2018, on cherche et on trouve des PFAS (perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées qui regroupent près de 5.000 substances chimiques que l'on retrouve dans de nombreux produits de consommation courante et applications industrielles, NDLR)un peu partout dans les eaux souterraines ou de surface, logiquement plus en zones urbaines.»