L'Allemagne est-elle devenue keynésienne ?

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Initiative pour l'emploi des jeunes, soutien aux PME espagnoles, changement de ton de Wolfgang Schäuble... Berlin semble faire flèche de tout bois pour atténuer son image de patrie de l'austérité. Mais qu'en est-il vraiment ?

L'austérité, c'est fini. La "rigidité allemande" a vécu. Wolfgang Schäuble, oui, ce même ministre allemand des Finances qui, voici encore un mois, affirmait avec hauteur qu'opposer austérité et croissance était une « sottise », se rend dans les pays du sud pour affirmer, comme à Lisbonne récemment, que l'Europe a « besoin de plus d'investissements et de plus de programmes de soutien à l'investissement. » Et de conclure, sans sourciller, que « l'Allemagne est toujours prête à apporter son aide. »

Terminé donc la doctrine défendue jusqu'à encore peu par Berlin : seules les politiques de dévaluation interne peuvent assainir les économies périphériques et leur permettre de « s'engager sur la voie de la croissance saine. » Les initiatives allemandes se multiplient : un plan franco-allemand pour l'emploi des jeunes, un programme de crédit financé par la banque publique allemande KfW pour les PME espagnoles, un feu vert à des délais supplémentaires pour l'Espagne, la France, le Portugal... Bref, Berlin semble oublier ses fondamentaux d'orthodoxie budgétaire pour verser dans une certaine forme de keynésianisme. En cela, il y a un vrai tournant. Du moins dans le discours.

L'Allemagne touchée par la crise

Pourquoi ce changement de pied ? Plusieurs raisons. D'abord, la situation économique de l'Europe est désormais des plus préoccupantes. Après six trimestres de récession dans la zone euro, il est difficile de défendre un simple effet « à court terme » des politiques menées. La stratégie fondée sur l'idée qu'une amélioration de la compétitivité des pays périphériques conduirait à une croissance tirée par les exportations a clairement échoué, alors même que la déprime conjoncturelle s'est transmise à la Chine. Contrairement à ce qu'affirmait Wolfgang Schäuble, le dogme de l''austérité est devenu le gage le plus certain d'une poursuite de la récession. Et l'Allemagne, qui sort de deux trimestres difficiles, ne peut plus regarder avec hauteur la situation. Il fallait donc changer de discours pour espérer redonner un peu de confiance à l'Europe et au monde.

Les eurosceptiques en baisse outre-Rhin

Ensuite, le danger eurosceptique semble s'éloigner en Allemagne. Le parti des opposants à l'euro, Alternative für Deutschland (AfD), semble avoir peu de chance d'entrer au Bundestag le 22 septembre prochain. La politique d'Angela Merkel a convaincu les Allemands des avantages de l'euro. La monnaie unique est au pic de sa popularité outre-Rhin et les discours visant un retour au deutsche Mark ne sont plus guère pris au sérieux. D'autant que la ligne d'AfD est bien peu claire et ses positions parfois un peu trop nationalistes. Dans les sondages, ce parti est donné à 2-2,5 % des intentions de vote, et  la tendance est à la baisse. Angela Merkel ne doit donc plus, comme voici un ou deux mois, tenir un discours de fermeté pour retenir les électeurs tentés par AfD. Du coup, électoralement, la droite allemande peut lever le pied sur l'austérité.

Répondre aux critiques

Dernier élément décisif, enfin, la vague de critiques dont a été l'objet l'Allemagne au cours des dernières semaines. La prétention du PS français de dénoncer « l'intransigeance égoïste » de la chancelière n'a certainement pas été décisive, mais elle a ajouté à la pression qui s'exerçait depuis plusieurs mois sur Berlin. La menace d'apparaître comme dominatrice n'est pas mince en termes d'image pour la république fédérale. Il fallait enfin apparaître sympathique, soucieux des réalités et proche des gens. D'où cet empressement à se porter au chevet des jeunes au chômage. Une noble cause tout à fait digne de restaurer ce problème d'image.

Un vrai tournant ?

Dès lors, la question se pose de savoir si ce « retournement » allemand est surtout une opération de communication ou véritable changement de cap qui, dans ce cas, toucherait l'Europe entière. Certes, les initiatives pour l'emploi des jeunes ou les investissements des PME espagnoles ne peuvent être que les bienvenues, mais ces initiatives sont-elles réellement à la mesure des enjeux ?

Un soutien aux PME ?

Globalement, le plan de soutien allemand aux investissements en Espagne pourrait atteindre jusqu'à 1,2 milliard d'euros et Madrid espère pouvoir générer ainsi 3,2 milliards d'euros. Concrètement, ceci permettrait aux entreprises espagnoles de bénéficier des taux d'intérêt allemands. C'est un vrai changement de cap théorique, car jusqu'ici Berlin défendait les différences de taux entre les Etats de la zone euro par les différentes performances de ces mêmes Etats. Mais ce plan est limité à plusieurs égards.

D'abord, si la somme n'est pas négligeable, elle n'est sans doute pas non plus réellement à la hauteur de la crise qui frappe l'Espagne. Rappelons également qu'en 2009, les gouvernements avaient stoppé la récession en déversant des dizaines de milliards d'euros en quelques mois. Il ne peut être question de renverser la tendance économique espagnole avec 1,2 milliard d'euros. Ce plan ne saurait ensuite remplacer un mécanisme d'aplanissement des taux qui serait mise en place par la Banque centrale européenne (BCE), pour l'ensemble des PME des pays périphériques.

Or, c'est en grande partie la résistance de la Bundesbank qui bloque sur ce point. Les Allemands continuent de refuser une unicité des taux au sein de la zone euro, ils ne sont d'accord que pour agir ponctuellement. Or, améliorer l'accès au crédit des entreprises est positif, mais c'est inutile s'il n'y a pas de demande. D'où la nécessité d'un plan plus ambitieux pour renforcer l'investissement en redonnant des perspectives aux agents économiques.

Le chômage des jeunes en ligne de mire

Deuxième initiative : celle de l'emploi des jeunes. La question obsède depuis quelques jours la presse allemande, du Spiegel conservateur à la Süddeutsche Zeitung de centre-gauche. Du coup, l'enveloppe paraît plus conséquente : 6 milliards d'euros d'ici à 2020 pour donner une formation aux jeunes au chômage. Mais, là encore, ce pourrait ne pas être entièrement à la mesure de l'enjeu. D'abord, parce que, selon une évaluation interne de la Commission citée par Der Spiegel, seulement 3,5 milliards d'euros seulement pourrait être versés d'ici à 2020 compte tenu du lourd processus prévu.

Ensuite, parce que l'on prend le chômage des jeunes comme une fatalité indépendante de la conjoncture, et non comme une des conséquences de la récession. Sans doute y a-t-il un chômage des jeunes structurellement élevé en France, en Espagne et en Italie, mais l'urgence est surtout de stopper la hausse vertigineuse de ce chômage qui trouve sa source dans la récession actuelle. Il n'est pas sûr que des formations soient utiles lorsque, partout, les entreprises ferment et débauchent.

Enfin, pourquoi ne s'intéresser qu'aux jeunes ? Ce sont certes les plus touchés par le chômage, mais la question de la reconversion des autres salariés frappés par le chômage se pose également. Il y a clairement un élément de « communication » dans cette focalisation sur une jeunesse qui serait « innocente » face au chômage.

Le peu d'initiative de la BEI

On le voit donc : la question centrale reste celle de la récession, et donc de la politique économique. Or, la passivité européenne face à la récession n'est pas réellement remise en cause, malgré le changement de ton de Berlin. La Banque européenne d'Investissement (BEI), qui sera en charge de la gestion l'initiative franco-allemande pour l'emploi des jeunes, semble toujours très prudente et bien plus attachée à sa notation triple A qu'à une quelconque politique de soutien de l'activité. Elle est dirigée par Werner Hoyer, Libéral allemand, ancien secrétaire d'Etat aux Finances de Wolfgang Schäuble, qui, en passant, l'a récemment encouragé à préserver sa notation triple A. Si la BEI investit réellement les 60 milliards d'euros de stimulus économique qu'elle promet d'ici à 2015, elle peut jouer un rôle positif - quoique un peu tardif - mais il est permis d'en douter.


La fin de l'austérité ?

Reste enfin la politique européenne vis-à-vis des pays périphériques. Il sera intéressant de suivre les recommandations de la Commission vis-à-vis des pays qui ont des problèmes de déficits. Vraisemblablement, le ton devrait rester ferme, car les délais obtenus par la France et l'Espagne devront avoir des compensations. Bruxelles devrait insister sur les réformes structurelles. Selon El Pais, Madrid sera mise sous « très stricte surveillance » pour l'inviter à « réduire ses déséquilibres. » Autrement dit : si la Commission ne réclamera pas de nouvelles coupes budgétaires, elle devrait réclamer des « réformes structurelles » plus ambitieuses, notamment du marché du travail.

Or, ces réformes ne sont pas neutres sur le plan macro-économique et il n'est pas certain que ce « changement de ton » soit plus favorable à la demande intérieure. Car, in fine, la logique demeurera la même que précédemment : organiser des dévaluations internes rapides afin d'améliorer la compétitivité et pesant sur les coûts, donc sur la demande intérieure. Pas de quoi redonner espoir aux Européens. Or, sans espoir, pas de perspectives d'investissements et d'embauche. L'Allemagne montrera donc lors du conseil européen de fin juin si elle a vraiment changé de stratégie : si elle soutient les recommandations de la Commission, ces belles initiatives resteront sans doute une goutte d'eau dans l'océan de la récession.
 

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a écrit le 29/05/2013 à 15:02 :
Il faut finasser disaient les allemands de Metternich a Stressman .... Ils ne changent pas en apportant sans cesse la guerre après avoir affirmé ne pas en avoir les moyens. On a donné un prix Nobel de la Paix au second, c'est dire si la déchéance morale est grande et la récompense sans valeur. On retrouve toujours ce même jeu : finassieren.
Réponse de le 29/05/2013 à 16:18 :
Corso votre message est incompréhensible, si vous pouviez etre plus clair, merci.
a écrit le 29/05/2013 à 13:37 :
Après avoir pratiqué la déportation ethnique, la grande allemagne invente la déportation économique. J'ai lu qu'elle avait signé le 21 mai 2013 un accord avec l'espagne qui va pouvoir déporter ses chômeurs vers l'eldorado européen. On invite les nécessiteux à quitter leur patrie au nom du libéralisme.
Réponse de le 29/05/2013 à 14:10 :
ACHTUNG. quel tissu d?âneries vous écrivez la. Vous qui donnez des leçons à l'Allemagne commencez donc par ne pas tenir des propos honteux et insultant contre ce pays. L?Allemagne d'aujourd'hui n'a rien à voir avec la sombre époque à laquelle vous faites référence. Si vous voulez parler du passé de la France on peut aussi le faire, caar dans certains cas elle ne s'est guère comporter mieux. Si les situations économiques des autres pays européens ils ne peuvent s'en prendre qu'à eux memes, l'Allemagne a entreprit ses réformes il y a plus de 10 ans, et aujourd'hui elle en retire les fruits de sa meilleur gestion économique et sociale que la France, et que certains autres en Europe.
si des ressortissants quittent leurs pays pour trouver du travail c'est d'abord parce que leurs pays d'origine ont ruinés leurs ressortissants à cause justement de leurs politiques anti libérales, et voila le résultat. Je vous rappelle que la libre circulation des biens, des services et des personnes est inscrite dans la constitution européenne que toute l'UMPS prône depuis fort longtemps, pas l'ombre d'un libéral la dedans. Allez monsieur le jaloux faite le ménage chez vous avant de critiquer les autres qui ont eu le courage de le faire.
Réponse de le 29/05/2013 à 14:30 :
Il n'empêche que l'Allemagne est un pays génocidaire et qu'elle se développe aujourd'hui au détriment des autres pays, en tournant le dos à l'idée de l'Europe qu'on se faisait. C'est un fait ! En plus, quand on a une dette publique aussi élevée (car l'Allemagne a une dette publique qui avoisine les 80% du PIB), on ne se fait pas donneur de leçons. Quand la dette publique de l'Allemagne sera à 20%, on pourra rediscuter.
Réponse de le 29/05/2013 à 14:57 :
Un pays "génocidaire" ? Comment ça ? Ca veut dire quoi d'après vous ? Et quel rapport entre deux époques si différentes ? Voulez vous que je vous rappelle les nombreux faits peu glorieux de la France ? Les leçons chacun est libre de les accepter ou non. Il me semble que la France ruinée, qui ne peut survivre qu'en empruntant tous les jours sur les marchés financiers anglo saxons, la plus part du temps, juste pour payer ses millions de fonctionnaires en trop avec la masse de leurs privilèges éhontés, en donne constament des leçons. Elle établie des listes, comme les soviets, de s pays qu'elle voudra voir changer pour coller à sa vision collectiviste du monde, ou de l'Europe. Ceci dit l'Europe de Bruxelles n'est en effet pas une référence en terme de liberté économique, vu le poids des états et de leurs interventions catastrophiques dans l'économie de marché. Ce sont en grande partie les causes des problèmes, surtout si on associe cela avec l'euro, cette fausse monnaie papier, comme le dollar d'ailleurs.
Réponse de le 29/05/2013 à 15:01 :
@ivanleterrib

Et quelle idée de l'Europe tu te faisais?
Le fait est que les allemands n'ont jamais voulu entrer dans l'Europe, si tu dois remercier quelqu'un, c'est mitterand.
Quant au pays génocidaire, je ne pense pas que le peuple allemand actuel en soit responsable.
Réponse de le 29/05/2013 à 15:06 :
Le "ménage" en Allemagne serait fait ?? Vous êtes très mal informé, @Libre.
Réponse de le 29/05/2013 à 16:17 :
à Corso, je ne vois pas de quoi vous parlez, je n'ai pas écris de message parlant de "ménage". J'ai parlé de réformes que les allemands on fait, contrairement à la France qui aujourd?hui s'aperçoit que l'Allemagne fait mieux qu'elle sur le plan économique.
Réponse de le 29/05/2013 à 17:13 :
L'Allemagne ? Un taux de natalité catastrophique, une industrie culturelle inexistante, une liberté de conscience étroitement encadrée par la cour constitutionnelle, des centrales à charbon rouvertes, une dette publique faramineuse, trois guerres déclenchées en cent ans faisant des millions de morts en Europe, en Afrique et ailleurs. Et tout ça pour vendre des produits plus chers et pas meilleurs que les autres ; les études le prouvent. Pour ma part, je boycotte les produits allemands et chinois pour toutes ces raisons et je vous garantis que les produits fabriqués ailleurs sont de très bonne qualité. N'en déplaise aux Teutons !
a écrit le 29/05/2013 à 13:10 :
C'est simple. Les élections allemandes sont en septembre et Merkel ratisse le plus large possible afin de conforter ses fidèles troupes et piquer tout ce que ses adversaires pourraient utiliser pour la gêner pour obtenir son troisième mandat. De plus, elle calme les éventuelles remarques de "rigidité" des autres pays européens, en particulier du sud (dont nous). RDV à après les élections pour (re)voir la chancelière remettre une couche de bonne gestion et, pourquoi pas, sortir de l'UE avant que les engagements allemands sur le MES et autres mécanismes financiers ne deviennent du cash à sortir.
a écrit le 29/05/2013 à 12:53 :
Si la BCE est en Allemagne ce n'est pas un hasard !
a écrit le 29/05/2013 à 12:47 :
L'Allemagne est-elle devenue keynésienne ?... NON !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Réponse de le 29/05/2013 à 13:01 :
Ha non? Et la transition énergétique à 1000 milliards c'est quoi si se n'est pas une relance de type keynésien? Les augmentation de salaire de plus de 5% dans la métallurgie c'est de l'austérité sans doute? Ouvrez les yeux.
a écrit le 29/05/2013 à 12:43 :
Les élections approchent et les nouvelles économiques allemandes ne sont pas si bonnes qu'on veut bien nous le faire croire à la tv tous les jours. Ce qui est inquiétant, c'est le refus de taxer les produits chinois car il y aura retour de flamme sur les produits allemands qui serait brutal. L'Allemagne voit son intérêt, l'Europe passe après. Quant à la qualité allemande, on peut lire avec intérêt les compte-rendus des associations sur la qualité des voitures allemandes ( contrôle technique et réparations) pour s'apercevoir que ce n'est pas si brillant et que des véhicules chers payés ne sont pas exempts de pannes. J'ai acheté un chauffe-eau solaire de marque allemande, eh bien j'ai été très surpris lors de la mise en route : l'installateur est venu 4 fois pour que çà fonctionne : fuites diverses à la mise en eau, programmation incompréhensible, boîtier électronique à changer sous garantie ( pas facile) et j'en passe : bref un étonnement qui m'a fait revoir ma position sur les produits d'outre-RHin
a écrit le 29/05/2013 à 12:11 :
Au sens allemand et aussi de l'orthodoxie économique, il s'agit d'investir. Relance par l'investissement. C'était aussi le but du grand emprunt français. Au sens français socialiste et non orthdoxe, il s'agit d'augmenter la demande globale par tout moyen, consommer plus et de dépenser plus tout de suite. Ainsi, la mission principale de la BPI est devenue le financement du CICE, autrement dit faire crédit aux entreprises pour ce que l'état leur prend en trop et doit lui rendre avec le décalage d'un an, autrement dit financer les dépenses de fonctionnement de l'état. Une manière de camoufler le déficit budgétaire.
Deux conceptions qui n'ont pas du tout le même effet à long terme. Le clivage commence à se faire sentir entre l'Europe qui investit et travaille et l'Europe qui consomme et se laisse vivre.
Réponse de le 29/05/2013 à 14:13 :
La croissance, la consommation, l'emploi et la création d'entreprise cela ne se décide pas dans les bureaux des ministères, mais ne peut exister que par la demande réelle du marché, et non en subventionnant à perte et avec l'argent des contribuables. Comment voulez vous relancer l'économie quand en meme temps on fait subir un matraquage fiscal aux contribuables et aux entreprises, qui ne peuvent plus se développer à cause de tous l'argent volé par les politiciens au pouvoir ? C'est impossible et le Keynésianisme améne toujours les memes conséquences, l'histoire le prouve.
Réponse de le 29/05/2013 à 15:17 :
Outre que keynésianisme ne veut rien dire sinon dans un sens idéologisé et populiste désolant, ouvrez l'autre oeil, @Libre! Les sociétés actuelles ne sont que la résultante des politiques d'état, financées par lui indirectement. Il n'est donc pas question de jouer une économie droite contre gauche qui est une posture uniquement "politique" dans le plus mauvais sens du terme, mais de veiller à la pertinence de l'utilisation de la création monétaire. Vous semblez vouloir perdre votre temps à plaisir. Par ailleurs les mécanismes "BPI" et autres au sens général est uniquement un système de protection des banques : elles font le facile, les gouvernement le risqué, @keynesien. Il n'y a pas deux conceptions, il n'y en a qu'une, toujours la même : plumer ceux qui s'entêtent à fermer les yeux!
Réponse de le 29/05/2013 à 16:09 :
à Corso. Ou avez vous vu que je parlais ou que j'opposais droite contre gauche dans mon message ? J'oppose une économie libre et une économie sous emprise gouvernementale UMPS, pour la France. Ce n'est pas la meme chose. Les raisons du déclin économique majeur en France c'est 40 ans d?interventionnisme étatique alors qu'il devrait être uniquement cantonné à des fonctions régaliennes sous haute surveillance du peuple, comme en Suède ou au Canada par exemple. Ces pays ou les ministres mangent à la cantine, sans chauffeur, et sans privilège particulier. Mais je peux aussi citer la Suisse, bref dans ces pays les politiciens ne sont pas des professionnels payés toute leur vie sur le dos des contribuables, ils viennent de la société civile et après 1 mandat ils retournent à leur métier d'origine. Ainsi il n'y a pas de caste mafieuse vivant à vie avec l'argent volé au contribuable.
Réponse de le 29/05/2013 à 18:29 :
La Suède fauit face à quelques émeutes en ce moment, la faute sans doute à la forte réduction des subventions qu'elle recevait et qui lui parviennent moins. La Suisse a constitué le chancre de l'Europe, aux mains des pires spéculateurs. Quand aux économies elles sont souvent le résultat d'interventionnisme d'état, comme aux USA, premier modèle.
a écrit le 29/05/2013 à 12:11 :
Au sens allemand et aussi de l'orthodoxie économique, il s'agit d'investir. Relance par l'investissement. C'était aussi le but du grand emprunt français. Au sens français socialiste et non orthdoxe, il s'agit d'augmenter la demande globale par tout moyen, consommer plus et de dépenser plus tout de suite. Ainsi, la mission principale de la BPI est devenue le financement du CICE, autrement dit faire crédit aux entreprises pour ce que l'état leur prend en trop et doit lui rendre avec le décalage d'un an, autrement dit financer les dépenses de fonctionnement de l'état. Une manière de camoufler le déficit budgétaire.
Deux conceptions qui n'ont pas du tout le même effet à long terme. Le clivage commence à se faire sentir entre l'Europe qui investit et travaille et l'Europe qui consomme et se laisse vivre.
Réponse de le 29/05/2013 à 14:43 :
Oui, même le sens keynésien peut avoir du sens, la relance peut être une prise de risque pour avoir un retour sur investissement dans l'avenir qui est incertain. Cette notion me semble être peu connue. Mais je ne comprends pas votre idée des flux du CICE vers les entreprise et le reflux plus tard en forme d'imposition qui camoufleraient le déficit budgétaire. Certes, cette usine à gaz entretient les coûts administratifs de l'état, mais où est le camouflage? merci
Réponse de le 29/05/2013 à 15:01 :
non désolé le Keynésianisme n'est jamais la solution, c'est au contraire l'origine du problème. Je vous rappel que toutes les interventions étatiques dans l'économie est très nocif, et cela détruit toujours des milliers d'emplois à cause du report du cout de ces "aides" sur le dos des contribuables et des entreprises. Cela détruit des emplois réels et non subventionnés et cela empéche la création de nombreux autres. L'économie c'est répondre aux besoins du marché, c'est à dire à ce que veulent les consommateurs, rien d'autres.
a écrit le 29/05/2013 à 11:40 :
´Mais d´ou sort cette traduction " politique d´austérité" à la Schäuble ???
Je n´ai encore jamais entendu cette version sortant de sa bouche (Sparhaushalt) . Le gouvernbement Merkel prone la discipline budgétaire ( Haushaltdiziplin) et ce n´est pas du la même chose.
Et Disziplin ca veut dire avant tout: remettre de l´ordre ....
Alors messieurs les journalistes restez précis en utilisant les bons termes SVP !
a écrit le 29/05/2013 à 11:25 :
C'est de l'enfumage ! Si on veut vraiment aider l'Europe, achetez des marques non allemandes ou des produits qui ne sont pas fabriqués en Allemagne. Les produits allemands sont de toute façon plus chers sans être mieux (les études le prouvent, notamment sur les voitures). Il y a toujours un équivalent non allemand (et non chinois d'ailleurs), dans tous les produits. L'Allemagne tourne clairement le dos à l'Europe et s'est alliée avec la Chine, c'est clair sur le photovoltaïque, pour se développer au détriment des autres pays.
Réponse de le 29/05/2013 à 12:50 :
+1 !
Réponse de le 29/05/2013 à 13:14 :
la décision sur le photovoltaïque , prouve que le parlement européen ne sert à rien !
Réponse de le 29/05/2013 à 13:46 :
+1000!demain,achetons des voitures grecques et des saucisses espagnoles!
Réponse de le 29/05/2013 à 16:13 :
A tous les donneurs de leçons dites nous l'origine des produits que vous achetez au quotidien ? Lorsque vous allez au supermarché vous achetez quoi? Un produit français ou le produit vous offrant, à priori, le meilleur rapport qualité prix en fonction de vos moyens ? L'électronique, les vêtements, les voitures, etc..ah il est tellement plus facile de critiquer les autres que de se remettre en question soi meme. Ceci dit bien sur qu'il faut imposer aux autres pays ce qu'ils imposent eux memes pour importer chez eux, mais de la à tout généraliser. Bref sans acheteur européen pas de produits chinois, s'ils vendent ce que les européens achètent, c'est tout.
a écrit le 29/05/2013 à 11:07 :
M.Godin,avec ce réportage (80% der Spiegel) vous allez réveiller plus encore les sentiments
germanophobes des accros du blog :anti-allemagne-merkel. A manipuler avec précaution....
a écrit le 29/05/2013 à 11:02 :
Etre keynesien, pour un gouvernement, c'est mettre le budget en équilibre quand l'économie va bien, pour pouvoir faire ensuite une vraie relance dans la récession qui, nécessairement, arrive un jour.
Les allemands font comme çà : ils sont keynesiens. Nous, français, croyons l'être, alors qu'on ne fait qu'enfoncer le budget, toujours déséquilibré même quand tout va bien, dans les récessions. Pour, bien entendu, polémiquer ensuite sur le keynesianisme, et se perdre, une fois de plus, dans des philos de comptoir. Que de temps perdu, scrogneugneu!
Réponse de le 29/05/2013 à 12:05 :
Vous avez parfaitement raison Asimon! Mais les cigales françaises ont tout dépensé pendant les beaux jours. souvenons-nous des fameux débats sur "la cagnotte fiscale" pendant les années fastes du début 2000. Où comment dépenser encore plus d'argent alors que le budget de l'époque n'était même pas à l'équilibre: tout juste moins négatif que prévu!
Cette façon de penser de nos politiques est une catastrophe qui se traduit par la différence entre la France et l'Allemagne d'aujourd'hui.
Réponse de le 29/05/2013 à 12:59 :
+1, Keynes n'a jamais théorisé un déficit public sans fin. Juste une relance dans les phase de crise pour atténuer les cycles économiques. Qui doit être résorber dans les phases plus favorable.
Réponse de le 29/05/2013 à 15:59 :
On voit la différence effectivement, l'Allemagne est "seulement" endetté à hauteur de plus de 80% de son PIB ...

Quand à tous ceux qui parlent de la "récolte des fruits" de leurs réformes, il y a de quoi rire. Allez demander aux personnes aillant un "mini job" Allemand si la situation est si exceptionnelle. C'est loin d'être mieux qu'en France, car si l'on a plus de chômage, eux le cachent avec des jobs sous payés et ne permettant pas de vivre dignement, alors ils sont bien mal placés pour donner des leçons.

Cela dit en France, la seule solution pour le désendettement sera de s'attaquer à la gabegie de l'état, à tous ses niveaux, et là il y a des dizaines de milliards d'économie à faire. Alors notre pays pourra réinvestir cet argent judicieusement (réduction du coût du travail par exemple, qui nous fera le plus grand bien), réduction des impôts qui permettra une relance non négligeable de la consommation ect...
a écrit le 29/05/2013 à 10:57 :
pourquoi ce changement ? tout simplement la verite sur l'etat de l'allemagne est en train de faire surface , et veulent montrer bonne figure, pour ne pas montrer au peuples du sud qu'il n'y a pas deux poids deux mesures . !
mais pourtant , c'est bien ce qui se passe !
Réponse de le 29/05/2013 à 11:38 :
En interne ça bouge aussi en Allemagne. Les travailleurs allemands veulent leur part du gâteau. Ils ont fait des efforts pendant 10 ans et veulent enfin recevoir des augmentations de salaire.

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