7,9 millions d'euros : la rémunération annuelle moyenne des patrons du CAC 40, du jamais-vu depuis 15 ans

La rémunération totale moyenne des patrons de l'indice CAC 40 a atteint un plus haut depuis 15 ans. À 7,9 millions d'euros, c'est 52% de plus qu'en 2019 et plus de 100 fois la rémunération moyenne des salariés. Carlos Tavares, le directeur général de Stellantis, est en haut du podium avec une rémunération record de 66,7 millions d'euros - bien que les chiffres de l'entreprise font état de 19,15 millions. Cela faisait plus de 15 ans qu'une société n'avait pas dépassé les 50 millions d'euros.
Le trio des dirigeants les mieux payés est composé de Carlos Tavares de Stellantis (66,7 millions d'euros), Bernard Charlès de Dassault Systèmes (44,1 millions d'euros dont 40,8 millions de rémunération actionnariale), et Daniel Julien de Teleperformance (19,6 millions d'euros).
Le trio des dirigeants les mieux payés est composé de Carlos Tavares de Stellantis (66,7 millions d'euros), Bernard Charlès de Dassault Systèmes (44,1 millions d'euros dont 40,8 millions de rémunération actionnariale), et Daniel Julien de Teleperformance (19,6 millions d'euros). (Crédits : CHARLES PLATIAU)

C'est un plus haut depuis 15 ans pour les patrons du CAC 40 : leur rémunération totale moyenne a atteint 7,9 millions d'euros en 2021, selon un rapport publié ce mardi 22 novembre par le cabinet Proxinvest. Soit une hausse de +52% par rapport à 2019, avant la crise sanitaire (l'année 2020 est considérée comme non représentative étant donné qu'un certain nombre de dirigeants ont renoncé à une part de leur rémunération).

Plus globalement, l'augmentation est aussi observée chez les patrons du SBF 120, les 120 plus grandes sociétés cotées en France. Leur rémunération moyenne totale atteint 4,5 millions d'euros en 2021 (+22% par rapport à 2019). Il s'agit, là encore, d'un plus haut depuis 15 ans.

Pour établir son classement, le rapport de Proxinvest prend en compte tous les éléments de rémunération : rémunération fixe, bonus annuel, rémunération pluriannuelle de long terme, attribution d'actions valorisées à leur date d'attribution, avantages en nature... Tous ces éléments ont explosé l'an dernier. La rémunération fixe moyenne est en hausse de 4,2% et le bonus annuel moyen de 33,6% au sein du CAC 40, alors que la valeur des attributions d'actions gratuites de performance atteint son plus haut historique dans le SBF 120 avec un bond de 39,6%.

Lire aussiPourquoi les rémunérations des grands patrons explosent

Plus de 100 fois la rémunération moyenne des salariés (ou 369 Smic)

Proxinvest constate un « rebond post-crise sanitaire » avec « une forte hausse des rémunérations médianes et moyennes dans tous les indices (CAC 40 et SBF 120). On est bien sur des records historiques », a déclaré Jehanne Leroix, directrice de la recherche ESG (critères environnementaux, sociaux et de gouvernance) du cabinet lors d'une visioconférence avec des médias.

Autre point relevé par Proxinvest : c'est « la première fois en 8 ans que la rémunération moyenne des dirigeants du CAC 40 représente plus de 100 fois la rémunération moyenne des salariés », soit 369 fois le SMIC en base 39 heures, selon le rapport.

Lire aussiDans les PME, les bas salaires ont été plus augmentés que les hauts salaires, « habituellement, c'est l'inverse »

Les patrons de Stellantis, Dassault et Teleperformance sur le podium

Sur l'ensemble du classement de Proxinvest, c'est Carlos Tavarès, directeur général du constructeur automobile Stellantis, qui a enregistré la plus forte rémunération en 2021. Et d'ailleurs c'est la plus élevée jamais observée par le cabinet : 66,7 millions d'euros, bien qu'elle soit de 19,15 millions d'euros, selon l'entreprise. « C'est la première fois depuis 15 ans qu'une société présente une rémunération totale supérieure à 50 millions d'euros », assure le rapport. La différence entre les chiffres du constructeur automobile et ceux de Proxinvest s'explique par le recours à des méthodes de calcul différentes, les sommes correspondant à la rémunération pluriannuelle étant lissées sur plusieurs années par Stellantis.

On retrouve ensuite sur le podium, respectivement, à la deuxième et troisième place, Bernard Charlès, directeur général de Dassault Systèmes, avec une rémunération totale de 44,1 millions d'euros (+114%) et Daniel Julien, président directeur général de Teleperformance, leader mondial des centres d'appels entre autres, avec une rémunération totale de 19,6 millions d'euros (+15%). Ce dernier affiche la rémunération fixe la plus élevée du CAC 40, à 2,2 millions d'euros, ainsi que l'écart de rémunération avec les salariés le plus important du CAC 40.

Le Top 5 se compose enfin de François-Henri Pinault, président directeur général de Kering avec 12 millions d'euros (5,7 millions selon la société), et Paul Hudson, directeur général de Sanofi avec 8,96 millions d'euros.

Lire aussiInflation : Stellantis accorde une prime à ses salariés

(Avec AFP)

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 11
à écrit le 28/11/2022 à 11:20
Signaler
On ne parle jamais (surtout les syndicats...) du salaire des footballeurs vedettes payés (beaucoup) plus cher que les PDG des grands groupes, pour taper dans un ballon... 3,9 G€ pour pouyanné 90,9 G€ pour Mbappé ... (Données Google)

à écrit le 23/11/2022 à 14:51
Signaler
Un jour viendra sûrement, quand les grands patrons sous la pression seront obligés de réduire considérablement leurs rémunérations, où les pauvres employés réaliseront qu'ils ne gagnent pas plus qu'avant et que ce n'était pas vraiment la rémunération...

à écrit le 23/11/2022 à 11:55
Signaler
On comprend mieux pourquoi McKron est encore au pouvoir ! C'est la régalade ! :-)

à écrit le 23/11/2022 à 10:37
Signaler
Ben d'un autre côté, jamais leurs patrons qui possèdent et détruisent le monde en ronflant n'ont autant possédé et détruit le monde en ronflant, il est logique que ceux qui bossent à leurs places gagnent également plus. J'aimerais pas être un grand p...

à écrit le 22/11/2022 à 22:42
Signaler
Franchement, ce genre d'article publié en 2022 me fait doucement sourire. Où étiez-vous les journalistes français en septembre 2014, lorsque l'économiste William Lazonick publiait dans la revue de Harvard son étude ainsi nommée: "Profits without pros...

à écrit le 22/11/2022 à 21:19
Signaler
Hallucinant! En un temps où tous les services d'intérêt commun sont saignés jusqu'à l'os: hôpitaux, justice, enseignement, où toutes les organisations d'aide aux plus démunis voient leurs ressources s'assécher: restaus du coeur, secours catholique, o...

le 22/11/2022 à 22:16
Signaler
Rassurez-vous, le néolibéralisme est sur le point de rendre l'âme. Le prochain krach financier (inévitable) détruira suffisamment de Capital mal acquis pour redonner ses lettres de noblesse au facteur Travail et au capitalisme Rhénan. Même les classe...

le 23/11/2022 à 11:25
Signaler
@Xav. Vous avez totalement raison d'évoquer Roosevelt et ses mesures fiscales car les études et données empiriques lui donnent encore raison aujourd'hui. L'éminent économiste Paul Krugman (sans compter Jo Stiglitz, Piketty, Zucman et tant d'autres) a...

à écrit le 22/11/2022 à 19:38
Signaler
A quand le plafonnement (e.g. 3 SMIC) de la niche fiscale salariale? Le salaire a-t-il pour fonction de fabriquer des aristocrates du capitalisme ou bien d'assurer un niveau de vie décent aux salariés? Toute forme de rémunération autre que sal...

à écrit le 22/11/2022 à 17:58
Signaler
Continuez donc à encourager les opérations LBO, les programmes de rachat d'actions propres par les entités cotées. Poursuivez l'allègement du coût du capital au détriment du facteur travail; continuez de maintenir (voir encourager) l'injustice fiscal...

à écrit le 22/11/2022 à 16:34
Signaler
Il: faut faire du social... Car ce n'est pas sur leurs compétences que ces personnes se rémunèrent...Sinon l'économie mondiale ne serait pas dans cet état .. Surendettement - panne de croissance....

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.