La « grande transmission » : plus de 9 000 milliards d’euros de patrimoine détenu par les générations âgées vont se retrouver entre les mains de leurs descendants.
9 000 milliards d’euros vont passer des mains des baby-boomeurs à celles de leurs héritiers : un séisme successoral sans précédent, entre bombe à inégalités et occasion unique de réinventer la redistribution des richesses patrimoniales.
Les chiffres donnent le tournis. Dans les quinze prochaines années, la France va assister au plus grand transfert de richesse de son histoire : plus de 9 000 milliards d'euros de patrimoine détenu par les générations âgées vont se retrouver entre les mains de leurs descendants. Un mouvement titanesque, que les économistes appellent la « grande transmission » car il s'agit d'une conséquence directe du déclin progressif des baby-boomeurs, les individus nés entre 1946 et 1964.
Cette grande transmission a deux faces. Elle est à la fois source d'inégalités entre les Français, mais aussi d'opportunités pour redistribuer équitablement les richesses, comme le souligne la Fondation Jean-Jaurès dans son rapport sur la transmission des patrimoines publié jeudi 4 septembre. Un paradoxe à surmonter sous peine de laisser filer cette manne sans en tirer le moindre bénéfice collectif.
Patrimoine, les héritiers concentrent tout
Le ton est immédiatement donné. La Fondation Jean-Jaurès confirme que la transmission de l'héritage entre générations reste le moteur central de la reproduction des richesses. En se penchant sur le classement annuel du magazine Challenges des 500 plus grandes fortunes françaises, la Fondation note que 43 % des 500 plus riches sont des héritiers. Et dans le cercle restreint du top 100, où le ticket d'entrée dépasse 1,3 milliard d'euros, la proportion d'héritiers grimpe à 60 %, révélant toute la force du mécanisme de « reproduction » sociale chez les ultra-riches français.
La Fondation Jean-Jaurès rappelle que la plupart de ces fortunes se sont construites, mais surtout transmises entre générations, résumant sans détour : « La marche vers ces sommets est plus facile quand on commence l'ascension à mi-pente. » Avant de souligner toute la puissance du déterminisme social : parmi les non-héritiers ayant accédé au classement de Challenges, plus de la moitié d'entre eux sont nés de pères cadres, dirigeants ou professions libérales, contre seulement 10 % issus d'employés ou d'ouvriers.
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