Alerte sur le coût de la dette française
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Le nouveau premier ministre, Michel Barnier, sera-t-il l'homme de l'austérité pour alléger le fardeau de la dette?
STEPHANE DE SAKUTIN
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Le nouveau premier ministre, Michel Barnier, sera-t-il l'homme de l'austérité pour alléger le fardeau de la dette?
STEPHANE DE SAKUTIN
L'absence de rigueur budgétaire commence à se payer au prix fort pour la France. Le coût de la dette qu'elle lève sur les marchés a singulièrement augmenté ces derniers jours pour converger vers celui de la dette espagnole. Ainsi, l'écart de rendement (spread) entre la dette française à 10 ans et la dette allemande est de 77 points de base, soit quasiment le même que celui de la dette espagnole (79 points). Une première depuis 2008, note, non sans une pointe de malice, le Financial Times.
Le Portugal, un des pays qui a été massivement renfloué pendant la crise de l'euro, dispose de rendements obligataires nettement inférieurs à ceux de la France depuis juin, avec un spread autour de 55 points base. Soit le niveau de la dette française avant l'annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale. Une dette qui avait déjà encaissé sans trop broncher la dégradation, fin mai, de la note de crédit de la France par l'agence de notation américaine Standard & Poor's.
Le spread de la dette française avait alors atteint un pic de 85 points de base lors de la dissolution, avant de se stabiliser à nouveau autour de 70 points de base, soit 20 points de base de plus que son rythme de croisière. La dette française est encore loin du coût de la dette italienne (134 points de base de spread avec la dette allemande) mais l'écart ne cesse de se réduire.
En valeur absolue pourtant, le rendement à 10 ans - c'est-à-dire le prix réellement payé par l'Etat français - est en recul d'une quinzaine de points de base depuis le 8 juin dernier, sous la barre des 3 %. La dette française profite du mouvement de baisse des taux enclenché par la Banque centrale européenne (BCE). Elle reste, malgré tout, l'une des plus appréciées de la zone euro en raison de sa profondeur et de sa liquidité.
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La tension sur la dette française n'est pas nouvelle. Elle est continue depuis les élections européennes. Et l'annonce, le 2 septembre dernier, d'un nouveau dérapage des finances publiques, avec un déficit qui risque de grimper à 5,6 % voire 6% du PIB cette année - contre 5,1% initialement prévu, a encore un peu plus fragilisé la parole de l'Etat français aux yeux des investisseurs.
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