Arrêter UberPop ? "La violence ne doit jamais dicter un comportement" (Thibaud Simphal, Uber)

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Les taxis peuvent manifester, ils peuvent s'en référer au juge, ils peuvent faire des recours contre nous - ce qu'ils ne se privent pas de faire. Mais en aucun cas la violence ne doit dicter les comportements, dans une démocratie, dans un Etat de droit, a estimé Thibaud Simphal sur iTélé mercredi 24 juin.
Les taxis "peuvent manifester, ils peuvent s'en référer au juge, ils peuvent faire des recours contre nous - ce qu'ils ne se privent pas de faire. Mais en aucun cas la violence ne doit dicter les comportements, dans une démocratie, dans un Etat de droit", a estimé Thibaud Simphal sur iTélé mercredi 24 juin. (Crédits : DR)
Le DG France d'Uber a rappelé sur iTélé que les violences à l'encontre des VTC existaient déjà avant le lancement du décrié service low-cost d'Uber, le fameux UberPop.

"La violence n'est pas une manière légitime d'exprimer son désaccord dans un Etat de droit, il y a la justice", a rappelé Thibaud Simphal, DG d'Uber France sur le plateau d'iTélé mercredi 24 juin (cf vidéo ci-dessous).

Et d'insister:

"Je pense que la violence ne doit jamais dicter un comportement. Parce que des gens agressent d'autres gens, on va décider d'arrêter quelque chose dans ce pays ? Non, la violence est inadmissible, point final."

Ce juriste de formation a en outre évoqué le fait que les agressions à l'encontre des voitures de transport avec chauffeur (VTC) sont loin d'être nouvelles :

"Elles ont démarré bien avant le lancement d'UberPop partout en France".

Uber n'est pas contre les taxis, au contraire

Les taxis "peuvent manifester, ils peuvent s'en référer au juge, ils peuvent faire des recours contre nous - ce qu'ils ne se privent pas de faire. Mais, en aucun cas, la violence ne doit dicter les comportements, dans une démocratie, dans un Etat de droit".

Par ailleurs, Thibaud Simphal mentionne l'ouverture des services d'Uber aux taxis, stoppée en plein élan par les grandes centrales de réservation:

"Nous avions lancé un produit qui s'appelait UberTaxis, il y a deux ans, mais nous n'avons pas réussi à le faire grandir parce que les plateformes de taxis disaient à leurs chauffeurs de ne pas venir", sous peine de se voir supprimer l'accès à leur terminal ou à leur licence.

Thibaud Simphal poursuit:

"On n'est pas dans l'illégalité. Il y a un texte ; l'interprétation du ministère de l'Intérieur et des forces de l'ordre est de dire que c'est illégal. Il y a quatre tribunaux indépendants qui se sont prononcés, les uns après les autres, refusant l'interdiction, disant qu'il n'y avait pas de trouble manifestement illicite et hier (mardi 23 juin) a été transmise par la Cour de cassation - la Cour suprême de notre pays - au Conseil constitutionnel, une question pour savoir si la loi Thévenoud elle-même n'est pas illégale".

Sur ce point, les Sages trancheront fin septembre.

En attendant, "nous devons continuer à offrir ce service - c'est possible, on est dans notre droit, on respecte le droit et on respectera toujours le droit".

De leur côté, les taxis estiment que "la violence d'Uber est plus forte que celle des poings (sic)". C'est en tout cas ce qu'a déclaré sur Europe 1 ce mercredi Karim Asnoun, secrétaire général de la CGT Taxis, syndicat qui a lancé un appel à la grève nationale demain jeudi.

Bruxelles veut faire vite

Quoi qu'il en soit, face à la montée des violences et des dérapagesBruxelles a décidé de mettre en place une réglementation "dès cette année". Selon le jeune directeur d'Uber France :

"La Commission peut décider de créer un cadre pour 28 pays. Je pense qu'elle aura l'intelligence - je la connais bien, j'y ai travaillé - d'écouter toutes les parties prenantes, tous les acteurs du secteur, pour voir quelles sont les solutions pragmatiques pour répondre à un besoin qui est énorme en matière de mobilité, alors que les gens abandonnent leur voiture individuelle, veulent pouvoir se déplacer librement avec leur smartphone".

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>>> Thibaud Simphal, directeur général d'Uber France, était l'invité du Club Entreprise La Tribune-Chambre de commerce de Paris Île-de-France vendredi 13 février. Retrouvez la vidéo intégrale de l'événement sur latribune.fr, rubrique Live Media.

Flash interview de Thibaud Simphal / Propos recueillis par Laurent Lequien

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Commentaires
a écrit le 26/06/2015 à 9:22 :
on croit rêver Hollande soit disant président de la république veut interdire UberPop, il se prend pour qui, il me semblait que nous étions en démocratie et qu'il y avait une justice soit disante indépendante. Les politiques ainsi que les taxis ont perdu d'avance une guerre d'arrière garde, c'est le sens de l'histoire. De toute façon c'est le black qui va marcher à fond, déjà on s'arrange entre nous, famille, voisins collègues ou par les réseaux sociaux car les pigeons en ont assez s'engraisser les taxis, sans être nostalgique ce n'est plus les chauffeurs de taxis que nous avons connus, regardez leur comportement actuel, brûler des voitures et agresser des gens et en plus ils voudraient que l'on monte dans leur bagnole.
a écrit le 24/06/2015 à 16:37 :
En regardant sur Wikipedia l article sur Uber, j ai lu qu'est Goldman Sachs y avait investi. Cette banque a trafiqué les comptes de la Grèce pour entrer dans l Euro et n'a jamais été sanctionnée pour ca. Ses anciens cadres (Papadimos, Draghi, etc) sont partout dans les instances européennes. Autant dire que cette banque y fait la pluie et le beau temps.
La messe est dite.
C est comme avec Booking.com dans l hôtellerie, on laisse faire et dix ans après quand le secteur est devenu monopolistique, on prend des mesurettes qui font rigoler ceux qui empochent des millions par jour. Aujourd'hui Booking est le meilleur client de Google.
Merci à nos politiques de défendre les forts contre les faibles. On se souviendra longtemps de "Mon ennemi c'est la finance !"…
a écrit le 24/06/2015 à 16:02 :
"Mais, en aucun cas, la violence ne doit dicter les comportements, dans une démocratie, dans un Etat de droit". Ca, c'est la théorie, après, il y a la réalité. Mais peut-être ce monsieur Simphal regrette le Maréchal et la glorieuse époque démocratique du Pétainisme pour considérer que la violence ne doit pas "dicter les comportements". Si c'est possible, c'est mieux, mais la Résistance ne se joue pas sur le tapis vert.Je n'apprécie particulièrement les taxis, mais ce sont quand même des entreprises, des indépendants, qui ont pignon sur rue, qui respectent massivement la Loi, le Code de la Route, paient des charges sociales, des impôts, leurs assurances véhicules et professionnelles. Quid des "chauffeurs" d'Uber?
Réponse de le 25/06/2015 à 15:04 :
Cher "Valbel"
Bien sur, mais n'interdisez pas ce que d'autres veulent utiliser.
Si votre belle-mère accepte de monter sans danger, dans votre voiture, je pense que tout étranger peut aussi si sentir en sécurité, payant ou non.
Le permis de conduire est la preuve de quoi? les chauffeurs de taxi n'en sont-ils pas aussi titulaires au même titre que vous et moi. Alors, ou est le problème? Un chauffard, taxi ou autre, est toujours un chauffard!
Uber, ou tout autre, ne se doit que de travailler plus sérieusement a l’enregistrement de leurs chauffeurs et autres points importants de sécurité.
Réponse de le 26/06/2015 à 9:16 :
@ valber 89. Vous trouvez que les chauffeurs de taxi respectent le code de la route, moi j'emprunte tous les jours A 1 car j'habite Roissy en France et je peux vous dire que ce n'est pas le cas. Quand ils sont vides aucun respect des règles de conduite car il faut arriver dans les créneaux des avions, par contre quand ils ont un pigeon à bord, ils restent bien gentiment dans leur file pour augmenter le prix de la course. Vous vivez peut être à la campagne c'est pourquoi vous avez un avis aussi idyllique.

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