Les taxis de Marseille, Nantes et Strasbourg stoppent UberPop

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L'annonce de l'arrivée du service UberPop à Marseille, Nantes et Strasbourg avait provoqué lundi une levée de bouclier des chauffeurs de taxis qui avaient bloqué des artères des villes concernées avec leurs véhicules.
L'annonce de l'arrivée du service UberPop à Marseille, Nantes et Strasbourg avait provoqué lundi une levée de bouclier des chauffeurs de taxis qui avaient bloqué des artères des villes concernées avec leurs véhicules. (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Les taxis de Marseille et Nantes ont obtenu l'interdiction de l'application UberPop après l'annonce de la disponibilité de ce service controversé dans ces villes du sud et de l'ouest de la France, ainsi qu'à Strasbourg.

Aussitôt arrivées, aussitôt interdites. Alors qu'Uber annonçait lundi l'arrivée de voitures UberPop à Marseille, Nantes et Strasbourg, complétant ainsi son offre régionale bon marché de chauffeurs non professionnels, les taxis de l'Ouest et de la cité phocéenne ont obtenu mardi l'interdiction de l'application si controversée.

Il faut dire que la nouvelle n'avait pas de quoi réjouir les chauffeurs de taxis, particulièrement remontés contre ce service vu comme de la concurrence déloyale. Bien au contraire. Surtout dans un climat particulièrement tendu pour la profession, notamment à Paris avec la décision gouvernementale de leur imposer des forfaits aéroports, et la suspension de leur accès prioritaire sur l'autoroute A1.

UberPop, un service concurrent d'UberX

Pour rappel, l'application mobile Uber présente dans des centaines de villes de 58 pays permet de mettre en relation, via leur smartphone, clients et voitures de tourisme avec chauffeurs (VTC) professionnels (UberX). Mais elle propose également un service de covoiturage (UberPool) ainsi qu'une offre de VTC "low cost" avec des chauffeurs non professionnels (UberPop), censés arrondir leurs fins de mois et non pas exercer un métier à temps plein comme les professionnels du secteur.

Ils sont cependant vus d'un mauvais oeil par tous les autres acteurs qui les accusent de concurrence déloyale, qu'il s'agisse des taxis, des VTCistes, mais également des chauffeurs d'UberX. Cela dit, depuis peu, Uber demande à tous ses chauffeurs (UberPop inclus) de créer un statut d'autoentrepreneur assuré en Responsabilité civile professionnelle, d'obtenir une attestation d'aptitude physique auprès d'un médecin agréé en préfecture. Les chauffeurs doivent en outre effectuer une formation complémentaire, suivie d'un test, approfondi "notamment en matière de sécurité routière lors de trajets avec des passagers".

Maelstrom juridique

Mais pour l'heure, tant que tous les chauffeurs ne seront pas des professionnels, cette activité restera interdite par la loi dite Thévenoud, entrée en vigueur le 1er janvier dernier. C'est d'ailleurs pour cela que diverses préfectures ne se privent pas de déclarer l'illégalité de ce service et d'en interdire l'exercice (comme dans le Nord récemment). Et que le gouvernement multiplie les contrôles - 380 procédures auraient été engagées "contre les chauffeurs sur les grandes métropoles", assure-t-il. Uber a d'ailleurs été condamné à 100.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Paris fin 2014 pour son service low cost, mais la société a fait appel et la cour d'appel vient de reporter sa décision (initialement planifiée pour le 31 mars) à fin septembre.

Il faut dire que le sujet est plus que sensible. Sachant que pour ajouter un peu plus de complexité au dossier, déjà brûlant, Uber a, en parallèle, porté plainte contre la France auprès de la Commission européenne, accusant notamment la fameuse loi relative aux taxis et VTC d'être contraire au droit communautaire et d'entraver notamment la liberté d'entreprendre. Bruxelles a reconnu étudier le dossier et avoir envoyé une lettre d'avertissement à la France.

Par ailleurs, suite aux questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) déposées par le géant américain, les Sages de la rue Montpensier ont tranché en faveur d'Uber concernant sa politique tarifaire, estimant "contraires à la Constitution et à la liberté d'entreprendre" les dispositions de la loi Thévenoud en la matière. De quoi ajouter un peu de piment à ce bras de fer juridique.

Le doute demeure

Bref, c'est un peu à y perdre son latin. Alors en attendant d'y voir plus clair dans ce maelström, les préfectures des départements du Bas-Rhin pour Strasbourg, des Bouches du Rhône, pour Marseille, et de Loire Atlantique pour Nantes, ont donc annoncé mardi des arrêtés interdisant dans ces villes l'activité de transports UberPop et un renforcement des contrôles.

"Ce service ne correspond à aucun type d'activité de transport de personnes autorisé par la loi. Les particuliers qui le mettraient en oeuvre exerceraient illégalement la profession de taxi", a fait valoir la préfecture de Loire Atlantique dans un communiqué, soulignant que la responsabilité pénale des contrevenants pourrait être engagée. Pour l'heure, le doute demeure. Et les quelques clarifications réglementaires ne semblent pas suffire à dépassionner les esprits. Loin de là.

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Commentaires
a écrit le 11/06/2015 à 15:32 :
Ces escarmouches entre chauffeurs Uber et chauffeurs de taxis ("Taxis marseillais" = "Canuts-de-Lyon") devraient se dégonfler avec l’arrivée annoncée des robots-taxis de Google et Uber (voir: http://spectrum.ieee.org/cars-that-think/transportation/self-driving/robot-taxis-will-reshape-urban-landscapes). Une très bonne nouvelle pour tous les actionnaires et passagers des futurs robots-taxis de Google et d'Uber qui seront enfin débarrassés de la bêtise humaine, de la malhonnêteté, des pourboires et des senteurs de patchouli.
a écrit le 11/06/2015 à 14:46 :
@ama945 merci vous avez tout dit vous etes des fraudeurs c est bien c est bon à savoir!
Auto entrepreneur ... mdrr qu est ce que vous avez entrepris??lool
a écrit le 11/06/2015 à 12:10 :
Uber pop a le mérite de donner le coup de pied dans la fourmilière. la profession de taxi vit sur une réglementation malthusienne et archaïque. En effet les professionnels en place ont intérêt à bloquer les créations pour augmenter artificiellement la valeur des licences qui contrairement aux autres entreprises ne reposent pas sur une rentabilité économique mais sur une pénurie organisée.(à titre d'exemple dans une ville que je connais bien en un an et demi la valeur de la licence est passée de 210 K€ à 230 K€ uniquement parce qu'il y a peu de licences sur le marché alors que la situation économique de la ville n'est pas folichonne!) De plus que penser de quelqu'un qui a obtenu une création de licence gratuite et la vend plus de 200 K€ qu'est ce qui justifie cette plus value? Il faudrait également que les services fiscaux fassent leur travail. Tout le monde sait que taxi égal black (environ 30% du CA) mais tout le mode ferme les yeux! Dernier point les premiers coupables sont les acheteurs il faudrait qu'ils comprennent que si ils achètent au prix fort ils ne feront pas la culbute comme leur vendeur et ce seront eux les dindons de la farce!
Réponse de le 11/06/2015 à 22:46 :
Vous confondez Uber et Uberpop !
Oui aux VTC qui sont des professionnels! Uberpop, que certains appellent "chauffeurs occasionnels " ne sont rien d'autres que des "chauffeurs non déclarés" !! N'oubliez pas : ils ne paient pas de charges sociales... c'est VOUS qui cotisés pour eux !!
Réponse de le 12/06/2015 à 9:06 :
@@gabuzo vous avez certainement raison je ne connais pas la différence entre Uber et Uber pop. c'est également possible que certains chauffeurs ne soient pas déclarés et que nous payons pour eux. Ce que je veux dénoncer c'est cette réglementation aberrante de la profession et surtout que les acheteurs prennent conscience que c'est eux qui maintiennent artificiellement le niveau de prix actuels. si ils réfléchissent un peu et refusent les pris disproportionnés proposés par les vendeurs les prix vont baisser!
a écrit le 11/06/2015 à 9:11 :
Notre élite adore les taxis et les notes faramineuses aux frais du contribuable que ce soit en voiture où en jet privé avec ces enfants ils continuent de vivre comme des seigneurs coupés de la réalité du monde.. Donc les taxis à la papa même soutenu par ce gouvernement devront évoluer face à la concurrence liée à l'internet où disparaître comme
les anciennes diligences.
a écrit le 11/06/2015 à 2:56 :
Les prix des licences s'effondrent.
Les taxis légitimement s'élèvent contre Uber pop,mais ne vont finalement que forcer les gens qui exercent sous Uber pop à se diriger vers Uber x pour bénéficier d'une structure légale.
Spirale infernale qui les mènera à fixer définitivement la valeur faciale de leurs licences à zéro,du moins en province.
La nouvelle donne fait que les vtc deviennent leader sur le marché de la réservation,et les taxis devront se recentrer sur le marché de la rue dans les grandes villes.
S'ils savent operer cette mutation,il ont encore une carte à jouer.
Sinon: game over.
Réponse de le 11/06/2015 à 10:32 :
Ne pas oublier que les premieres licences de taxis étaient totalement GRATUITE !!! C'est un juste retour des choses !
Réponse de le 11/06/2015 à 12:59 :
Appliquez votre principe,et revendez votre maison au prix que vous l'avez obtenue il y'a 20 ans.
La spéculation n'est pas propre au millieu du taxi...
Réponse de le 12/06/2015 à 9:24 :
@@faché il y a quand même une différence importante la maison elle a eu un coût de construction ou un coût d'achat alors que la licence par définition si elle est gratuite elle n'a rien couté et je trouve scandaleux que quelqu'un touche 200 K€ sans avoir rien fait de particulier. C'est mieux que le loto puisque certains gagnaient à coup sûr et en plus il ne payaient même pas leur ticket!
a écrit le 10/06/2015 à 20:58 :
Et voilà la France : tout ce qui n'est pas expressément autorisé par la loi est interdit. Loi étriquées, encadrement de la liberté d'entreprendre, principe de précaution, tous les prétextes sont bons : innovation = concurrence déloyale.
Il est évident que google, mappy, amazon et uber font l'avenir.
a écrit le 10/06/2015 à 19:04 :
pour prendre un taxi faut être totalement co.
Réponse de le 13/06/2015 à 23:54 :
Pour écrire un commentaire comme celui là il faut être complètement c..
Réponse de le 14/06/2015 à 10:12 :
Vous devez être chauffeur de taxi vous avez oublié qu'il y a maintenant de nombreux transports de substitution mais vous pensez que vous avez toujours le monopole donc vous êtes toujours aussi .....
a écrit le 10/06/2015 à 16:02 :
Quand on n'avance pas, on recule.
Réponse de le 10/06/2015 à 18:35 :
Qu est ce que vous voulez dire??
Renseignez vous un minimum avant de faire des com.
Uber pop ce sont des particulier étudiant chômeur aux assedic aux rsa qui cumule leurs allocations officiel en faisant du transport avec leur propre voiture totalement au black.
Les gens ont des avis sur tout mais ils ne connaissent rien!!
Réponse de le 11/06/2015 à 13:43 :
Les uber pop ont l'obligation d'être sous le statut auto entrepreneur.. ils payent donc des charges sociales comme tout bon entrepreneur.
Après certains ne se déclarent pas mais dans quels métiers n'y a -t-il pas de fraudeurs ???

Pour votre dernière phrase je n'aurais pas dis mieux à votre sujet
Réponse de le 13/06/2015 à 23:57 :
DSL pour être UBER POP il n'est pas nécessaire d'être enregistrer a la chambre des métiers ou du commerce. Donc pas nécessaire d'être auto entrepreneur.
Réponse de le 14/06/2015 à 10:12 :
L'homme qui a réponse à tout mais qui ne sait rien vous confondez travail au black et d'autres qui déclarent mais comme pour vous tout est nébuleux c'est tout à fait normal.
Réponse de le 14/06/2015 à 10:12 :
L'homme qui a réponse à tout mais qui ne sait rien vous confondez travail au black et d'autres qui déclarent mais comme pour vous tout est nébuleux c'est tout à fait normal.

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