Arrêts maladie payés par les entreprises : le patronat s'insurge
latribune.fr

L'avenir de l'assurance maladie passe par des reformes, selon la cour des comptes
Regis Duvignau
latribune.fr

L'avenir de l'assurance maladie passe par des reformes, selon la cour des comptes
Regis Duvignau
Elle sera en première ligne à la rentrée. La ministre de la Santé Agnès Buzyn a confirmé dimanche au Journal du Dimanche (JDD) plancher sur l'hypothèse d'un remboursement des arrêts maladie de courte durée par les entreprises. Début août, nos confrères des Echos avaient effectivement indiqué que le gouvernement prévoyait un basculement de quatre jours d'indemnisation de la Sécu vers les employeurs pour les arrêts de moins de huit jours. Actuellement, les indemnités journalières sont financées par la Sécurité sociale à hauteur de 50% de la rémunération après un délai de carence de trois jours.
Dans les colonnes du Parisien ce 13 août, Patrick Martin, le numéro 2 du Medef, accuse le coup et parle d'une "double peine" pour les employeurs.
Fin juillet, les trois leaders patronaux (Medef, CPME et U2P) avaient déjà écrit à Édouard Philippe pour protester contre cette charge supplémentaire de 900 millions d'euros pour les employeurs. En réponse, le Premier ministre avait indiqué qu'il ne souhaitait pas y aller au bras de fer avec les organisations syndicales, tout en confirmant qu'il "engagera des travaux pour rendre plus cohérent" le système des arrêts de travail.
D'après le dernier rapport de la Commission des comptes de la Sécurité sociale, les indemnités pour arrêt maladie ont représenté au total en 2017 un peu plus de 10,3 milliards d'euros, soit une hausse de 4,4 % en un an.
Cette réforme du système des arrêts de travail s'inscrit dans une politique plus large de réduction des dépenses de la Sécurité sociale. Pour la branche maladie, après 1,9 milliards d'euros d'économies réalisées en 2018, Nicolas Revel, le directeur général de la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM) vise une réduction des dépenses de 2,01 milliards d'euros en 2019, hors action sur les médicaments (qui sont du ressort de l'État).
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Pour atteindre cet objectif, la ministre de la Santé envisage, entre autres, de développer la chirurgie ambulatoire - objectif d'un million de séjours en ambulatoire de plus d'ici à 2022 -, de lutter davantage contre la fraude et les abus, et de favoriser les médicaments génériques, insuffisamment diffusés en France.
(avec AFP et Reuters)
latribune.fr