Assurance chômage : pourquoi Michel Barnier sera tenté de maintenir la réforme

Fanny Guinochet
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Stephane Mahe

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Depuis son arrivée jeudi à Matignon, Michel Barnier a parlé de la justice fiscale, de la réforme des retraites, mais il n'a pas évoqué l'épineux dossier de la réforme de l'assurance chômage.
Reporté d'abord à fin juillet, le projet de durcir les droits des demandeurs d'emploi a finalement été repoussé, par décret, par l'ancien locataire de Matignon, Gabriel Attal, au 31 octobre. D'ici à fin octobre, le nouveau Premier ministre doit donc trancher : soit il laisse la réforme se mettre en place le 1er décembre, comme prévu initialement, soit il décide de l'abandonner, et d'opter pour un autre projet.
Mais dans ce cas, Michel Barnier devra alors relancer une négociation entre les partenaires sociaux pour fixer de nouvelles règles d'indemnisation. Et pour cause, selon la convention de l'Unédic, les précédentes sont arrivées à échéance le 30 juin dernier. Certes, elles ont été prolongées par décret, mais cette situation a vocation à être régularisée au plus vite.
Ouvrir une nouvelle négociation aurait la faveur des syndicats, tous hostiles au projet de réforme portée par le dernier gouvernement. De la CGT à la CFDT, en passant par FO ou la CFE-CGC, tous s'insurgent contre une énième réforme qu'ils jugent « injuste »et qui selon eux, « stigmatise les plus fragiles. »
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Le projet présenté par Gabriel Attal au printemps dernier, prévoit, en effet, un durcissement des conditions d'indemnisation des demandeurs d'emploi puisqu'il faudrait justifier de 8 mois de travail sur les vingt derniers mois, pour pouvoir toucher une allocation contre six mois sur vingt-quatre, actuellement. La période d'indemnisation serait elle aussi revue : elle passerait de dix-huit mois à quinze mois, hormis pour les seniors qui bénéficient d'un régime plus généreux.
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Fanny Guinochet