Attractivité : la France attire 6,7 milliards d'euros d'investissements étrangers supplémentaires

Le chef de l'Etat doit recevoir ce lundi près de 180 patrons étrangers dans le cadre du sommet Choose France au château de Versailles. Cet événement devrait être l'occasion de redorer l'image de la France à l'étranger après une période électorale bien moins favorable que prévu pour le chef de l'Etat. Sur les 14 investissements étrangers prévus, la grosse annonce concerne ST Microelectronics et Global Foundries, lesquels vont annoncer un investissement proche de 4 milliards d'euros pour créer une usine de semi-conducteurs en France.
Grégoire Normand
Emmanuel Macron doit recevoir une grande partie des dirigeants dans la prestigieuse galerie des Glaces pour un dîner lundi soir au château de Versailles.
Emmanuel Macron doit recevoir une grande partie des dirigeants dans la prestigieuse galerie des Glaces pour un dîner lundi soir au château de Versailles. (Crédits : Reuters)

Emmanuel Macron veut faire oublier la guerre en Ukraine et la pandémie. Après la longue séquence électorale du printemps, le chef de l'Etat reçoit ce lundi environ 180 patrons étrangers de 43 nationalités différentes dans l'enceinte prestigieuse du château de Versailles. Il s'agit « d'un record » selon l'entourage du quadragénaire. « D'habitude, il y a entre 120 et 130 patrons étrangers. Les patrons sont pressés d'entendre les ambitions du président pour les cinq prochaines années », ajoute-t-on.

Les dirigeants de Coca Cola , Disney, Citigroup, JP Morgan et Morgan Stanley, Merck, Fedex, Randstad ou encore Accenture ont été annoncés. Plusieurs fonds seront également là comme Ardian ou Tikehau « pour montrer le savoir-faire de la France ». Bruno Le Maire doit recevoir les patrons étrangers lundi midi pour le déjeuner avec plusieurs autres ministres également conviés à ce sommet avant plusieurs tables-rondes et entretiens bilatéraux dont certains devraient se dérouler à huis clos.

Cet événement intervient dans un contexte politique et économique beaucoup moins favorable qu'il y a cinq ans. Les résultats des élections législatives au mois de juin vont sans doute obliger le gouvernement à chercher des compromis à l'Assemblée nationale pour faire passer son programme de réformes parfois contestées. En outre, la guerre en Ukraine et la crise énergétique ont plongé un grand nombre d'entreprises dans un épais brouillard.

Beaucoup d'investisseurs internationaux pourraient reporter ou annuler certains projets dans les cartons avant l'éclatement du conflit. Sur le front social, la poussée inflationniste est en train d'alimenter la grogne sociale. Partout sur le territoire, des mouvements de grève et des revendications salariales se multiplient à l'intérieur des entreprises. Pour le gouvernement, cette opération de communication est l'occasion de redorer l'image de l'économie hexagonale à l'étranger, fragilisée par tous ces mouvements sociaux.

6,7 milliards d'euros d'investissements annoncés et 4.000 emplois crées

Au total, près de 6,7 milliards d'euros d'investissements devraient être annoncés durant la journée. Les 14 projets attendus devraient permettre de créer 4.000 emplois pérennes. La grosse annonce concerne ST Microelectronics, le fabricant franco-italien de semi-conducteurs et Global Foundries, le fondeur américain qui fournit des puces pour le compte de tiers, lesquels vont annoncer la création d'une usine de semi-conducteurs en France. Un investissement proche de 4 milliards d'euros.  Par ailleurs, le groupe Amadeus (Espagne) spécialisé dans la gestion technologique pour réservation de voyages prévoit d'embaucher près de 800 personnes cette année à Sophia Antipolis dans un centre de recherche et développement. Le transporteur italien Trenitalia prévoit quant à lui de créer environ 100 emplois en France dans le contexte de l'ouverture à la concurrence du ferroviaire.

De leur côté, Fedex spécialisé dans la logistique ou encore Accenture devraient recruter respectivement 1.200 et 500 personnes dans l'Hexagone. Enfin, le groupe Randstad (intérim) devrait embaucher à tour de bras avec 7.000 emplois pour de nombreux secteurs (industrie, transport, logistique) mais il ne s'agit pas dans ce cas d'emplois pérennes.

La France, pays le plus attractif d'Europe depuis trois ans mais perd des parts de marché à l'étranger

L'attractivité de la France tend à se confirmer d'année en année. Selon les derniers résultats du baromètre EY, l'Hexagone occupe la première place du podium en Europe devant l'Allemagne et le Royaume-Uni avec plus de 1.200 projets annoncés en 2021. « L'attractivité économique de la France s'exprime à la fois au sein de grandes métropoles régionales, mais aussi dans les agglomérations de taille plus modeste puisque 43 % des investissements en 2021 se localisent dans des agglomérations de moins de 200 000 habitants », selon l'Elysée.

Le pays bénéficie du « prolongement d'un effet Macron » de libéralisation du marché du travail et de baisse de la fiscalité des entreprises, quand le Royaume-Uni reste pénalisé par un « effet Brexit » et l'Allemagne par un « effet plein emploi »qui complique les recrutements, notait EY en mai. En dépit de ces bons résultats en termes d'attractivité, l'appareil productif français est loin d'avoir retrouvé son niveau d'activité d'avant crise. En outre, la France a perdu de nombreuses parts de marché dans une grande variété de secteurs comme le rappelait une étude de l'institut Rexecode en février dernier.

Le périlleux défi de la réindustrialisation

Les deux longues années de pandémie et la guerre en Ukraine ont jeté une lumière crue sur l'état de l'industrie tricolore. Entre les pénuries de masques et de médicaments, les difficultés d'approvisionnement pour l'industrie automobile et aéronautique, les déboires s'accumulent pour l'économie française.

Face à cette industrie fragilisée par des années de crise et de délocalisations, le nouveau ministre en charge de l'industrie, Roland Lescure arrivé à Bercy il y a à peine une semaine, aura la lourde tâche de mener à bien la réindustrialisation de l'Hexagone. Cette mission devrait principalement passer par le plan d'investissement France 2030 présentée à l'automne 2021 par le président Macron.

Cette enveloppe d'environ 30 milliards d'euros qui vise à réconcilier « innovation et industrie » doit permettre de financer les petits réacteurs nucléaires (1 milliard), l'avion bas carbone (4 milliards d'euros), les énergies renouvelables (500 millions d'euros), la décarbonation de l'industrie, l'agriculture et l'agroalimentaire (2 milliards d'euros) ou encore la santé (7,5 milliards d'euros).

En parallèle, les différents gouvernements depuis une dizaine d'années ont mené des politiques d'offre basées sur la baisse des prélèvements obligatoires (CICE, transformation du CICE en baisse pérenne de cotisation, baisse de l'impôt sur les sociétés, baisse des impôts de production). Toutes ces mesures sont loin d'avoir empêché des délocalisations d'industries tricolores et de creuser le déficit commercial de la France. Les multinationales françaises ont ainsi délocalisé une grande partie de leur production à l'étranger. Reste à savoir si le nouveau gouvernement fraîchement nommé va réussir à renverser la vapeur dans les cinq prochaines années.

Grégoire Normand

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Commentaires 24
à écrit le 12/07/2022 à 20:16
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Bonjour, Je ne comprends pas que avec toute l'attractivité de notre pays qu'ils y est tellement de gents qui ne travaille pas.... Bon ils faut juste traverser la rue pour être exploité... Bien sûr, si le salarié horaires est au SMIC, l'ons ne vous...

à écrit le 12/07/2022 à 13:19
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Souvenir : Le nouveau Premier ministre Jean Castex a réservé au lendemain de sa nomination, le 4 juillet 2020, son première déplacement à l’usine de X-Fab à Corbeil-Essonnes. Une entreprise de fabrication de puces confrontée à une double pression ...

à écrit le 11/07/2022 à 22:15
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Le retour de l'industrie électronique en France me fait plaisir, dommage je suis à la retraite pour voir ça. On avait tout, du personnel formé de grandes écoles, etc. On a du changer de métier l'électronique faisait partie des métiers disparus.

à écrit le 11/07/2022 à 21:40
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Mesdames et messieurs !! La France ! "La soeur de Jean-Noël Barrot, nouveau ministre du numérique, est directrice de la communication Uber Europe."

à écrit le 11/07/2022 à 21:00
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6,7 milliards d euros , c est la moitie d un EPR flamanville a 13 milliards d euros.

à écrit le 11/07/2022 à 17:25
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L'attractivité de la France qui va faire tomber l'Euro sous la parité avec le dollar US...

le 11/07/2022 à 18:53
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La parité avec le dollar provientt uniquement de la différence des taux d'intérêt décidé par la réserve fédérale et de la BCE. Informez vous avant d'écrire.

le 11/07/2022 à 19:33
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@marc469 Sais-tu au moins ce qu'est une monnaie flottante? Si la France croulaient sous les investissements étrangers en Euro alors celui-ci serait plus fort que l'étalon dollar US...

à écrit le 11/07/2022 à 16:44
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Investisseurs qui vont vouloir un retour sur investissement, ce qui va appauvrir la France in fine

le 11/07/2022 à 18:53
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Vous êtes contre la création d'emplois ?

à écrit le 11/07/2022 à 9:39
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C est la periode des soldes depuis que Macron est entré au gouvernement Hollande C est normal que les etrangers achetent chez nous

le 11/07/2022 à 15:42
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la France n est pas une grande entreprise . politique ! hélas n a elle pas perdue le contrôle de son industrie ? (Alstom année 2017 ,,,, en autre

le 11/07/2022 à 15:53
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Le vrai problème c'est que les étrangers achètent depuis longtemps les entreprises Françaises. Pourquoi ? Parce que le Français qui en expert financier donne des leçons à l'état (rires) n'aime pas les risques. Il met son épargne dans des livrets défi...

à écrit le 11/07/2022 à 9:15
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C'est sur qu'avec un Président Uber Eat qui vend la dévaluation intérieure francaise c'est à dire son appauvrissement par contournement des lois du travail à des esclavagistes venus d'amérique, descendant des bolcheviks purgés par Staline, on devient...

le 11/07/2022 à 9:34
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dans une democratie au fonctionnement normal la demission vas de soit et les autres autorites serais juge. mais voila c'est en france on puni certain qui font de l'evasion fiscale mais quand ils sont au pouvoir il ont tous les droits et impunité...

le 11/07/2022 à 10:41
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Uber a permis à des sans emploi d'en trouver 40.000 emplois ont été créés. Vous préférez les chômeurs ?

à écrit le 11/07/2022 à 8:59
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"après une période électorale bien moins favorable que prévu", question de point de vue. S'il n'y avait eu la guerre en Ukraine, la complicité des médias et tout un tas de moutons que cela rassurait de reconduire Macron en période de guerre, on l'aur...

le 11/07/2022 à 10:43
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Vous auriez préféré le RN au pouvoir avec ses mesures économiques farfelues ?

à écrit le 11/07/2022 à 7:45
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Faites nous croire des sornettes, on ne peut rien vérifier! Question attractivité, même le français a envie de s'en éloigner!

à écrit le 11/07/2022 à 7:34
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Ce qui attire les investisseurs ce sont ce qui reste des services publics et ses infrastructures. Mais cela ne va pas durer avec la casse planifiée de tous les services publics, France Telecom, ED/GDF, SNCF, RATP, Hôpitaux publics, Ecole, université,...

le 11/07/2022 à 10:46
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Vous pensez que les services publics marchent bien ? Vous n'êtes pas difficile.

à écrit le 11/07/2022 à 7:32
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Encore des sols artificialisés, encore des envahisseurs désireux d'une politique ultralibérale. Encore ce diktat de la croissance, de l'investissement, de l'offre, du PIB, du toujours moins d'impôts. Ras le bol de ce diktat du fric sous un soleil tor...

à écrit le 11/07/2022 à 7:25
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Mouais, faire de l'emploi pauvre subventionné, je ne sais pas si c'est la bonne équation économique. A grand dos d’exonération fiscale... C'est sur, ça fait toujours bien de conseiller Uber et compagnie. On voit les conséquences sociales... ça va ali...

à écrit le 11/07/2022 à 7:08
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Coca-Cola et Disney, des investisseurs de choix...

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