[Article publié le mercredi 18 octobre 2023 à 16h23 et mis à jour à 18h43] Dans un contexte de pénurie de logement, l'exécutif s'attaque à la fiscalité - jusqu'ici très incitative - des locations meublées de courte durée, et en particulier des offres touristiques et des chambres d'hôte. « Nous allons prendre une mesure sur les locations meublées classées, type Airbnb (...). Nous réduirons l'abattement fiscal à 50% pour que ces Airbnb reviennent sur le marché », avait ainsi prévenu Bruno Le Maire dans les colonnes du Parisien, fin septembre. Depuis, Bercy a donné son feu vert aux députés de la majorité pour plancher sur des amendements en ce sens, dans le cadre du projet de loi de finances 2024, dont le premier volet consacré aux recettes est examiné depuis mardi à l'Assemblée. L'article 49.3 de la Constitution a été dégainé ce mercredi par Elisabeth Borne, afin d'adopter cette première salve d'ajustements fiscaux, sans vote.
Ce mercredi, le gouvernement a indiqué avoir retenu une « solution d'équilibre » sur la réforme du régime d'imposition des revenus locatifs pour les locations de meublés de tourisme classés, indique une source à Bercy. Dans le détail, le ministère de l'Economie va ainsi aligner la fiscalité des meublés de tourisme classés sur celle des meublés non-classés, l'abattement passant ainsi de 71% à 50%. Le seuil du chiffre d'affaires pour bénéficier de cet abattement est abaissé à 77.000 euros, complète-t-on au ministère de l'Economie. A l'heure actuelle, 90.000 foyers fiscaux sont concernés par l'abattement de 71% pour les meublés de tourisme classés, en zone tendue, où il existe des difficultés de logements. Bercy reconnaît ne pas avoir de chiffre plus précis, y compris sur l'impact de cette mesure, en termes de recettes.