Le plan du Ségur de la santé consiste en une hausse du salaire de 1,5 million des soignants et des agents hospitaliers, pour un montant total de 8,2 milliards d'euros en 2020.
Alors que le budget de la Sécu vient d'être définitivement adopté, plusieurs parlementaires s'inquiètent déjà d'un déficit hors norme. Et la question du financement du Ségur de la santé reste toujours en suspens.
Les parlementaires peuvent souffler, plus de quatre mois après leur présentation, les budgets pour 2025 sont enfin clos. Lundi, le Sénat a adopté définitivement le projet de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Un soulagement de courte durée puisque ce texte est le fruit de nombreux compromis, en particulier sur les exonérations de cotisations patronales ou encore sur les retraites. « Il est évident que ce texte n'est pas à la hauteur des enjeux », a noté la rapporteure centriste Elisabeth Doineau, qui appelle à faire « davantage pour réduire le déficit dans les textes à venir ».
Ce dernier va en effet atteindre les 22,1 milliards d'euros, au lieu des 16 milliards initialement calculés, et des sources parlementaires s'inquiètent d'une facture réelle encore nettement en hausse d'ici à la fin de l'année. Le Sénat avait bien prévu sept heures de travail supplémentaires non rémunérées pourles salariés, afin d'alléger quelque peu la facture, sans succès.
Mais, à droite comme à gauche, personne n'est revenu sur l'une des principales raisons connues de ce déficit important : le Ségur de la santé. Cette réforme de 2020, du nom de l'adresse du ministère de la Santé, consiste en une hausse du salaire de 1,5 million des soignants et des agents hospitaliers, pour un montant total de 8,2 milliards d'euros. Cette mesure a été prise au plus fort de la pandémie de Covid-19, se voulant « une reconnaissance considérable à l'égard de celles et ceux qui ont été en première ligne dans la lutte contre cette épidémie », avait alors déclaré Emmanuel Macron. Problème : cette réforme n'a pas été financée par les politiques à l'époque.
« Le déficit de la Sécurité sociale en 2023 était de 11 milliards d'euros en 2023. Le coût du Ségur de la santé, quant à lui, de 13 milliards d'euros », explique Nicolas Da Silva, économiste spécialisé dans la protection sociale et maître de conférences à l'université Paris 13. « Aucune nouvelle recette n'est venue le financer ».
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