Au lendemain du discours de politique générale prononcé par François Bayrou devant l'Assemblée nationale, le secteur de la santé se trouve une nouvelle fois chamboulé. En première ligne : les mutuelles. « La mesure de déremboursement de certains médicaments et des consultations ne sera pas reprise », a annoncé le Premier ministre le 14 janvier. Pour rappel, la mesure de déremboursement des médicaments avait conduit à la censure du gouvernement Barnier. Lors des débats autour du premier budget de la Sécu, il était alors convenu que l'Assurance maladie abaisse son seuil de remboursement de 5% sur les consultations médicales et de 5% sur les médicaments.
Cette augmentation - 6% en moyenne, selon la Mutualité Française - devait leur permettre de faire face à la hausse de leurs remboursements des consultations médicales et des médicaments, à la place de l'Assurance maladie qui devait baisser sa participation. Selon des informations de presse, le gouvernement envisagerait notamment d'augmenter la taxe de solidarité additionnelle, versée par les complémentaires santé pour financer la C2S, la complémentaire santé des plus fragiles.
La Mutualité Française a réagi immédiatement, dénonçant une mesure « qui impacterait mécaniquement le pouvoir d'achat des Français et serait antinomique avec l'idée d'une construction pluriannuelle associant les acteurs ». Au-delà de cette taxe, les mutuelles alertent sur l'impasse financière dans laquelle elles se trouvent. De fait, le vieillissement de la population augmentera le nombre d'actes à rembourser, pesant de plus en plus sur le dos des complémentaires santé et de la Sécurité sociale.