Le projet de loi de Finances de la Sécurité sociale est examiné ce lundi au Sénat. Son vote ne devrait pas poser de problème, après son adoption en 49.3 par l'Assemblée nationale. Si, pour le gouvernement, avoir un budget de la Sécurité sociale est sans nul doute, un soulagement, la question de son respect est cependant loin d'être assurée.Le parcours du budget de la Sécurité sociale pour 2025 doit prendre fin au Sénat ce lundi. Sauf coup de théâtre, le texte devrait être adopté sans difficulté par la chambre haute, qui a pris soin de ne pas le modifier, pour éviter tout risque de censure. Il devrait donc rester dans les mêmes termes que lors de son passage devant l'Assemblée nationale la semaine dernière.
La suite ne sera toutefois pas un long fleuve tranquille pour le gouvernement Bayrou.
Un déficit à plus de 22 milliards d'euros
Et pour cause, la copie affiche un niveau de dépenses très élevé. Pour la seule partie maladie, la hausse des dépenses attendue cette année atteint 3,4 %, contre 2,8 % initialement prévus. Soit une dizaine de milliards d'euros en plus par rapport à l'an dernier. En cause, les concessions faites par François Bayrou aux socialistes sur l'hôpital public. Près d'un milliard d'euros supplémentaire a ainsi été ajouté. Idem du côté du fonds d'urgence en faveur des établissements d'hébergement pour les personnes âgées dépendantes ( Ehpad), dont près des deux tiers sont en déficit. Le Premier ministre a triplé sa dotation pour atteindre 300 millions d'euros.
A contrario, le locataire de Matignon a revu à la baisse les recettes. Du côté des tickets modérateurs et donc du reste à charge pour le patient, Matignon a dû remballer toute hausse pour ne pas déclencher les foudres du PS. Et, pour s'accorder les bonnes grâces du bloc macroniste, il lui a fallu revoir sa copie sur la suppression les exonérations de cotisations sociales aux entreprises.