Budget : le cri d'alarme des économistes sur le coût social et la compétitivité
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Les ministres Antoine Armand (Economie) et Laurent Saint Martin (Comptes publics) à Bercy.
Reuters
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Les ministres Antoine Armand (Economie) et Laurent Saint Martin (Comptes publics) à Bercy.
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L'économie française s'apprête à rentrer dans une zone de fortes turbulences. Dans le collimateur de la Commission européenne et des agences de notation, le gouvernement a présenté sa stratégie budgétaire à moyen terme en Conseil des ministres ce mercredi 23 octobre. L'exécutif veut convaincre ses partenaires européens de son « sérieux budgétaire » après les violents dérapages des finances publiques constatés en 2023 et 2024. Et ce, grâce à un projet de loi de finances qui prévoit, pour l'année prochaine, 60 milliards d'euros d'économies 40 milliards d'euros de coupes budgétaires et 20 milliards de hausses d'impôts. Un programme qui n'est pas sans conséquences.
Auditionnés en commission des finances du Sénat le même jour, les économistes Anne-Laure Delatte (Paris-Dauphine), Olivier Redoulès (Rexecode) et Natacha Valla (conseil national de la productivité) ont, en effet, sonné l'alerte sur les conséquences économiques et sociales du budget 2025. De son côté, le gouvernement a tenté de minimiser l'impact du projet de loi de finances sur l'économie comme l'a expliqué à La Tribune le rapporteur général du budget Charles de Courson (Liot). Mais cette posture est de plus en plus décriée chez les députés et les économistes.
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Si le gouvernement table sur une croissance du PIB de 1,1% en 2024 et 2025, cette prévision est jugée « optimiste », par le Haut conseil des finances publiques (HCFP), car il ne prend pas assez en compte les répercussions néfastes du resserrement budgétaire. Ce tour de vis, inédit depuis le début des années 2010, risque de provoquer des effets récessifs en cascade sur la croissance économique. « Des économies de 10 milliards d'euros entraînent une baisse de 7 milliards d'euros de l'activité. Il y a un effet multiplicateur », a calculé l'économiste Anne-Laure Delatte, en s'appuyant sur le modèle Mesange utilisé par le Trésor et l'Insee. La semaine dernière, l'Observatoire français des conjonctures économiques a indiqué que le budget 2025 amputerait la croissance économique de 0,8 point de produit intérieur brut (PIB).