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Pourquoi les Français font moins de bébés

latribune.fr

Publié le 04 janvier 2024 à 14:12 - Mis à jour le 05 janvier 2024 à 07:15

En novembre 2023, 1.877 bébés sont nés en moyenne par jour. C'est 5,1 % de moins qu'en novembre 2022.

En novembre 2023, 1.877 bébés sont nés en moyenne par jour. C'est 5,1 % de moins qu'en novembre 2022.

Reuters

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Le nombre de naissances a chuté de 6,8% entre les 11 premiers mois de l'année 2023 et ceux de 2022. Et ce alors même que la natalité s'est avérée historiquement basse en 2022. Une dynamique de baisse qui est continue depuis 2011 et qui pourrait avoir des effets négatifs sur l'économie du pays. Explications.
Record inquiétant. Entre janvier et novembre 2023, l'Insee a comptabilisé 621.691 naissances, a annoncé l'institut ce jeudi. Un nombre en recul de 6,8% (45.000 naissances de moins) sur les onze premiers mois de 2023 par rapport à la même période de 2022... année pourtant historiquement faible. En effet, sur l'ensemble de l'année 2022, 726.000 bébés ont vu le jour, soit le plus faible nombre sur un an depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Cette année-là, on a observé un recul des naissances

 dans toutes les régions françaises, sauf à Mayotte et en Corse.

En novembre 2023, 1.877 bébés sont nés en moyenne par jour. C'est 5,1 % de moins qu'en novembre 2022. Il s'agit du 17e mois consécutif de baisse par rapport au même mois un an auparavant. Une dynamique qui n'a rien de récent. 

Depuis 2011, le nombre de naissances a, en effet, reculé chaque année en France, à l'exception de 2021, qui a connu un léger rebond après les confinements liés au Covid-19.

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Inquiétudes sur l'économie française

Une situation qui inquiète nombre d'économistes puisque le vieillissement de la population pourrait avoir plusieurs effets sur l'économie française. D'une part, la présence d'un moindre nombre d'enfants a un effet « positif » sur les finances publiques puisque cela signifie « moins de dépenses en matière d'éducation, de soins et d'allocations », explique Hippolyte d'Albis, professeur à l'Ecole d'économie de Paris. Le pays peut alors investir dans d'autres domaines.

Mais ce n'est une bonne nouvelle qu'à court terme et cela peut devenir très problématique à moyen et long terme. La situation peut se complexifier lorsque ces générations atteignent l'âge adulte : la part de la population active, dont dépend le « dynamisme d'une économie et l'équilibre des comptes sociaux », risque de diminuer. Pour rappel, aujourd'hui, la population active représente quelque 40% de la population totale en France. Une baisse de la population en âge de travailler et de consommer qui risque de fortement amputer la croissance.

«On peut toutefois jouer sur d'autres leviers pour accroître la population active: par exemple, favoriser l'emploi des seniors, des femmes ou avoir recours à l'immigration», ajoute l'économiste.

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Stimuler la natalité pour inverser la tendance

Pour éviter une dégradation de l'économie française dans le futur, plusieurs pistes sont en réflexion. Il faut d'abord noter que la baisse de la natalité est multifactorielle. L'Insee met en avant un facteur démographique: le nombre de femmes de 20 à 40 ans, soit en âge de procréer, a diminué. Mais un autre élément d'explication vient des choix de la population. « Pour fonder une famille, il faut avoir de l'espoir. Or les jeunes générations sont peut-être plus habitées par l'inquiétude quant à leur avenir », commente auprès de l'AFP Catherine Scornet, maîtresse de conférence à l'Université d'Aix-Marseille. Ainsi, l'inflation, le contexte de guerre en Ukraine et au Moyen-Orient ainsi que le réchauffement climatique créent un « climat d'incertitude » qui peut freiner l'envie d'avoir un enfant, ajoute-t-elle.

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Enfin le contexte culturel est aussi à prendre en compte. « Les femmes diplômées sont celles qui se projettent le plus en dehors de la maternité, elles s'investissent et s'épanouissent dans d'autres domaines personnels ou professionnels », précise Catherine Scornet.

L'inversion de la tendance pourrait donc venir par l'incitation.

«Les politiques publiques efficaces sont celles qui rendent la vie plus facile aux parents. Ainsi, les personnes qui hésitent à franchir le pas et à avoir un enfant voient que cela n'implique pas un sacrifice insurmontable», indique à l'AFP Laurent Toulemon, directeur de recherche à l'Institut national d'études démographiques (Ined).

En revanche, les mesures natalistes qui consistent à donner un bonus financier lors d'une naissance restent peu efficaces. « Les gens savent que faire des enfants implique des dépenses sur le long terme », souligne le démographe.

La France malgré tout en haut du classement européen

Néanmoins, bien qu'il soit en repli, le taux de fécondité de la France reste le plus élevé de l'Union européenne, avec 1,84 enfant par femme en 2021, selon Eurostat. La moyenne de l'UE atteint 1,53.

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Un chiffre relativement bon dû en partie à une politique familiale « solide » depuis des décennies. D'autres pays sont dans une situation bien plus alarmante. En Corée du Sud par exemple, malgré une politique volontariste, la fécondité reste basse. « Les femmes savent qu'elles devront quand même effectuer des sacrifices énormes pour élever des enfants, du fait des normes sociales », relève Laurent Toulemon.

(Avec AFP)

latribune.fr

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