Pourquoi les Français font moins de bébés
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En novembre 2023, 1.877 bébés sont nés en moyenne par jour. C'est 5,1 % de moins qu'en novembre 2022.
Reuters
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En novembre 2023, 1.877 bébés sont nés en moyenne par jour. C'est 5,1 % de moins qu'en novembre 2022.
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dans toutes les régions françaises, sauf à Mayotte et en Corse.
En novembre 2023, 1.877 bébés sont nés en moyenne par jour. C'est 5,1 % de moins qu'en novembre 2022. Il s'agit du 17e mois consécutif de baisse par rapport au même mois un an auparavant. Une dynamique qui n'a rien de récent.
Depuis 2011, le nombre de naissances a, en effet, reculé chaque année en France, à l'exception de 2021, qui a connu un léger rebond après les confinements liés au Covid-19.Une situation qui inquiète nombre d'économistes puisque le vieillissement de la population pourrait avoir plusieurs effets sur l'économie française. D'une part, la présence d'un moindre nombre d'enfants a un effet « positif » sur les finances publiques puisque cela signifie « moins de dépenses en matière d'éducation, de soins et d'allocations », explique Hippolyte d'Albis, professeur à l'Ecole d'économie de Paris. Le pays peut alors investir dans d'autres domaines.
Mais ce n'est une bonne nouvelle qu'à court terme et cela peut devenir très problématique à moyen et long terme. La situation peut se complexifier lorsque ces générations atteignent l'âge adulte : la part de la population active, dont dépend le « dynamisme d'une économie et l'équilibre des comptes sociaux », risque de diminuer. Pour rappel, aujourd'hui, la population active représente quelque 40% de la population totale en France. Une baisse de la population en âge de travailler et de consommer qui risque de fortement amputer la croissance.
Pour éviter une dégradation de l'économie française dans le futur, plusieurs pistes sont en réflexion. Il faut d'abord noter que la baisse de la natalité est multifactorielle. L'Insee met en avant un facteur démographique: le nombre de femmes de 20 à 40 ans, soit en âge de procréer, a diminué. Mais un autre élément d'explication vient des choix de la population. « Pour fonder une famille, il faut avoir de l'espoir. Or les jeunes générations sont peut-être plus habitées par l'inquiétude quant à leur avenir », commente auprès de l'AFP Catherine Scornet, maîtresse de conférence à l'Université d'Aix-Marseille. Ainsi, l'inflation, le contexte de guerre en Ukraine et au Moyen-Orient ainsi que le réchauffement climatique créent un « climat d'incertitude » qui peut freiner l'envie d'avoir un enfant, ajoute-t-elle.
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Enfin le contexte culturel est aussi à prendre en compte. « Les femmes diplômées sont celles qui se projettent le plus en dehors de la maternité, elles s'investissent et s'épanouissent dans d'autres domaines personnels ou professionnels », précise Catherine Scornet.
L'inversion de la tendance pourrait donc venir par l'incitation.
En revanche, les mesures natalistes qui consistent à donner un bonus financier lors d'une naissance restent peu efficaces. « Les gens savent que faire des enfants implique des dépenses sur le long terme », souligne le démographe.
Néanmoins, bien qu'il soit en repli, le taux de fécondité de la France reste le plus élevé de l'Union européenne, avec 1,84 enfant par femme en 2021, selon Eurostat. La moyenne de l'UE atteint 1,53.
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Un chiffre relativement bon dû en partie à une politique familiale « solide » depuis des décennies. D'autres pays sont dans une situation bien plus alarmante. En Corée du Sud par exemple, malgré une politique volontariste, la fécondité reste basse. « Les femmes savent qu'elles devront quand même effectuer des sacrifices énormes pour élever des enfants, du fait des normes sociales », relève Laurent Toulemon.
(Avec AFP)
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