Code du travail, CSG, fonctionnaires... les dossiers chauds ouverts par Macron

Le nouvel exécutif veut réformer. Vite. Mais le risque est élevé que cet élan provoque quelques tensions au sein de la société.
L'automne sera-t-il agité ? Pour le gouvernement, engagé sur plusieurs fronts, le risque existe.
L'automne sera-t-il agité ? Pour le gouvernement, engagé sur plusieurs fronts, le risque existe. (Crédits : © Philippe Wojazer / Reuters)

Fonctionnaires, réforme de du code du travail, CSG, préparation des lois de finances... Une fois les législatives passées, Emmanuel Macron et le gouvernement vont entrer dans le vif avec des sujets lourds et sensibles.

Bien entendu, la réforme du code du travail promise par le candidat Macron sera « LE » dossier. Cette réforme va en effet avoir valeur de test sur la capacité du nouveau président à aller jusqu'au bout - moyennant quelques concessions - sans mettre une partie de la France dans la rue. Aussi, symboliquement, le locataire de l'Elysée a très vite reçu l'ensemble des organisations syndicales et patronales... ces dernières le poussant d'ailleurs à agir vite.

Puis, c'est le Premier ministre Edouard Philippe qui, à son tour, a rencontré les leaders syndicaux. C'est maintenant au tour de la ministre du Travail, Muriel Penicaud - à compter de ce 1er juin - de recevoir tout le monde. L'important est donc de déminer et de concerter... mais sans lâcher l'essentiel. Ainsi, Edouard Philippe l'a dit et redit : il y aura un plafonnement des indemnités prud'homales. En revanche, sur les autres sujets évoqués - primauté de l'accord d'entreprise, référendum à l'initiative de l'employeur, simplification des instances de représentation du personnel, etc. - le gouvernement pourrait reprendre quelques suggestions des syndicats.

Des ordonnances adoptées le 20 septembre

En tout cas, les choses vont aller vite. Selon une source syndicale, le gouvernement aurait déjà bâti son calendrier Les ordonnances seraient adoptées lors du conseil des ministres du 20 septembre. Ainsi, la promesse d'Edouard Philippe d'agir « à la fin de l'été » serait tenue. Entre temps, L'examen et l'adoption par le Parlement de la loi d'habilitation à légiférer par ordonnance interviendraient entre le 24 et le 28 juillet. Et les projets d'ordonnances seraient ensuite envoyés au Conseil d'Etat "au plus tard" le 28 août.

Avec cette méthode, l'exécutif espère réformer dans un climat apaisé, ce que n'avait pas réussi Manuel Valls qui s'était heurté à l'opposition des parlementaires  - il avait dû recourir trois fois à l'article 49.3 de la Constitution pour faire adopter la loi El-Khomri - et à celles de la rue. Il faut dire qu'à la différence de François Hollande, Emmanuel Macron a été clair sur ses intentions en matière de réforme du marché du travail. Sa légitimité à réformer est, sur ce point, bien plus forte.

Hausse de la CSG de 1,7 point et mesures compensatoires

Un autre dossier important est sur la table : le transfert sur la CSG des cotisations salariales maladie (0,75%) et assurance chômage (2,40%), autre promesse de campagne d'Emmanuel Macron. Il devrait se régler dans le cadre du projet de loi de finances 2018. Selon le programme du président, la hausse de la CSG devrait être de 1,7 point - soit une recette supplémentaire d'environ 20 milliards d'euros - et elle concernerait un très large public : salariés, indépendants, fonctionnaire et... retraités. Mais, pour ces derniers, seuls seraient visés les retraités les plus « aisés », ceux dont les pensions sont actuellement soumises à une CSG de 6,6%. Un taux qui est appliqué à partir de 14.375 euros de revenus annuels pour les célibataires, et de 22.051 euros annuels pour les couples. Environ 60% des retraités seraient ainsi visé par cette hausse. Un argument « anti Macron », largement utilisé dans la campagne pour les législatives par « Les Républicains ».

Conscient du danger,  Emmanuel Macron a demandé, lors du Conseil des ministres du 31 mai, à ses ministres de réfléchir à des mesures compensatoires pour qu'il n'y ait pas de perdants

« Le président de la République a insisté pour que le travail soit fait dans le temps, en corrélation, pour que les retraités qui ne bénéficient pas d'une CSG à taux partiel et qui subiraient une augmentation de CSG puissent retrouver un gain de pouvoir d'achat par la suppression de la taxe d'habitation », a expliqué Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement .

De même, les indépendants pourraient bénéficier de baisses compensatoires de certaines de leurs cotisations sociales.

Les fonctionnaires sont sur leurs garde

Deux semaines après sa nomination à Bercy au ministère de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, l'ex-vice-président du conseil régional des Hauts-de-France Les Républicains a terminé ses échanges avec les syndicats de fonctionnaires.

Son programme ? Réaliser la promesse du candidat Macron de réduire 120.000 postes de fonctionnaires partant à la retraite, dont 70.000 à 75.000 postes dans les collectivités territoriales. Les associations d'élus locaux ne n'entendent pas de cette oreille et rappellent qu'ils ont la libre administration de leurs collectivités...

Selon les derniers chiffres publiés en avril par la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales dans son rapport d'activité, 37,4 % des 1,5 million d'actifs recensés sont âgés de plus de 50 ans, et 19,8 % (soit plus de 296.000 actifs) de plus de 55 ans.

Bien qu'il assuré ses interlocuteurs qu'il refusait d'ores et déjà toute approche "comptable", mécanique et qu'il souhaitait construire avec eux un " dialogue social original " , ces derniers sont inquiets. Certaines organisations syndicales s'inquiètent d'un durcissement des échanges à l'issue des élections législatives. FO était ressortie "inquiète des premiers échanges", la CFDT disait "ne pas être naïve", l'Unsa se déclarait "vigilante" tandis que la CGT est "désormais dans l'attente des résultats des élections législatives".

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Commentaires 26
à écrit le 03/06/2017 à 20:02
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Chirac et Villepin ont plié devant les blocages organisés par les syndicats et par les débordements de rue des lycéens et étudiants . Macron va connaitre le même sort avec la révolte des retraités et celle des chômeurs qu'il veut spolier en les priv...

à écrit le 02/06/2017 à 17:47
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En fait on a encore raté une restructuration globale de la fiscalité qui ne peut se décider que lors d'une élection présidentielle. Bien sûr qu'il faut faire disparaître les cotisations non contributives au profit de la CSG, mais en ayant fait aupara...

le 04/06/2017 à 20:02
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Les allocations chômage, les indemnités journalières versées par la sécu en cas d'arrêt maladie, des prestations non contributives ? C'est tout le contraire justement et c'est là que le bât blesse dans le projet Macron. Car au-delà de la mise à co...

à écrit le 02/06/2017 à 10:03
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aucune mesure d'ampleur pour réformer les administrations publiques et ses agents publics et territoriaux monsieur macron fera comme ses prédécesseurs par manque de courage et électorale ainsi que pour éviter la confrontation des syndicats des foncti...

à écrit le 01/06/2017 à 19:01
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Il ne s'agit pas de voler les retraités mais tout simplement de les faire cotiser au pot commun comme tout le monde : c'en est assez du cliché des retraités nécessiteux alors que leurs pensions sont parmi les plus élevées en europe, qu'ils bénéficien...

le 02/06/2017 à 6:24
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si c est du vol manifeste.quand on part a la retraite on paire plus qu un actif, la mutuelle s élève a plus de 200e/mois pour un couple...loyer eau gaz electricité,assurance ,impot sur le revenu,,taxe habitation,vous nos prenez pour des nantis ?? en...

le 02/06/2017 à 8:08
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@Avatar bonjour, intéressant votre commentaire mais tellement haineux et surtout un cliché avec quelques mensonges. Tout d’abord les 10 pour cent pour frais professionnels sont depuis longtemps plafonnés et de moins en moins de retraités sont conce...

le 02/06/2017 à 8:46
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Réponse de Déjà aigri? "Tout d’abord les 10 pour cent pour frais professionnels sont depuis longtemps plafonnés " Impôt sur le revenu : déclaration 2017 des revenus de 2016 Votre salaire est soumis à l'impôt sur le revenu après déduction des ...

le 02/06/2017 à 10:58
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bonjour, je répondais à Avatar concernant les retraités eux ont un plafonnement inférieur aux 10 pour cent selon les revenus de la retraite. Voir le code des impôts. bonne journée.

le 02/06/2017 à 13:19
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ben vous retourner votre propre haine contre vous meme , car vous serez quoi vous à 65 ans si vous y arrivez??? MDR!

le 01/09/2017 à 9:50
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Augmenter la CSG pour les retraités les plus riches OK le plafond de 14000E annuels est trop bas mensuel 1144E pour un célibataire ! s'il n'est pas propriétaire de son logement il paye un loyer, mutuelle hors de prix 120E , médicaments de moins en...

à écrit le 01/06/2017 à 18:05
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Macron et le gouvernement doivent s'attaquer rapidement aux collectivités locales qui dépensent sans compter et embauchent à tour de bras par clientélisme et incompétence (hors missions régaliennes où les fonctionnaires sont indispensables + la santé...

à écrit le 01/06/2017 à 17:37
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Diviser pour régner, la devise de Macron, les retraités contre les actifs , on épargne les fonctionnaires , du sur mesure. Pourtant, il y a des menaces lourdes dans ses projets. Cette assurance universelle , sera t-elle aussi avantageuse, les indemn...

à écrit le 01/06/2017 à 17:22
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Avec Moi président on était riche à partir de 4000 e par mois de revenus à deux avec son successeur on est riche à partir de 1200 e par mois pour un retraité....A cette allure, on sera bientôt considéré comme riche avec un bol de riz! Mr Macron n'ai...

le 01/06/2017 à 18:01
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@ ALBERT: + 10000 %

le 02/06/2017 à 13:21
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tout à fait ca macron!!! faut absolument lui faire barrage aux lesgislatives

le 01/09/2017 à 10:00
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D'accord avec vous! C'est pour ça qu'il n'est pas lui meme propriétaire il préfère etre locataire " A l'Elysée " c'est beaucoup plus avantageux ! NON ?

à écrit le 01/06/2017 à 17:21
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Allez ultime chance avant le passage d'un parti extrême, la dernière année de Hollande a été un gros coup de frein in extrémis au racket fiscal pour amortir la catastrophe électoral, c'est passé...tout juste.

à écrit le 01/06/2017 à 17:11
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"37,4 % des 1,5 million d'actifs recensés sont âgés de plus de 50 ans, et 19,8 % (soit plus de 296.000 actifs) de plus de 55 ans". Ils sont donc loin de la retraite.

à écrit le 01/06/2017 à 17:09
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"Edouard Philippe l'a dit et redit : il y aura un plafonnement des indemnités prud'homales". Cet acharnement est suspect.

à écrit le 01/06/2017 à 17:08
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" Sa légitimité à réformer est, sur ce point, bien plus forte." Je me doutais bien qu'il allait profiter de ce vote anti-FN au deuxième tour pour légitimer cette réforme sur la loi travail , alors que le lendemain même , l'Ifop annonçait que seul...

à écrit le 01/06/2017 à 16:46
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14.375 euros de revenus annuels c'est cela etre aisé en France!!! on en a marre des impots.

à écrit le 01/06/2017 à 16:46
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P.S.: Désolé pour l'oublie: "Macron, le spasme du système" http://blog.mondediplo.net/2017-04-12-Macron-le-spasme-du-systeme (article gratuit)

à écrit le 01/06/2017 à 16:44
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"Il faut dire qu'à la différence de François Hollande, Emmanuel Macron a été clair sur ses intentions en matière de réforme du marché du travail. Sa légitimité à réformer est, sur ce point, bien plus forte" Je ne parlerais pas de légitimité mais ...

à écrit le 01/06/2017 à 16:37
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Finalement, rien ne change: on parle beaucoup d'impôt alors qu'il faudrait augmenter la création et la vente ou l'échange de richesse. Il est vrai que les français ont tous les défauts: ils boivent, fument, polluent, gaspillent, consomment trop salé,...

le 03/06/2017 à 8:30
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Les escrocs se suivent et se ressemblent.

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