Comment Najat Vallaud-Belkacem veut rapprocher l'école de l'entreprise

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La relation école-entreprise est une responsabilité partagée de l'école et des entreprises : nous pouvons faire un bout du chemin, mais nous avons aussi besoin que les entreprises acceptent de s'impliquer, dans l'accueil de stagiaires par exemple, estime Najat Vallaud-Belkacem.
"La relation école-entreprise est une responsabilité partagée de l'école et des entreprises : nous pouvons faire un bout du chemin, mais nous avons aussi besoin que les entreprises acceptent de s'impliquer, dans l'accueil de stagiaires par exemple", estime Najat Vallaud-Belkacem. (Crédits : reuters.com)
Le ministre de l'Education nationale, qui présente des mesures mercredi, promet d'améliorer l'organisation du stage de 3e. Elle compte aussi sur une trentaine de partenariats avec des entreprises et sur la réserve citoyenne pour multiplier les contacts.

"L'école pour moi doit avoir un horizon plus vaste que la porte de la classe. Sa mission d'ailleurs l'y oblige, elle qui doit, c'est l'article 1er du code de l'éducation, 'permettre à chacun de développer sa personnalité, d'élever son niveau de formation, d'exercer sa citoyenneté... Mais aussi de s'insérer dans la vie sociale et professionnelle'. Comment imaginer une bonne insertion dans un environnement dont on ne connaîtrait rien?"

C'est ainsi que la ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, explique, dans un entretien publié sur le site des Echos, la philosophie des mesures pour rapprocher l'école et l'entreprise qu'elle présente ce mercredi. Elles s'inspirent de recommandations du Conseil national éducation-économie (CNEE) ainsi que d'un rapport de Christiane Demontès, cheffe de la mission évaluation des partenariats de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur avec le monde économique pour l'insertion professionnelle des jeunes.

Bien préparer le stage de troisième

Premier axe d'action, le stage de troisième, dont l'"utilité est avérée" selon la ministre. Quelques améliorations s'imposent toutefois, notamment celle de la préparation, en abordant "des sujets comme les codes de l'entreprise, les techniques de recherche d'un stage, ce qu'on entend par stage 'd'observation' etc.".

"Dans certaines académies, les élèves sont systématiquement préparés à leur stage de troisième, dans d'autres non. Toutes le feront désormais", assure Najat Vallaud-Belkacem.

La ministre promet aussi le lancement d'un Mooc -à savoir un cours en ligne-  pour aider les tuteurs de stage à outiller les entreprises et à définir le contenu du stage.

Pour permettre aux entreprises d'accueillir davantage de stagiaires, la ministre compte aussi "étaler ces stages de 3e sur l'ensemble de l'année scolaire". Et afin d'aider les élèves qui peinent à trouver des stages, elle promet le déploiement sur tout le territoire des pôles dédiés créés depuis septembre.

"Chacun de ces pôles se verra renforcé de deux jeunes en service civique dans les mois à venir. Ce sont ainsi 660 jeunes qui vont se déployer dans les 330 pôles pour démarcher les entreprises, nouer des partenariats, etc.", assure-t-elle.

Le personnel encadrant formé

Afin d'assurer la réussite des parcours d'Avenir (dispositif en vigueur depuis septembre et visant à multiplier les contacts des collégiens et lycéens avec les entreprises bien avant la classe de 3e), une formation du personnel encadrant s'impose au préalable. Najat Vallaud-Belkacem annonce que les chefs d'établissement et les inspecteurs "bénéficieront désormais d'un parcours complet de formation de 56 heures pour apprendre à nouer des partenariats avec les entreprises, et mettre à jour leur connaissance des métiers et des organisations. Sur ces 56 heures, un stage obligatoire d'une semaine (35 heures) en entreprise viendra alimenter ce parcours de formation".

La possibilité pour les enseignants de faire des stages sur la base du volontariat sera par ailleurs favorisée et un module de formation continue, optionnel etdédié à l'esprit d'entreprendre, sera créé.

La ministre compte également puiser dans la réserve citoyenne afin que des salariés d'entreprises aillent partager leur parcours ou leur expérience dans les classes. "Les 4.500 conseillers de l'enseignement technologique (un dispositif très ancien composé de jeunes retraités bénévoles de l'entreprise dont le rôle est d'informer les enseignants des dernières évolutions technologiques) seront également mobilisés par exemple pour accompagner les élèves dans leurs projets de mini-entreprise", déclare-t-elle.

Un pilotage national

Pour réaliser cet ensemble d'actions, une trentaine d'accords-cadres et environ 25 conventions avec des entreprises ou des branches professionnelles ont été signés au niveau national.

"La relation école-entreprise est une responsabilité partagée de l'école et des entreprises : nous pouvons faire un bout du chemin, mais nous avons aussi besoin que les entreprises acceptent de s'impliquer, dans l'accueil de stagiaires par exemple", estime en effet Najat Vallaud-Belkacem.

La ministre a également "souhaité avoir désormais un pilotage national et une évaluation systématique des dispositifs".

"Il y aura pour cela un bilan annuel de leurs fonctionnements et de leurs résultats. Cela nous permettra d'identifier les bonnes pratiques locales qui méritent d'être généralisées", souligne-t-elle.

Le diplôme, une garantie

Interrogée sur "l'idée du ministre de l'Economie Emmanuel Macron de déréglementer l'accès à certaines professions qui seraient de fait accessibles sans diplôme", elle répond:

"Il a depuis précisé son propos et c'est tant mieux. Le message aux jeunes doit être clair et porté collectivement : l'accès à une qualification professionnelle reconnue par un diplôme est une garantie d'insertion, ce n'est pas un frein".

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a écrit le 03/12/2015 à 19:46 :
LA MERE BELKACEM A TRENTE ANS DE RETARD DANS SON INVENTION ???UNE INSTITUTION OU UNE NOUVELLE METHODE A METTRE EN PLACE AU MAROC??POUQUOI-PAS ???EN FRANCE MADAME DUPOND IL Y A 20 ANS DANS MA PROFESSION QUE J'AI FAIT DES ECHANGES ETUDIANT ET PRO DANS MA SOCIETE???DE PACA AVEC UNE INFORMATION ET UNE INITIATION A MON JOB ??LA MOTIVATION ETAIT-TELLE QUE CERTAINS SONT MONTER TRAVAILLER A PARIS ET REUSSIR ??CE N'EST PAS LE CAS DANS VOTRE EDUCATION QUI NE SEMBLE PAS ETRE FAITE POUR LES FRANCAIS????
a écrit le 03/12/2015 à 7:38 :
"mettre à jour leur connaissance des métiers et des organisations" ben ils vont avoir du boulot parce l'entreprise et les métiers, pour la majorité de ces "fonctionnaires" d'illustres inconnus. Pourtant, quand on discute avec certains, ils ont tout vu et ils savent tout !
Réponse de le 04/12/2015 à 0:21 :
"Pourtant, quand on discute avec certains, ils ont tout vu et ils savent tout !"
Et vous, c'est votre cas??!
Sans ces profs que vous méprisez tant (je le vois aux guillemets que vous mettez à fonctionnaires et au démonstratif "ces"), vous n'aurez jamais pu apprendre ne serait-ce qu'à lire, écrire et compter.
a écrit le 03/12/2015 à 4:11 :
Je suis une ancienne instit, en lisant les commentaires, j'ose faire ces
remarques : l'école est un "lieu sacré" qui a en priorité , le devoir d'apprendre
à vivre avec tout ce que cela comporte "difficultées, ...mais aussi beauté
comportement authentique face à l'adversité !" confiance en "SOI"pour
tout dire ! La littérature, n'est pas à négliger, la connaissance passe par elle,
les livres des tout-petits et des auteurs classiques sont des repères pour leur
affectif. Le management n'est pas la panacée et l'idéologie (comme la théorie
du genre encore moins). Cessez d'opposer Privé et Service de l'Etat,
nobody is perfect but every body is perfectible ! Trop de films violents, de
videos, de médias insipides et sans valeur, trop de consommation où la duperie
comtemporaire prône L'Avoir à la place de L'être. Choisir telle est la Loi.
voir la théorie du genre. Bien sûr que nous avons besoin de mains et de bras
quels enfants ne veulent pas devenir :" une tête pleine avec un corps sain," ? mais soyez vigilants en premier : comment savoir les éduquer et leur dire de croire
en leurs rêves car ils sont venus pour les réaliser et extérioriser la multitude de
leurs talents avec l'aide prècieuse des adultes ! Cessez d'opposer le secteur
privé et le service public, tout est perfectible ! Le poison s'infiltre à trop regarder
la violence à la TV, Jeux Vidéos, à l'attitude non exemplaire des adultes, à une
sociètè de consommation qui prône le bonheur dans l'avoir et non dans "L'ETRE".
a écrit le 03/12/2015 à 3:49 :
Je suis une ancienne instit, en lisant les commentaires, je fais ces
remarques : l'école est un lieu sacré qui a en priorité , le devoir d'apprendre
à vivre avec tout ce que cela comporte "difficultées, ...mais aussi beauté
et comportement authentique face à l'adversité ! confiance en soi pour
tout dire ! La littérature, n'est pas à négliger, la connaissance passe par elle,
les livres des tout-petits sont des repères pour leur affectif. Le management
n'est pas la panacée, même si le monde a changé ! L'idéologie : une mascarade
voir la théorie du genre. Bien sûr que nous avons besoin de mains et de bras
pour faire de ces enfants des têtes" pleine avec un corps sain," mais soyez
vigilants, en premier : sur comment savoir les éduquer et leur dire que leurs
rêves sont beaux, et qu'ils sont venus pour les réaliser. Cessez d'opposer le
privé et le service public, tout est perfectible ! Le poison s'infiltre à trop regarder
la violence à la TV, Jeux Vidéos,à l'attitude non exemplaire des adultes, à une
sociètè de consommation qui prône le bonheur dans l'avoir et non dans "L'ETRE".
a écrit le 02/12/2015 à 17:27 :
Rapprocher l'école et l'entreprise ... en utilisant les outils de la maison Microsoft, qui ne paie pas d'imôts en France, alors que les logiciels libres, développés pour beaucoup en France, font la même chose, gratuitement, avec de l'éthique, sans transférér nos données personnelles à la NSA.
Si ça ne s'appelle pas une politique de gribouille, je ne m'y connais pas!
Quelle incompétence, désastreux!
a écrit le 02/12/2015 à 16:11 :
Cette orientation va dans le bon sens.
Dans le même sens il devrait être possible de rendre un stage en entreprise obligatoire pour les enseignants qui ignorent trop souvent tout de la réalité de l'entreprise et la voient plus comme une poursuite à la Zola de l'esclavage au profit de nantis, que comme la base de la richesse du pays qui donnera du travail à la majorité de leurs élèves.
Réponse de le 04/12/2015 à 0:18 :
Et un stage obligatoire à enseigner en collège pour les employés du privé qui ignorent trop souvent tout de la réalité de l'enseignement secondaire. Ils le voient plus comme une continuité de leur propre passage au collège en tant qu'élèves que comme la base de la richesse de chaque futur citoyen. Richesse qui leur permettra d'apprendre à réfléchir par eux-mêmes plutôt que de s'enliser dans des généralisations abusives et des préjugés!

SIgné une prof QUI a travaillé en entreprise pendant plusieurs années et qui donc est mieux placé pour parler des réalités de l'enseignement en collège, mais qui connaît aussi les réalités de l'entreprise (PS: J'étais même recruteuse en grande entreprise puis dans une PME)!
Réponse de le 04/12/2015 à 0:23 :
"qui donnera du travail à la majorité de leurs élèves."

Vu les chiffres du chômage, faut pas trop rêver non plus!

PS: je corrige une faute de mon précédent message: "je suis mieux placéE pour en parler..."
a écrit le 02/12/2015 à 15:54 :
La dame a raison , il faut revenir le plus vite possible à l' école de Jules Ferry....trop de temps perdu ....apprentissage et Cap pour les jeunes en difficultés en lien avec les Pme et Pmi . Eh....supprimer les filières littéraires énorme réservoir à désoeuvré .
Réponse de le 04/12/2015 à 0:26 :
"supprimer les filières littéraires énorme réservoir à désoeuvré"

Vous êtes au courant que ce n'est pas en supprimant ces filières, que vous réduirez les chiffres du chômage??!
a écrit le 02/12/2015 à 14:02 :
Le lien école entreprise existait à l'époque lointaine où j'étais collégien et lycéen : en 3e dans un ceg de banlieue les prof. nous emmenaient visiter des entreprises ,ainsi je me souviens être allé chez Simca à Poissy ( 1969) ou à l'imprimerie nationale située rue de la Convention à Paris .
Par la suite dans une école de la chambre de commerce de Paris nous avions tous les samedis matin des cadres d'entreprises qui venaient nous exposer ce qu'avait été leurs activités de la semaine ..et certains même participaient à l'élaboration des programmes .
Enseignants et cadres d'entreprises se côtoyaient donc bien .......de quand date la rupture ?
a écrit le 02/12/2015 à 13:40 :
Désolé, mais que du vent. Elle n'y connait rien et brasse de l'air avec ses annonces
a écrit le 02/12/2015 à 12:44 :
en addition à mon "post" précédent... impliquer en 3ème, BOF, Utile? ça signifie qu'il faudra encore décider de son métier avant la 2nd?
Ce qui fonctionnerai bien mieux, ce serai de ne pas casser les passerelles école/Entreprise tout au long de la vie. En effet, un jeune diplômé à aujourd'hui beaucoup plus de mal à reprendre une formation (coûts). Un jeune qui partirai dans une voie, et qui pourrait ensuite facilement revenir à l'école pour une autre formation cela permettrai de créer des carrières dynamiques et non des hordes de frustrés, syndicalisés ou non!!
a écrit le 02/12/2015 à 12:39 :
Excellente chose, de mon point de vue! Sur la mise en forme, ce sera probablement compliqué d'impliquer les entreprises (à coup d'avantages fiscaux?) mais sur le papier, l'idée ets très bonne, elle fonctionne très très bien notamment en Suisse, pays qui compte 3 ou 4% de chômage résiduel...
Réponse de le 02/12/2015 à 17:14 :
Sans doute, mais les suisses ont un autre "vision" de travail ainsi que leurs syndicats, ce qui n'est pas le cas chez nous.
a écrit le 02/12/2015 à 12:29 :
Si je comprends bien, les profs et chefs d'établissements vont aussi faire leur "stage de découverte de l'entreprise" comme les élèves de 3ème.... IL ETAIT TEMPS !
Réponse de le 02/12/2015 à 17:11 :
@Vally27 : Et les politiciens surtout ! On va commencer pas eux !
Réponse de le 02/12/2015 à 17:15 :
Mais non, ils seront en grève bien avant.
Réponse de le 04/12/2015 à 0:28 :
Vally27, on vous attend avec impatience dans notre collège pour débuter votre "stage découverte de l'enseignement en collège". IL EST TEMPS que vous veniez également !
a écrit le 02/12/2015 à 10:49 :
Pourquoi la tâche sera dure: un des mes fils a suivi un cursus de formation réparation auto ;bep, bac techno, bts, et licence professionnelle .En 7 ans aucun professionnel n'a franchi le seuil d'un des établissement où il a été formé et en dehors des ateliers où il a effectué des stages il n'a visité d'entreprises automobiles à l'exception de celle faite à titre personnelle et privée .
a écrit le 02/12/2015 à 10:41 :
La tâche sera rude tant le monde de l'entreprise et celui de l'enseignement sont deux mondes qui s'ignorent !
Réponse de le 02/12/2015 à 18:23 :
Dans les écoles d'INGés et Commerce, il y a des juniors entreprises, certes cela est propice dans le supérieur. Les stages sont donc une bonne réponse pour établir sérieusement le contact.
Plus globalement, les visites d'entreprises c'est sympa, je le privilégie à titre individuel pendant les journées du patrimoine.
a écrit le 02/12/2015 à 10:19 :
Démission et ss indemnité
a écrit le 02/12/2015 à 10:08 :
un seul mot : DÉMISSION!!!!!
Réponse de le 02/12/2015 à 17:10 :
@sudiste : Mais pourquoi voulez vous démissionner "sudiste" ? Et d'abord, vous travaillez où exactement ?

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