Coronavirus : «La précipitation nous a privés d'une réponse fiable sur l'effet des traitements»

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(Crédits : DR)
Médecin et chercheur, le dirigeant de la société savante revient sur les enseignements de ces mois qui ont vu une collaboration inédite entre les politiques et les scientifiques. Propos recueillis par Florence Pinaud.

LA TRIBUNE - Alors qu'ils n'ont jamais vraiment suivi leurs recommandations sur le déclin de la biodiversité ou la pollution des sols, les pouvoirs publics se sont mis à écouter scientifiques et médecins. Est-ce nouveau ou les gouvernements vous consultaient-ils auparavant en coulisses ?

Pr PIERRE CORVOL - Nous avons été rarement saisis au niveau de l'Académie. Le gouvernement nous a consultés individuellement, parfois dans le cadre des agences sur des sujets spécifiques. Mais nous n'avons pas eu de demandes d'avis ou de conseils, et trop peu de moments de partage. À la création de l'Académie en 1666, l'idée de Colbert était que les scientifiques puissent éclairer le pouvoir dans ses décisions. C'était notre première mission, mais au fil du temps, les gouvernants ont perdu l'habitude de solliciter les académiciens. Il reste que l'Académie conserve sa faculté d'auto-saisine, liée à son indépendance statutaire. Elle l'utilise largement pour prendre des positions officielles dans son champ de compétences : qualité de l'enseignement, programmation de la recherche, énergie, environnement, etc.

D'autre part, les députés et les sénateurs se sont rapprochés de nous, par l'intermédiaire de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques. Il s'agit de réfléchir ensemble sur les progrès scientifiques et leurs...

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Commentaires
a écrit le 23/07/2020 à 12:38 :
La précipitation ou les conflits d'intérêts de certains "conseillers"? Merci à Gilead de facturer 3000€ un "traitement" n'augmentant pas les chances de guérison et qui coûte 10€ à fabriquer.
Réponse de le 23/07/2020 à 13:53 :
"et qui coûte 10€ à fabriquer. " au doigt mouillé ? Pourquoi pas 100 ? Ça serait trop à vos yeux ? Les anticorps monoclonaux, pas sûr que ça se fabrique comme l'aspirine.
Le prix fixé est considéré comme 'acceptable' par les pays riches, pourquoi brader ? Nul n'est obligé de le prescrire, les médecins sont les mieux placés pour voir si c'est si "merveilleux" (que rien du tout mais y a quand même d'autres possibilités). Trump a acheté le stock mondial produit pendant 3 mois, on ne s'en servira pas trop. :-)
J'avais lu que les molécules (classiques) étaient vendues dix fois leur prix pendant le brevet, afin d'engranger $$$$ de quoi continuer à chercher, mais sais pas si c'est le principe actif auquel il faut ajouter les excipients, la mise en forme (gélule, dragées, sirop, etc), en boite / flacon, la distribution / stockage, etc, parce que sinon le générique devrait coûter dix fois moins cher.

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