Nouveau Premier ministre : coup d'envoi des consultations à l'Elysée, Macron promet une nomination « rapide »
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Emmanuel Macron a reçu les représentants des forces politiques de gauche ce vendredi matin.
Reuters
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Emmanuel Macron a reçu les représentants des forces politiques de gauche ce vendredi matin.
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[Article publié le vendredi 23 août 2024 à 07h00 et mis à jour à 20h45] Nous y voilà. La rentrée politique a démarré ce vendredi : le président de la République a commencé à recevoir les différents chefs de parti et de groupe parlementaire pour des consultations.
Objectif affiché, établir un bilan de la période estivale avec les nouvelles forces politiques composant l'hémicycle du palais Bourbon, depuis le second tour des élections législatives, le 7 juillet dernier, consécutives à la dissolution, explique-t-on à l'Elysée. Le chef de l'Etat est « du côté des Français, garant des institutions », dans une « volonté de dialogue loyal, sincère et utile », fait-on valoir.
Dans un premier temps, Emmanuel Macron a reçu ce matin les leaders de la coalition de gauche Nouveau Front populaire (NFP) et leur candidate pour Matignon, Lucie Castets. A l'issue de la rencontre, en fin de matinée, les représentants des partis de gauche, sous la bannière du NFP, ont pris la parole. « Nous sommes extrêmement satisfaits (...). Nous avons eu une discussion très riche », a salué Lucie Castets.
Le président de la République est « lucide » sur le « souhait d'un changement d'orientation politique » exprimé lors des législatives début juillet, a-t-elle noté. Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, a fait savoir que la nomination du nouveau Premier ministre serait « rapide », tandis que la cheffe des écologistes, Marine Tondelier, a exhorté à obtenir « une réponse mardi ».
Emmanuel Macron a « reconnu que l'ensemble des forces » politiques qui ont « participé au front républicain » contre l'extrême droite aux législatives « étaient parfaitement légitimes à gouverner », a complété le patron du PS.
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En début de soirée, selon les informations du quotidien Les Echos, la nomination de Lucie Castets à Matignon aurait de facto été exclue, au regard des consultations menées ce jour. « S'il y a une majorité contre elle, ça n'est pas possible de la nommer », résume au journal un proche du chef de l'Etat auprès du quotidien économique.
Quelques heures après, au micro de l'université d'été du PCF à Montpellier, la haute fonctionnaire a été interrogée par le public sur la possibilité que le président Macron ne la nomme pas Première ministre. Elle a répondu que dans ce cas « évidemment il y aura des mobilisations, évidemment il faudra poursuivre le combat ».
« M. Macron a fait un pas en reconnaissant que les Français ont demandé un changement de pied politique, je ne vois pas comment il peut reconnaître ça d'une part et d'autre part ne pas appeler le NFP à former un gouvernement et à gouverner », a-t-elle aussi lancé. « Et je ne vois pas comment un gouvernement de droite, en totale contradiction avec la volonté du pays, pourrait demeurer longtemps en place ».
Le patron des communistes Fabien Roussel a de son côté dénoncé l'opposition affichée de la mouvance présidentielle et de la droite à un gouvernement NFP qui comporterait des ministres insoumis.
Les représentants du camp présidentiel (Renaissance, Horizons, MoDem, Parti radical), de l'UDI, des Républicains (LR) et du groupe centriste Liot ont défilé toute l'après-midi. D'Edouard Philippe à François Bayrou en passant par Gabriel Attal, aucun n'a fait de déclaration publique à la sortie.
Les résultats des élections législatives ont envoyé un « message d'alternance » au camp présidentiel, mais ne sont « pas un désaveu complet » pour la macronie, a affirmé ce vendredi Emmanuel Macron aux responsables de son camp, selon plusieurs participants à cette réunion.
Le « souhait » du chef de l'Etat « est de faire émerger une solution institutionnellement stable, à même d'éviter une nouvelle dissolution, et permettant de faire avancer le pays dans l'intérêt des Français », a détaillé le Premier ministre démissionnaire Gabriel Attal dans un message aux députés de son groupe, Ensemble pour la République, consulté par l'AFP.
Les députés Les Républicains, eux, ont fait savoir qu'ils voteraient « immédiatement une motion de censure » contre un gouvernement comprenant des ministres de La France insoumise, a fait savoir le président du groupe, Laurent Wauquiez, au sortir de son entretien avec Emmanuel Macron.
Le tour de table est loin d'être terminé, puisque le RN et le parti d'Eric Ciotti seront reçus lundi. Inscrits dans l'opposition et sans volonté de participer au futur gouvernement, les deux têtes d'affiches du RN, Jordan Bardella et Marine Le Pen, n'ont pas grand chose à espérer de ce rendez-vous, déjà qualifié par leurs troupes d'« artifice de communication » macroniste.
Elles devraient toutefois insister sur la nécessité d'utiliser « d'autres méthodes de gouvernement » - comme le référendum - pour sortir du blocage parlementaire. L'inconnue réside plutôt dans la posture du RN face à l'hypothèse d'un Premier ministre de centre-droit ou de centre-gauche, puisque l'option semble tenir la corde dans les rangs macronistes.
Pour rappel, les partis de gauche composant le NFP ont obtenu le plus fort contingent de députés (193 sièges), sans toutefois atteindre la majorité absolue (289). Aucune des trois principales forces politiques (NFP, RN et camp présidentiel) ne dépasse d'ailleurs les 200 sièges dans l'hémicycle.
Il faut « inventer une nouvelle culture politique », en avait déduit Emmanuel Macron dans sa lettre aux Français le 10 juillet dernier, appelant à la recherche d'un « compromis » entre partis. Il avait décrété le 22 juillet une « trêve olympique et politique ». En clair, aucune nomination pendant les Jeux olympiques de Paris, rendez-vous était donc pris « mi-août ». Parallèlement, il avait appelé les forces politiques « républicaines » à profiter de cette pause pour faire des « compromis ».
A terme, l'ambition de ces consultations reste bel et bien de nommer (enfin) un gouvernement, plus d'un mois après la démission de celui de Gabriel Attal. Le Palais se garde toutefois bien de préciser à quelle échéance la nomination du nouveau locataire de Matignon pourrait intervenir.
Les enjeux sont pourtant multiples, et le calendrier devient pressant. Outre la rentrée scolaire prévue le lundi 2 septembre, le projet de loi de finances (PLF) doit en effet être présenté en Conseil des ministres le mois prochain, pour être ensuite déposé au Parlement le 1er octobre, au plus tard. Pour rappel, le budget doit impérativement être publié avant le 1er janvier 2025.
Gabriel Attal a transmis mardi dernier aux ministères les « lettres plafonds » d'un projet de budget. Il y propose l'exacte reconduction du total des crédits (492 milliards d'euros), à charge pour son successeur d'y mettre sa patte politique. « Ubuesque », avait alors dénoncé la gauche.
L'initiative a « un objectif républicain », celui « d'assurer la continuité de l'Etat », avait fait valoir Matignon. La reconduction à l'identique des crédits totaux aboutirait à une économie réelle de quelque 10 milliards d'euros, par rapport à un budget qui aurait répercuté 2% d'inflation.
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Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, avait transmis des propositions réduites de 5 milliards d'euros - soit un total de 487 milliards de crédits - , pour accroître les chances d'avoir un déficit public (solde des comptes de l'Etat, de la Sécurité sociale et des collectivités locales) qui revienne bien à 3% du PIB en 2027. La France s'y est engagée alors qu'elle est sous le coup actuellement d'une procédure de déficit excessif de la part de Bruxelles, avec six autres pays européens.
(Avec AFP)
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