Coût du travail : le CICE a permis de ralentir la hausse

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Dans la zone euro, la hausse moyenne du coût du travail depuis 2012 est de 2,1% pour l'industrie et 1% pour les services.
Dans la zone euro, la hausse moyenne du coût du travail depuis 2012 est de 2,1% pour l'industrie et 1% pour les services. (Crédits : © Vincent Kessler / Reuters)
Dans l'industrie, selon l'Insee, la hausse moyenne annuelle du coût du travail est passée de 2,4% entre 2008 et 2012, à 1,1% entre 2012 et fin 2014, grâce à l'effet du CICE. Dans la même période, l'Allemagne est passée de 2,0% à 3,2%.

Le gouvernement va pouvoir se vanter d'avoir atteint un deuxième résultat, après la baisse  -relative et à confirmer- du chômage enregistrée en septembre. Dans une étude publiée mercredi 28 octobre, l'Insee constate en effet que la hausse du coût horaire du travail a nettement ralenti en France à compter de 2013, du fait notamment de la mise en oeuvre du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE).

La France est notamment passée d'une hausse moyenne annuelle de 2,4% dans l'industrie entre 2008 et 2012 à 1,1% entre 2012 et fin 2014. Elle a ainsi enregistré sur la dernière période un rythme proche des industries espagnole, italienne et britannique, et a même dépassé l'Allemagne où, pendant ce temps, la hausse du coût du travail est passée de 2,0% à 3,2%.

En France la hausse des coûts horaires a de même ralenti dans les services, s'établissant à 0,8% en moyenne sur 2012-2014, contre 2,3% sur la période précédente. Dans la zone euro, la moyenne depuis 2012 est de 2,1% pour l'industrie et 1% pour les services. A final, dans les services, le coût horaire en France a donc augmenté moins vite qu'en Allemagne et en Italie(+1,4%) et qu'au Royaume-Uni (+1,9%)

Le taux de marge global des entreprises quasi stable en 2013

L'Insee note que l'impact du CICE sur les marges des entreprises est difficile à évaluer avec précision, en raison de l'existence de méthodes différentes de comptabilisation. Mais si le taux de marge global des entreprises est resté quasi stable en 2013 (+0,1%), son évolution a été nette dans les secteurs à faible niveau de salaire qui ont le plus profité du CICE (applicable sur les rémunérations comprises entre 1et  2,5 smic). Il a ainsi augmenté de 2,2 points dans les services aux particuliers, (après un recul de 1,3 point en 2012), de 0,8 point dans la construction et de 0,5 point dans les transports.

En revanche, il a reculé de 0,1 point dans l'industrie (après -1,1 point en 2012) et de 1,6 point dans l'information-communication, des secteurs où les salaires sont supérieurs à la moyenne.

Rappelons que le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) représente une économie d'impôt sur les sociétés qui équivaut depuis 2014 à 6 % de la masse salariale (4 % en 2013). Seuls les salaires compris entre 1 et 2,5 Smic sont cependant pris en compte.  Il bénéficie à toutes les entreprises employant des salariés, relevant d'un régime réel d'imposition sur les bénéfices (impôt sur le revenu ou sur les sociétés), quels que soient la forme de l'entreprise (entreprises individuelles et indépendants, sociétés de capitaux, sociétés de personnes...) et le secteur d'activité (agriculture, artisanat, commerce, industrie, services...).

Dans le projet de budget 2016, 17,3 milliards d'euros sont affectés au financement du CICE

(Avec Reuters)

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a écrit le 31/10/2015 à 20:40 :
Il faudrait parler du coût du capital plutôt que du coût du travail, dixit Besancenot.
a écrit le 28/10/2015 à 23:10 :
Problème : un ralentissement de la hausse, ce n'est pas une baisse ! C'est comme pour la courbe du chômage !!... on va dans le mur. On y va moins vite, ... mais on va droit dessus .
Le CICE est loin de compenser les hausses de taxes depuis 2012, sans parler des normes supplémentaires ! Sans parler de la complexité qui ne convient qu'eux grandes entreprises: les TPE n'y voient qu'un surcout de frais comptable...
a écrit le 28/10/2015 à 16:57 :
Tant que les manants n'auront pas plus d'argent, ou moins d'impôts à payer, bref....
Que les entreprises soient plus compétitives ou non, nos manants n'auront pas un radis de plus pour acheter leurs produits. Donc, une entreprise très compétitive (aidée par le CICE payée par les impôts du manant) mais sans carnet de commande, elle vend quoi ??
=> elle améliore ses marges, certes, et attend... mais n'augmente pas ses salariés, voire les licencie... Et le manant plumé dispose encore de moins de pouvoir d'achat, donc...
L'histoire sans fin !
a écrit le 28/10/2015 à 13:57 :
la baisse du coup du travail passe par la baisse de la gabegie de la fonction publique . Le CICE est un simple transfert sur le contribuable .
a écrit le 28/10/2015 à 13:02 :
il y a un côté assez comique et recurrent dans ce diagnostic cela me rappelle M. Sarkozy qui disait concernant le chômage: une baisse tendancielle de la hausse". Les facteurs de hausse ont été émis par nos deux stagiaires d'homme d'état M. Sarkozy et M. Hollande qui face à leur incompétence mais également à leur magouilles politiques ont été incapables de maitriser les dépenses de l'etat mais également aux élus locaux incapables eux aussi de maîtriser les dépenses. En conclusion le CICE et le Pacte de Responsabilité ne sont pas un effort de l'Etat mais vers un retour à la case départ d'avant 2008. Une nouvelle qui montre que le "sans dents" n'est peut-être pas le fantasme d'une déception mais une réalité, pour alimenter le CICE et le Pacte de Responsabilité le politique racle les fonds de tiroirs à défaut d'économie, dans la préparation du budget 2016 il est prévu de prendre en compte les intérêts des livrets A, PEL etc pour le calcul de l'allocation des handicapés, consternant mais une vision politique des sans dents. Un Président un Premier Ministre un ministre du budget que peuvent remercier les handicapés, pardon une partie des sans dents au sens politique, de participer au CICE / Pacte.
Réponse de le 28/10/2015 à 13:49 :
L'AAH est considérée comme un minima social, tout comme le RSA. Sa particularité est d'être conditionnée à une reconnaissance MDPH (remplace l'ex COTOREP). Les intérêts de livrets sont déjà pris en compte dans le calcul du droit RSA, il semble donc que la même logique s'applique à l'Allocation Adulte Handicapé. Le montant versé s'adapte selon le revenu de chaque foyer (schématiquement : aide maxi - autres revenus, que ce soit intérêts du livret ou pas). C'est la solidarité qui compense à hauteur de.
Réponse de le 28/10/2015 à 14:02 :
quelle logorrhée !
172 milliards de dispositifs dérogatoires fiscaux et sociaux en 2010 pour les entreprises (dixit la Cour des Comptes, octobre 2010).
avec les mesures d'Hollande, on doit pas être loin des 200 milliards.
effectivement, on n'a pas maîtrisé les dépenses fiscales.

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