L'hôpital public peine à recruter. La quasi-totalité des établissements de santé rencontrent des difficultés actuellement, selon une enquête publiée la semaine dernière par la Fédération hospitalière des hôpitaux publics (FHF). Pour pallier ces manques, de nombreux établissements ont recours à des praticiens et soignants intérimaires. Une pratique qui devient aujourd'hui « colossale » et problématique, selon les représentants de l'hôpital public. Explications.Avec le climat et le pouvoir d'achat, la santé fait partie de ces urgences auxquelles le gouvernement doit s'atteler. L'hôpital public, comme d'autres secteurs, peine à recruter. D'après une étude publiée mercredi dernier par la Fédération hospitalière des hôpitaux publics (FHF), la quasi-totalité des établissements de santé rencontrent des difficultés de recrutement. Faute de soignants, au moins 120 services d'urgences ont été forcés de limiter leur activité ou s'y préparent, selon un décompte fin mai de l'association Samu-Urgences de France. Et l'été s'annonce chaud, avec les congés qui arrivent et menacent d'accentuer la pression sur le personnel soignant de services déjà sous tension.
Cette enquête de la FHF, réalisée en avril et mai 2022 auprès de plus de 400 établissements publics de santé et médico-sociaux, regroupant en tout plus de 380.000 professionnels non médicaux, révèle que 80,3% des hôpitaux et Ehpad publics rencontrent en permanence des difficultés, pour 18,9% d'entre eux c'est de façon ponctuelle. C'est donc la quasi-totalité (99%) des établissements qui connaissent des difficultés de recrutement d'infirmiers et d'aides-soignants « de manière permanente ou ponctuelle ». Et l'urgence reste « les infirmiers et la nuit », selon ce rapport.
Le constat n'est pas nouveau. En 2019, un rapport de la Cour des comptes dénonçait déjà le problème : « Malgré les efforts entrepris pour réorganiser le circuit des patients dans les services d'urgence, le système actuel semble à bout de souffle. Les situations de tension récurrentes et la pénurie de personnel constatées dans certains établissements témoignent des difficultés à assurer la permanence des soins dans tous les territoires, notamment en "nuit profonde".»
Actuellement, pour faire face à la pénurie de soignants dans les hôpitaux français, de nombreux établissements hospitaliers comblent leurs effectifs avec des vacataires ou des soignants intérimaires. Les urgences de l'hôpital Delafontaine à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), tournaient fin mai avec « la moitié du personnel paramédical » nécessaire et comblait « soit avec des heures supplémentaires et des primes, soit avec du personnel vacataire ou intérimaire... quand ils veulent bien venir », selon le chef de service cité par l'AFP.