Le brouillard politique et budgétaire pourrait une nouvelle fois plonger les entreprises et les ménages dans l’incertitude. Pour la dette publique, le coût de financement pourrait bondir à court terme.
François Bayrou va-t-il connaître le même sort que son prédécesseur Michel Barnier ? À quelques encâblures du vote de confiance, le Premier ministre a poursuivi les consultations avec les oppositions, comme si de rien n'était. Mais l'Élysée prépare déjà la suite et milieux économiques comme dirigeants s'attendent à un départ précipité du centriste.
En attendant, l'économie française devrait une nouvelle fois plonger dans un épais brouillard, au moment où le climat des affaires est au plus bas selon de récents chiffres de l'Insee. « La semaine prochaine, la France perdra son quatrième Premier ministre en moins de deux ans, ouvrant une phase d'instabilité qui peut durer de quelques semaines, en cas de remaniement ministériel, à plusieurs mois en cas de nouvelles élections », souligne l'économiste Bruno Cavalier (Oddo-BHF). Tour d'horizon des principales conséquences économiques et sociales.
Chute du gouvernement : le coût de l'incertitude
Première répercussion de la chute du gouvernement, l'incertitude risque de bondir au lendemain du vote de confiance. Sur le plan macroéconomique, cette nouvelle phase d'instabilité politique pourrait avoir un coût pour la croissance.
Au lendemain de la dissolution de juin 2024, les économistes de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) avaient observé que le choc d'incertitude observé « aux 3e trimestre 2024 et au 4e trimestre 2024 sur la croissance du PIB français serait de -0,1 point pour 2024 et de -0,3 point pour 2025 ».« Un choc d'incertitude pourrait être comparable à celui de la dissolution, s'il y a des difficultés à former un gouvernement ou à construire un budget », affirme Raul Sampognaro, économiste à l'OFCE.
Du côté des entreprises, différents projets d'investissements pourraient être suspendus. Quant aux ménages, « cette situation va créer de l'attentisme et de l'angoisse », affirme Philippe Crevel, directeur général du Cercle de l'épargne. « Cela peut conduire à différer des projets immobiliers. » Résultat, les Français pourraient encore décider d'épargner au lieu de consommer, alors que leur taux d'épargne est déjà au plus haut.
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