Croissance : la Banque de France baisse encore ses prévisions

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La consommation des ménages a été faible au premier semestre 2018, dans un contexte de hausse temporaire de l’inflation totale. Elle rebondirait néanmoins à partir du second semestre avec l’accélération des gains de pouvoir d’achat explique la Banque de France.
"La consommation des ménages a été faible au premier semestre 2018, dans un contexte de hausse temporaire de l’inflation totale. Elle rebondirait néanmoins à partir du second semestre avec l’accélération des gains de pouvoir d’achat" explique la Banque de France. (Crédits : Charles Platiau)
La croissance de l'économie française devrait ralentir à 1,6% en 2018 et les deux années à venir selon des prévisions publiées par la Banque de France. La banque centrale explique cette révision à la baisse pour 2018 par "un contexte international tendu" et une consommation en repli au cours du premier semestre.

Les mauvaises nouvelles s'accumulent pour le gouvernement. La Banque de France a revu une nouvelle fois à la baisse ses prévisions de croissance pour 2018, à 1,6% pour 2018 comme 2019. L'institution bancaire abaisse ses projections de 0,2 point et 0,1 point respectivement par rapport à ses précédentes estimations. Elle avait révisé une première fois ses projections à la baisse au mois de juin, voyant la faiblesse de la croissance (0,2%) enregistrée au premier trimestre comme un "contrecoup temporaire" après son effervescence de fin 2017 (+0,7%). Pour l'exécutif qui tablait en début d'année sur une croissance autour de 2% pour 2018, les perspectives se compliquent à quelques jours de la présentation du budget. Les objectifs en matière de réduction du déficit public deviennent très difficiles à remplir.

Baisse de la consommation

La banque centrale explique ce coup de frein par plusieurs facteurs. Sur le plan international, l'organisation souligne une demande extérieure qui marquerait le pas. La demande adressée à la France serait à un rythme un peu inférieur à 4%, plus faible que celui recensé  en 2017 (5%). Les incertitudes se multiplient sur la scène internationale avec la montée des tensions sur le commerce mondial. Dans une note du conseil d'analyse économique (CAE) publiée au début de l'été, plusieurs économistes avaient expliqué que le scénario "d'une guerre commerciale totale" pourrait faire baisser le PIB de 3% représentant une perte annuelle moyenne de 1.125 euros par Français. En France, le montant mensuel du Smic s'élève actuellement à 1.170 euros net. En revanche la Banque de France anticipe tout de même une contribution positive du commerce extérieur à la croissance française en 2018 alors que cet agrégat contribue régulièrement de manière négative au PIB.

> Lire aussi : La guerre commerciale pourrait coûter près d'un Smic à chaque Français

Les experts expliquent également ce coup de mou de la croissance par un ralentissement de la consommation des Français au cours du premier semestre. La hausse du prix de l'énergie (pétrole), de la fiscalité sur le tabac et la hausse de la CSG pour les retraités ont plombé le pouvoir d'achat des Français. Pour la fin de l'année, le gouvernement espère que la suppression de la taxe d'habitation pour une grande majorité de Français et la fin des cotisations sociales des salariés pour l'assurance chômage vont doper la croissance.

> Lire aussi : "La fiscalité indirecte devrait amputer le pouvoir d'achat de 5 milliards"

Baisse des créations d'emploi

Dans le contexte d'un ralentissement de la croissance du PIB, les créations d'emploi devraient également être moins importantes pour 2018 et les années à venir. Après une année exceptionnelle en 2017 (330.000 emplois), le rythme des créations devrait tomber à 245.000 en 2018, 140.000 en 2019 pour repartir à 160.000 en 2020. Lors des rencontres de Grenelle organisées au ministère du Travail mardi dernier, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a rappelé que l'emploi salarié avait stagné au cours du deuxième trimestre après une hausse de 0,2% sur les trois premiers mois de l'année.

Pour tenter de rassurer l'auditoire, Mme Pénicaud a expliqué que "oui, il a des signaux de ralentissement, mais la situation du marché du travail reste bien orientée. Comparé à cinq ou dix ans, on est quand même dans une dynamique de création d'emplois". Avec la baisse importante des emplois aidés, le nombre d'emplois publics s'est réduit depuis le début de l'année avec 11.800 postes en moins au cours du second trimestre.

D'après le service de statistiques du ministère (Dares), il s'agit du plus fort recul enregistré dans ce secteur depuis fin 2011. En revanche, les emplois du secteur marchand continuent de progresser à un rythme plus modéré qu'au premier trimestre. (0,2% soit 26.400 postes contre 0,3% au trimestre précédent). En dépit de ce ralentissement dans les créations de postes, la banque centrale anticipe une baisse du chômage passant de 9,1% au second trimestre 2018 à 8,3% à la fin de l'année 2020. Ce qui serait "son plus bas niveau depuis la fin de l'année 2008."

Une inflation en repli jusqu'à l'automne 2019

 Après avoir connu une hausse à 2,6% en au cours de juillet et août qui repose principalement sur la forte augmentation des prix de l'énergie et de la fiscalité du tabac, les prévisionnistes anticipent une baisse des prix jusqu'au troisième trimestre 2019 autour de 1,6%. Si l'on exclut les prix de l'énergie et de l'alimentation soumise à une volatilité plus importante (inflation sous-jacente), la Banque de France projette une tendance haussière de l'inflation "en lien avec la baisse du taux de chômage et l'accélération des salaires, se dessinerait."

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a écrit le 17/09/2018 à 9:12 :
Prendre à ceux qui consomment pour donner à ceux qui s'évadent fiscalement ne peut que générer une baisse du pouvoir d'achat.

Principe de base de l'économie qui apriori n'est pas enseigné à l'ENA, et on s'étonne que ce pays coule.
a écrit le 16/09/2018 à 13:59 :
A venir en janvier prochain les nouvelles taxes écolo sur les carburants car avec Jupiter c'est comme le nuage de Tchernobyl la France à elle seule va sauver la planète!
Réponse de le 17/09/2018 à 22:33 :
+ 1 et pendant ce temps aux USA Donald Trump a massivement baissé les impôts avec pour conséquence une croissance en pleine forme et un taux de chômage au plus bas.
Et pendant ce temps en Allemagne qui a procédé à de réformes structurelles (diminuer le train de vie de l'état) et non pas à des coups de rabot à la Française (diminuer les retraites et les aides sociales ce qui plombe la consommation)+, le budget est excédentaire depuis l'année dernière (de plusieurs milliards).
a écrit le 16/09/2018 à 11:38 :
Laquelle prévision sera ne sans doute pas atteinte, car trop optimiste
a écrit le 16/09/2018 à 11:32 :
Quoi d'étonnant, on s’attendait à un miracle en quelques mois ?
Pour changer de trajectoire, il faut des années et encore, à condition de marcher dans le bon sens.
Comme si la croissance était une espèce de divinité à laquelle il suffisait de sacrifier quelque contrat précaire, ou offrir un cadeau fiscal à quelques clients. On pourra toujours brosser les entreprises dans le sens du poil, le constat de l'inadaptation structurelle demeure, plombant les finances sur le long terme. Elles mêmes préfèrent distribuer des dividendes, plutôt que d'investir dans l'outil productif ? il faudrait comparer les chiffres et les promesses.
Bref, la croissance étant ce qu'elle est, c'est aux dépensiers de s’adapter.
On est loin des réformes structurelles promises et des économies sur les fonctions non concurrentielles. On le sait, ce n'est jamais le moment, et les présidents précédents aussi ont échoué. Il ne faut pas demander l'impossible, mais il ne sert à rien non plus de faire des réformettes, histoire de. Cela mécontente tout le monde et ne fait pas bouger les lignes. D'autant que ceux qui étaient pour les réformes les critiquent, sous prétexte qu'ils feraient différemment et ceux qui sont contre, y restent opposés sous prétexte qu'on peut toujours trouver de l'argent ailleurs.
Ambiguïtés de circonstance et stratégies politiciennes. A propos de politique, on notera les risques de baisse de 3 % du PIB en cas de guerre commerciale. Les "effets miraculeux" d'une politique nationaliste et unilatéraliste. Peut être que cela incitera par la suite à mieux réguler la mondialisation, mais en attendant cela amplifie le risque de crise majeure.
En attendant, en attendant les entreprises continuent à entreprendre et les employés à produire, vaille que vaille. Heureusement, sinon on serait en faillite depuis longtemps.
a écrit le 15/09/2018 à 20:02 :
1.6% ce n'est pas si mal si on regarde la décennie passée.
Par contre si on veut tuer cette modeste dynamique, il y a une recette miracle: l'austérité.
Réponse de le 15/09/2018 à 23:33 :
Je me réveille à peine , j'ouvre les yeux et je découvre que j'ai manqué la croissance encore une fois, dans quelle avenir existe-t-elle .
a écrit le 15/09/2018 à 11:39 :
Cette prévision de croissance du PIB est-elle en euros constants (volume) ou bien en euros courants (valeur) ? Si ce sont des euros courants alors ce sera une récession car progression inférieure à l'inflation
a écrit le 15/09/2018 à 11:39 :
Cette prévision de croissance du PIB est-elle en euros constants (volume) ou bien en euros courants (valeur) ? Si ce sont des euros courants alors ce sera une récession car progression inférieure à l'inflation
a écrit le 15/09/2018 à 9:41 :
Il est probable que le prélèvement à la source ralentisse la consommation ... l'avenir le dira !
a écrit le 15/09/2018 à 9:12 :
Toujours plus d'impôts
Toujours plus de dépense public.
Le cercle vicieux continu.
a écrit le 15/09/2018 à 8:16 :
Les 80 km/h ont une conséquence sur le PIB d'après une étude faite par J.Poulit, de presque 2%....Même si cette estimation est fausse, la logique qui la sous tend est certainement crédible. Donc le gouvernement doit penser que la croissance est suffisamment confortable pour rendre plus pénible la circulation des Français (entretien du réseau calamiteuses, limites de vitesse ridicules et tolérance zéro dans cet unique domaine...)
Réponse de le 15/09/2018 à 8:56 :
2% de quoi? Vous voulez dire qu'on passerait de 2.6% de croissance à 0.6% ou de 2.6% à 2.55% ?

Je suis totalement opposé au 80 km/h mais je ne vois pas ou se trouverait l'impact négatif sur le PIB. Normalement on devrait constater une légère baisse de la consommation de carburant et une légère baisse de gravité des accidents et de leur fréquence. La question des temps de parcours est anecdotique.

Je ne sais pas pour la consommation, et à mon avis l'augmentation du prix a surement eu un effet bien plus fort que la baisse des vitesses.

Pour ce qui est des accidents, les statistiques mensuelles semblent donner raison à Edouard, mais quand on arrive à moins de 400 morts par mois, il suffit d'un bus qui se retourne ou d'une météo pourrie et vous avez 15% de mortalité en plus, et le mois d'après 15% de morts en moins. Ce n'est que dans un an qu'on pourra faire un bilan sérieux sur des moyennes trimestrielles ou bimestrielles.

Pour le reste, on est d'accord. Le job n'est pas fait en ce qui concerne la qualité du réseau et la répression est stupidement axée sur le facteur vitesse.
Réponse de le 15/09/2018 à 9:44 :
La limitation à 80 km/h permet de pallier à l'entretien des routes ... les caisses sont vides .
a écrit le 15/09/2018 à 0:37 :
L'or est bas. C'est le moment d'en acheter et de le mettre au frais. Avec plusieurs liasses de billets loin du système bancaire et du gouvernement.
a écrit le 14/09/2018 à 22:19 :
Et donc Déficit en dérage 75 M/E , venant alimenter la dette 100% du PIB 2 300M/E ( excédents partout ailleurs en europe) avec pourtant la fiscalité la plus Lourde d'europe qui ne suffit meme pas. Taxes sur le carburant 77 M/E par an, pour des routes et ponts vétustes. Et Record Mondial de Dépenses Publiques 58% du PIB/An, QUE LE POUVOIR N A PAS LE COURAGE DE REDUIRE POUR ERADIQUER DEFICITS ET REDUIRE LA DETTE, il préfère encore flamber le carbur au 1/01 Prochain +6.5, et la flambée de la CSG-CRDS Taux de 9.7%( 17.2% sur les revenus du patrimoine) QUI CONTINUE D AVOIR DES EFFETS DESASTREUX plus couteux que les + 1.7%. Et comme il ne change pas la " méthode gagnante " il désindexe DEFINITIVEMENT les retraites : d'ici à 2028, celà signifie - 25% de baisse. Et il s'attaque aux futurs retraités en 2019 : fin des 25 meilleures années après fin des 10 ( 1993 ) Et l'ARNAQUE de la suppression de la T.H va amplifier encore la flambée de la T.F : dernier recours des communes et dpts
Réponse de le 15/09/2018 à 10:53 :
La baisse des retraites est une baisse de dépense publique évidente.
Réponse de le 16/09/2018 à 19:06 :
Vous avez tout et bien résumé. Quant à ce Gringo, pro-vénézuela ( pro Mélenchon) No Comment : il traduira dans la langue de ce pseudo Vénézuelien. Il aura son Tyran bientot 2022 .
a écrit le 14/09/2018 à 19:53 :
Cela commence à faire mal au gouvernement, mais personne n'ose le dire. Les retraités qui consommaient le plus, ont freiné leurs dépenses suite à l'augmentation de 1;7% et maintenant le gel de l'augmentation de leur retraite. Retraités de France continuer la lutte.
Réponse de le 15/09/2018 à 13:26 :
Bonne nouvelle alors, notre société ne doit plus être une société de consommation pour laisser un avenir aux générations futures, mais visiblement vous vivez dans le passé.
Réponse de le 16/09/2018 à 19:20 :
DESINDEXATIION DEFINTIVE DE RETRAITES après le Bon dé la CSG CRDS.
Conséquence : -10% 2018-2022 et au mieux -25% entre 2018 et 2028.

Attaque des futurs retraités : loi au 1/07/2019 pour sévir dans 6 ans, abolition des 25 meilleures années, après abolition des 10 en 1993,
et misère d'un point non revalorisé à perpétuité : Baisse de moitié des retraites. NOUS DEVRONS TRAVAILLER JUSQU A LA MORT ( sauf macron) : c'est bien le deuxième objectif.
a écrit le 14/09/2018 à 17:13 :
la croissance potentielle de la france est nul ( cf patrick artus); bon c'est tres coherent avec la politique anti entreprise que vit le pays depuis 2012, et ' le doctorat pour tous' genereusement offert par le politburo a tout le monde, en interdisant de savoir lire ou faire de l'allemand ou du grec a l'ecole......
quand on s'ecarte de sa trajectoire, on y revient tres vite!
a écrit le 14/09/2018 à 16:54 :
1.6 encore c'est bien, on est a 0.4 sur les 6 premiers mois. Ensuite, l'econometrie kuznetsienne, faudrait penser a en sortir, inventer un nouveau truc où les ouragans aux usa, les multiples catastrophes au japon ne contribuent pas a "enrichir comptablement" un pays. Sortir aussi l'agitation consommatrice non productrice. Mais bon, comme c'est un contenant qu'on sait bien triturer/arranger, c'est tellement pratique

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