Déficit : le FMI appelle la France à « un effort significatif »
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Yuri Gripas
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Le Fonds monétaire international fait la leçon à la France. « Un effort significatif doit être fait pour arriver à ramener le déficit budgétaire français dans la ligne de ce qui est prévu d'après les règles budgétaires européennes. La France, ses décisions budgétaires, doivent s'inscrire dans le cadre des règles budgétaires européennes », a affirmé ce vendredi 17 janvier Pierre-Olivier Gourinchas, son chef économiste, en marge de la présentation de son rapport sur l'économie mondiale.
Un sujet sur lequel le FMI « a des discussions » avec les services de Bercy « sur la meilleure manière » pour y parvenir, tout en s'assurant que cela « ne vienne pas aussi détruire de la croissance ». Pour rappel, en 2014, un rapport du FMI, réalisé par le chef économiste de l'époque, Olivier Blanchard, au sortir de la crise de la dette européenne, avait conclu qu'une baisse d'un point de pourcentage des dépenses publiques pouvait entraîner jusqu'à un point de pourcentage de croissance en moins.
Mais, cet objectif ne doit pas être atteint « simplement pour des raisons bureaucratiques, parce qu'il existe des règles et qu'il faut s'y conformer », a-t-il rappelé, « il y a une raison bien plus fondamentale : il faut reconstituer des réserves budgétaires qui ne sont plus là » et qui permettraient notamment de faire face à une prochaine crise. D'autant que la pression s'accentue sur les finances publiques, avec des « marchés (qui) sont devenus plus vigilants ».
« On l'a vu depuis l'été, les taux sur la dette française ont augmenté par rapport à la dette allemande de manière notable. Il ne faut pas être alarmiste, c'est une situation qui est tout à fait gérable, mais quand même les marchés ont envoyé un petit message d'alerte », a rappelé Pierre-Olivier Gourinchas. « Une dynamique globale » qui ne concerne pas que la France, puisque les taux sur les dettes souveraines à long terme remontent partout dans le monde, mais qui va « rajouter de la pression » sur les finances publiques.
« Il faut consolider, mais il faut le faire de manière intelligente », a insisté le chef économiste du FMI, « s'assurer qu'il y a une forme de pérennité ». Le FMI a révisé vendredi à la baisse ses prévisions de croissance pour la France en 2025, s'attendant à voir l'économie française progresser de tout juste 0,8% contre 1,1% lors de sa précédente estimation en octobre dernier.
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Cette prévision de croissance est légèrement inférieure à celle du gouvernement, qui anticipe de son côté 0,9% de croissance, avec un déficit public qui devrait atteindre 5,4% du PIB d'ici à la fin de l'année.
Concernant l'économie mondiale, le fonds a annoncé désormais s'attendre à 3,3% de croissance pour 2025 (révision de +0,1 point de pourcentage), mais avec des divergences de plus en plus marquées entre les pays et régions. « L'économie américaine se porte très bien, avec un marché de l'emploi solide et une demande privée qui reste robuste. Par contraste, la croissance dans la zone euro repart mais nous avons tout de même révisé nos prévisions à la baisse », a déclaré son chef économiste.
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Il a également souligné l'existence de risques persistants, de résurgence de l'inflation aux États-Unis par exemple mais aussi de déflation dans d'autres pays tels que la Chine, ainsi que les conséquences de l'instabilité politique dans plus plusieurs économies majeures.
(Avec AFP)
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