Le secrétaire national du PS propose de puiser dans le fonds de réserve des retraites pour financer le surcoût engendré par la mise sur pause de la réforme de 2023. Mais cette option rend dubitatifs les spécialistes du financement de la protection sociale.Suspension ? Abrogation ? À la veille du discours de politique générale du Premier ministre François Bayrou, l'avenir de la réforme des retraites est sur toutes les lèvres. Au cœur des tractations à Bercy la semaine dernière, ce dossier risque de revenir sur la table dans les prochains jours. Pour amadouer le Parti socialiste (PS) - et éviter une nouvelle censure -, le ministre de l'Économie, Eric Lombard, et celle des Comptes publics, Amélie de Montchalin, ont mis sur la table une potentielle révision de la réforme des retraites.
« La suspension [de la réforme], c'est le gage donné à une discussion qui ne peut pas être un enfumage. Elle doit durer aussi longtemps que la discussion et s'interrompre avec une loi qui viendra remplacer la loi Macron-Dussopt », a déclaré le secrétaire national du Parti socialiste Olivier Dussopt dans un entretien à Libération paru ce lundi 13 janvier. En sortant de son entrevue avec les ministres de Bercy vendredi soir, Sophie Binet (CGT) a plaidé pour « une conférence de financement pour trouver les modalités permettant de financer l'abrogation de la réforme des retraites ».
Une «surprenante» proposition
Pour financer le surcoût engendré par cette suspension - estimé à 3 milliards d'euros -, les membres du Parti socialiste ont proposé de puiser dans le fonds de réserve pour les retraites. Pour avoir été président du directoire de ce fonds, Eric Lombard connaît bien les rouages de ce système de financement conçu à l'origine pour parer aux dépenses engendrées par le papy-boom à partir de 2020.