EXCLUSIF. La Tribune a obtenu le détail des engagements de François Bayrou auprès des socialistes en matière de fiscalité sur les transactions financières, l'impôt sur les sociétés et les plus riches.Grande absente du discours de politique générale de François Bayrou, la fiscalité était pourtant au coeur des tractations entre les ministres de Bercy Eric Lombard (Economie) et Amélie de Montchalin (Comptes publics) et les parlementaires de gauche la semaine dernière. Pressé par les députés socialistes évoquant « un manque d'engagements », le Premier ministre a commencé à apporter quelques éléments au moment de la séance de questions/réponses autour de 19 heures mardi soir. Pour obtenir un accord de non censure avec les élus socialistes, le gouvernement de François Bayrou a mis sur la table une hausse des impôts sur les plus grandes fortunes et les entreprises de 17,3 milliards d'euros pour 2025 selon nos informations.
Confronté à un déficit abyssal de 6,1% du produit intérieur brut, le Premier ministre a confirmé l'objectif de parvenir à un déficit 5,4% en 2025 et 3% en 2029 dans une ambiance électrique à l'Assemblée nationale. L'exécutif vise un effort de 50 milliards d'euros d'économies. En prenant en compte les 11,3 milliards de hausses d'impôts, cela signifie que la fiscalité représenterait à ce stade un peu plus de 20% (22,5%) des économies envisagées cette année. Le reste (80%) concernerait des coupes à réaliser dans les dépenses de l'Etat, de la sécurité sociale et des collectivités. Compte tenu des règles de non rétroactivité fiscale, Bercy planche actuellement sur plusieurs véhicules législatifs pour faire passer ces nouvelles taxes.
Taxes sur le patrimoine : 2 milliards d'euros attendus
Dans le viseur du gouvernement, figure en premier lieu les plus grands patrimoines. Faute de budget voté fin 2025, Bercy a dû renoncer à la taxe sur les plus hauts revenus préparée par l'ancien gouvernement de Michel Barnier. À la place, une nouvelle taxe visant à limiter « la suroptimisation » sur le patrimoine pourrait rapporter environ 2 milliards d'euros. Il s'agit d'un rendement similaire à celui évoqué la semaine dernière selon des témoins des négociations interrogés par La Tribune. Cette taxe pourrait viser les dividendes des holdings.