Déficit public : la glissade s'accélère admet Bercy
La Tribune (avec AFP)

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Benoit Tessier
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C'est un message direct envoyé au futur locataire de Matignon, et à son gouvernement. Plus élevées que prévu, les dépenses des collectivités risquent de fortement creuser cette année le déficit public de la France, a admis Bercy dans un courrier destinée à des parlementaires. A cette progression des dépenses des collectivités, s'ajoute un autre spectre, tout aussi sombre : les prévisions de recettes fiscales pourraient, elles, ne pas être au rendez-vous.
Ce double mouvement risque de prendre en tenaille les finances publiques. Le déficit pourrait désormais atteindre les 5,6%, bien au-dessus de l'objectif initial de 5,1% du gouvernement démissionnaire. Et bien loin du cadre européen, qui visait les 3% en 2027. Un horizon de plus en plus incertain, à moins de mesures radicales.
Concrètement, dans cette lettre adressée aux rapporteurs généraux et aux présidents des commissions des Finances des deux assemblées, le ministre démissionnaire des Finances Bruno Le Maire et son ministre démissionnaire délégué aux Comptes publics Thomas Cazenave s'inquiètent de « l'augmentation extrêmement rapide des dépenses des collectivités ». Ce surcroît de dépenses pourrait « dégrader les comptes 2024 de 16 milliards d'euros par rapport » à la trajectoire de déficit envoyée à Bruxelles au printemps.
Selon ce courrier toujours, les prévisions de recettes fiscales pourraient par ailleurs ne pas être atteintes « compte tenu de l'évolution de la composition de la croissance, moins favorable aux recettes fiscales ». Des recettes qui avaient été déjà abaissées de « près de 30 milliards d'euros » au printemps dernier.
Seul petit coin de ciel bleu dans la missive de Bercy : les prévisions macroéconomiques. Le gouvernement table désormais sur une croissance de 1,1% en 2024, contre 1% anticipé jusqu'ici, en raison d'un « acquis de croissance à mi-année 2024 plus élevé qu'anticipé et une prévision d'accélération de la croissance au 3e trimestre ».
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Ces constats amers posent un cadre de jeu des plus restreints pour le futur exécutif. La lettre envoyée par Bercy rappelle ainsi, en guise de conclusion un brin fataliste, qu'il reviendra « au prochain gouvernement de modifier le cas échéant les éléments préparés, à la fois en matière de recette et de dépense ».
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Le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Eric Coquerel, (LFI) et le rapporteur général du budget, Charles de Courson (Liot), avaient prévenu vendredi par lettre Thomas Cazenave qu'ils iraient en personne à Bercy consulter des documents budgétaires de 2024 et 2025 si le ministre ne leur envoyait pas d'ici à lundi des « documents de synthèse » permettant de comprendre les travaux en cours.
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