Des municipales vertes et roses mais sans leadership pour 2022
Marc Endeweld
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Sur le plateau télé de France Info, la réaction étrange de David Cormand, ancien secrétaire national d'Europe-Ecologie-Les-Verts, résume à elle-seule la soirée électorale de ce deuxième tour des élections municipales : alors que les journalistes lui demandaient une réaction quant à l'éventuelle défaite de Martine Aubry à Lille, le député européen écolo semblait tout d'un coup comme perdu, en ayant du mal à trouver ses mots, avant de rappeler que la responsable socialiste avait fait beaucoup pour l'écologie et avait été dans le passé une leader de la gauche plurielle... Comme si le dirigeant écolo sentait bien que son mouvement n'était pas prêt à proposer une tête de d'affiche suffisamment puissante pour espérer remporter la présidentielle de 2022.
C'est un peu la leçon de ces élections municipales. Si le parti présidentiel LREM échoue lamentablement à s'inscrire localement aux quatre coins de France, y compris dans les grandes métropoles qui avaient tant voté pour Emmanuel Macron en 2017, les autres formations politiques, tétanisées par l'abstention, et manquant de personnalités, vont avoir bien du mal à capitaliser politiquement sur les résultats obtenus. Cela n'a d'ailleurs pas échappé à Martine Aubry elle-même, finalement élue à 40 % avec seulement 227 voix d'avance face aux écologistes et à la candidate LREM. L'ancienne ministre socialiste a d'abord exprimé sa « très grande tristesse de voir ce taux d'abstention », avant de rajouter : « Il faut tous qu'on s'interroge, retrouver la politique, la vraie (...) Il y a tellement de choses à faire dans cette crise qui s'annonce encore plus forte pour réduire les inégalités sociales, je n'ai jamais oublié ce qu'est le fondement de mon engagement, et pour évidemment pour aller encore plus vite dans la transition écologique ».
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Effectivement, avec près de 60 % de taux d'abstention - une première dans l'histoire des municipales en France -, les résultats obtenus sont autant de trompe-l'oeil sur la situation réelle du corps social et politique en France. Une bonne partie des Français semble aujourd'hui préférer la défiance ou l'indifférence à l'égard de l'ensemble de sa classe politique. La France des gilets jaunes et de la contestation sociale n'est pas allée voter à ces municipales. Mais c'est aussi la France la plus active, exténuée par le confinement, et angoissée par la situation économique, qui a décidé de bouder les urnes : « À Paris, c'est la tranche des 30-45 ans, les bobos du canal Saint-martin, qui ont le moins voté, et pas les plus jeunes ou les plus âgés », remarque paradoxalement un militant macroniste.
Marc Endeweld