Embauche des jeunes dans les quartiers : le gouvernement renforce les "emplois francs"

 |  | 357 mots
Lecture 2 min.
(Crédits : Reuters)
Le gouvernement a prolongé et renforcé le dispositif des "emplois francs" visant à favoriser l'embauche de jeunes chômeurs des quartiers de la politique de la ville, a annoncé jeudi la ministre du Travail, Élisabeth Borne.

L'aide accordée aux entreprises procédant à une telle embauche est désormais portée à 7.000 euros la première année, au lieu de 5.000 (puis 5.000 euros les deux années suivantes), a précisé la ministre sur France 2. Le dispositif, qui devait prendre fin au 31 décembre de cette année, est par ailleurs prolongé d'un an. Le décret en ce sens est paru jeudi au Journal officiel. Si l'embauche se fait en CDD d'au moins six mois, l'aide est de 5.500 euros la première année, puis 2.500 euros l'année suivante.

Egalité des chances

Il en va de "l'égalité des chances", a fait valoir la ministre. "Chacun doit pouvoir trouver sa place dans la République. Je ne peux pas accepter qu'un jeune ne trouve pas de travail parce qu'il n'a pas la bonne adresse ou les bons codes", a-t-elle insisté.

"Je dis aux employeurs: n'hésitez pas à employer ces jeunes. S'ils n'ont pas les codes, nous leur donnerons, s'ils ont besoin d'être accompagnés, pour comprendre les règles des entreprises, nous le ferons", a expliqué Mme Borne.

Le dispositif des emplois francs est ouvert à tout employeur, situé ou non en quartier de politique de la ville (QPV), qui embauche un chômeur habitant dans ces quartiers. Expérimentée depuis avril 2018 dans une dizaine de zones, la mesure avait été généralisée en 2020 à l'ensemble des 1.500 quartiers prioritaires pour amplifier des résultats quantitatifs modestes. Le ministère tablait sur 40.000 emplois créés d'ici fin 2020 mais la crise a réduit le nombre d'embauches.

Une enveloppe budgétaire en hausse de 40%

Selon la Dares (le service statistiques du ministère), le nombre hebdomadaire de demandes d'aides acceptées par Pôle emploi a été divisé par près de quatre après les quatre premières semaines du confinement, passant de 700 à moins de 200. Il s'est ensuite stabilisé entre 200 et 300 par semaine, avant d'augmenter légèrement à partir de fin juin (entre 250 et 350 par semaine). Le gouvernement a prévu pour ce dispositif en 2021 une enveloppe budgétaire en hausse de plus de 40% sur un an, à 317 millions d'euros au lieu de 224.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/10/2020 à 11:00 :
Souvenir :

Les emplois francs, mis en place de 2013 à 2015, reposent sur des aides financières incitatives pour les entreprises afin qu’elles embauchent des jeunes issus de quartiers populaires. A l’époque, les entreprises qui embauchaient en CDI des jeunes de 18 à 30 ans issus d’une zone urbaine sensible, inscrits à Pôle emploi depuis au moins un an, bénéficiaient d’une subvention de 5.000 euros par contrat signé versée en deux temps, après la période d’essai et au bout de dix mois. Le gouvernement d’alors était ambitieux et prévoyait 2.000 emplois francs signés en 2013 (prévision relevée à 5.000 par la suite) et 10.000 en trois ans.Sauf que le dispositif s’est révélé être un fiasco. En avril 2014, dix mois après la première signature, seuls 130 jeunes avaient été embauchés en emploi franc, chiffre qui n’a jamais décollé (250 contrats fin 2014). Résultat, les emplois francs sont enterrés fin 2015, le gouvernement estimant que la mesure "n’a pas prouvé son utilité". Secrétaire général adjoint de l’Élysée de 2012 à 2014, Emmanuel Macron était aux premières loges de l’échec des emplois francs.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :