Embellie pour les salaires des cadres en 2019

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(Crédits : Reuters/Gonzalo Fuentes)
Les salaires des cadres devraient connaître une hausse de 2,8% en 2019 contre 2,4% pour les non-salariés, selon une étude du cabinet Deloitte.

Le marché de l'emploi des cadres se porte bien. Selon la dernière étude annuelle du cabinet Deloitte parue ce lundi 2 septembre, les augmentations pour les cadres ont bondi de 2,8% et de 2,4% pour les non-cadres en 2019. Le coup de pouce des entreprises est ainsi supérieur à celui de 2018. Dans son précédent baromètre, le cabinet avait expliqué que les hausses étaient de 2,5% pour les cadres et 2,2% pour les non-cadres.

Les augmentations les plus marquées concernent les cadres (4,1%) et les cadres supérieurs du troisième quartile (3,9%). Les cadres et cadres supérieurs du premier quartile ont connu quant à eux une hausse de 1,7%. La pénurie de main d'oeuvre qualifiée dans certains secteurs oblige les entreprises à revaloriser leurs augmentations notamment les hausses individuelles pour fidéliser leurs salariés.

456 euros de prime "Macron"

Sur le panel d'entreprises interrogées par Deloitte, 60% d'entre elles affirment avoir versé des primes défiscalisées après les annonces d'Emmanuel Macron pour tenter d'apaiser la colère des "gilets jaunes". Au plus fort de la crise, le président de la République voulait inciter les entreprises françaises à verser une prime aux salariés par le biais d'une défiscalisation et d'une désocialisation, sous certaines conditions.

"Cette prime du pouvoir d'achat n'a pas eu d'impact à la baisse sur les augmentations, puisque nous constatons une légère hausse de celle-ci. Ainsi une majorité d'entreprise a souhaité jouer le jeu afin d'accroître le pouvoir d'achat des salariés dans ce cadre fiscalement incitatif ", expliquent les auteurs de l'étude. Outre les hausses salariales et la prime "Macron", l'inflation relativement contenue (1,3% cette année contre 1,7% en 2018) devrait profiter au pouvoir d'achat des cadres.

 > Lire aussi : 30% des salariés affirment avoir touché la prime "Macron"

En revanche, le cabinet indique que la part variable individuelle, c'est-à-dire les bonus, les commissions ou les primes exceptionnelles, sont en baisse de 6 à 10% cette année. Après avoir connu plusieurs années de diminution, l'épargne salariale augmente pour la troisième année consécutive, de 5% à 10% en 2019, "ce qui représente une hausse moyenne de 200 à 300 euros". L'entrée en vigueur de la loi Pacte qui contient un volet sur l'épargne salariale devrait favoriser ce phénomène. Ainsi, en dépit d'une érosion de la part variable, l'embellie de l'épargne salariale devrait permettre "des augmentations en rémunération totale similaires à l'année dernière".

> Lire aussi : Privatisations, épargne, seuils sociaux : ce que contient le projet de loi Pacte

L'écart entre les hommes et les femme persiste

La parité a encore du chemin à faire dans le monde de l'entreprise. Malgré les campagnes en faveur de la parité et les éléments de langage déployés par les groupes, l'écart de salaires entre les hommes et les femmes reste de l'ordre de 3%, en légère baisse par rapport à l'année dernière. "La mise en place récente de l'index d'égalité salariale renforce la prise de conscience collective au sein des entreprises. "Au rythme actuel, l'égalité salariale devrait être atteinte d'ici 10 ans", ajoute Deloitte.  Au niveau des inégalités de salaires en général, les écarts entre les grandes entreprises réalisant plus de un milliard d'euros de chiffre d'affaires par an et les petites et moyennes entreprises réalisant un C.A de moins de 50 salariés reste marqué (10 points).

> Lire aussiIndex d'égalité hommes-femmes : le gouvernement menace de sanctionner

Méthode : l'étude de rémunération de Deloitte s'appuie sur l'analyse de plus d'un million de données individuelles au sein de plus de 400 entreprises au sein de tous les secteurs d'activité, taille d'entreprise et localisation géographique.

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Commentaires
a écrit le 03/09/2019 à 15:04 :
Donc pour tenter d'apaiser la colère des "gilets jaunes" ,on donne la prime Macron à des cadres, par certain que ce soit la même population.
a écrit le 03/09/2019 à 7:36 :
Les cadres épargnent. C'est pas ça qui va relancer la consommation.
a écrit le 02/09/2019 à 20:17 :
les fonctionnaires encore !!! et le pain toujours 6 fois plus cher depuis l' euro les retraites !!!!!
a écrit le 02/09/2019 à 16:19 :
Il faut dire aussi que pour que les bas salaires n'augmentent pas on a recours à l'immigration de masse Cette immigration ne fait meme pas tourner la machine puisque le fric repart dans leur pays ces immigres font une tres bonne affaire vu le cout de la vie dans leur pays et explique pourquoi nous en avons autant
a écrit le 02/09/2019 à 16:14 :
Les grandes entreprises pratiquent une politique de rémunération quasi totalement déconnectée de la performance réelle des salariés et de ceux de l'entreprise. Il y a toujours une bonne raison pour pratiquer le serrage de ceinture, dont le célèbre: 'ne pas obérer l'avenir...'Tant que cela ne changera pas la motivation des troupes ne s'améliorera pas et les difficultés de recrutement persisteront. A quoi bon investir sa jeunesse et ses années pour être géré à la soviétique et se faire ratisser par les gouvernements successifs pour au final constater que les multiples aides de notre bonne république conduisent votre voisin qui à vivre presque aussi bien que vous avec beaucoup moins d'efforts. Les jeunes générations l'ont bien compris qui montrent de plus en plus de défiance envers le système. Sans compter le moto des RH qui les pousse à changer d'activité à un rythme de 2 ou 3 ans avant d'avoir appris quoi que ce soit et être devenus réellement productifs. D'ailleurs, une fois enlevé l'inflation que représentent 2 ou même 3% d'augmentation? Sur une carrière entière, il n'y a pas de quoi pavoiser. Les salariés sont loin de se gaver.
a écrit le 02/09/2019 à 9:43 :
"La pénurie de main d'oeuvre qualifiée dans certains secteurs oblige les entreprises à revaloriser leurs augmentations notamment les hausses individuelles pour fidéliser leurs salariés".

Pour fideliser le salarié ,il y a la prime d'ancienneté pour les non-cadres qui a été plafonnée pécuniairement à 15% après 15 ans d'ancienneté par balladur en 1995.Vous imaginez la perte financiere au fil des ans si le salarié à 20 ou 30 ans de boite.
Réponse de le 02/09/2019 à 18:43 :
Un dirigeant et RH conscient de ces limitations peuvent tout simplement augmenter le salaire, sans avoir à verser une prime....au travers des heures sup par exemple et tout le monde est gagnant
a écrit le 02/09/2019 à 9:11 :
C'est bien maintenant faut juste leur laisser le temps de le dépenser...

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